Mercato : Benrahma, Ziyech, Lamela… Quand la Premier League fait capoter un transfert en Ligue 1 sur le gong
FOOTBALL•A l’image de l’échec du prêt de Saïd Benrahma à l’OL jeudi soir, en raison de la négligence des dirigeants de West Ham, les clubs anglais font souvent de sales coups à leurs homologues français en fin de mercatoJérémy Laugier
L'essentiel
- L’Olympique Lyonnais est très remonté, ce vendredi matin, contre West Ham, qui a fait échouer le prêt de son international algérien Saïd Benrahma, jeudi soir en fin de mercato hivernal.
- Ce fail est un exemple de plus, comme celui dans le même temps du transfert avorté de Malang Sarr (Chelsea) vers Le Havre, de la négligence des puissants clubs de Premier League lorsqu’il s’agit des dernières opérations d’un mercato avec leurs homologues de Ligue 1.
Quel est le point commun entre l’OL, le Losc, le PSG, l’OM et Le Havre ? Tous ces clubs ont eu le plaisir de subir depuis quinze ans au moins un plantage dans les dernières minutes d’un mercato par un homologue de Premier League. La dernière victime en date se nomme l’Olympique Lyonnais. Ravis d’avoir bouclé toutes leurs priorités de recrutement pour tenter de se sauver en Ligue 1, John Textor et David Friio s’imaginaient bien louer, ce vendredi (14 heures) devant la presse, les deux gros coups des dernières 24 heures, avec les venues du milieu belge Orel Mangala (Nottingham Forest) et de l’ailier algérien Saïd Benrahma (West Ham).
Sauf que patatras, à 0h58, l’Olympique Lyonnais a rédigé un communiqué pour dénoncer « le comportement incompréhensible » des Hammers, qui n’ont pas pris la peine de saisir les données informatiques indispensables sur la plateforme de la Fifa. Cette négligence, « malgré les relances répétées de l’OL », bloque une transaction essentielle du côté lyonnais, qui comptait beaucoup sur Benrahma pour sortir de la zone rouge (16e). Et c’est donc tout sauf un coup d’essai pour la surpuissante Premier League envers notre tendre « Farmers League ». Voici en vrac les sales coups les plus mémorables subis par des clubs de Ligue 1.
- Jeudi soir également, le défenseur de Chelsea Malang Sarr (celui dont l’entraîneur Mauricio Pochettino ignorait l’existence, trois mois après son arrivée à Londres) venait de passer sa visite médicale au Havre. Son contrat jusqu’en 2026 au HAC était déjà signé. Sauf que les Blues ont décidé de ne pas envoyer les documents nécessaires pour officialiser la rupture du contrat à Chelsea (jusqu’en 2025) de l’ancien joueur de l’OGC Nice. Celui-ci va donc retourner à Londres, où il ne jouera jamais d’ici cet été dans un effectif comptant environ 19 défenseurs.
- Deux ans plus tôt, Chelsea l’avait déjà fait à l’envers au PSG pour le prêt sans option d’achat d’Hakim Ziyech, ce qui semble être le type de transaction le plus simple à boucler. Mais non, pas pour les Blues qui avaient envoyé les bons documents trop tard pour que Paris n’enregistre l’international marocain auprès de la LFP, et ce après avoir balancé des docs incorrects à plusieurs reprises, tant qu’à faire.
- L’été dernier, le Losc a également subi une volte-face de dernière minute d’Everton, qui avait pourtant autorisé son ailier jamaïcain Demarai Gray à passer sa visite médicale à Lille. Ce qu’il a donc fait, avant un plantage de dernière minute.
- Si on remonte plus loin, l’OM pensait avoir bouclé un sacré transfert, le 31 août 2015, avec la venue de l’international argentin Erik Lamela. Mais l’affaire capotait juste avant minuit à cause des Spurs. Marseille était pourtant d’accord avec l’ailier et avec Tottenham, mais ce cher Mauricio Pochettino a exigé auprès de son boss Daniel Levy que l’arrivée du remplaçant de Lamela (à savoir Berahino) soit officielle pour le laisser filer. Timing trop serré et l’OM a fini ce mercato estival dépité.
- Scénario différent mais encore plus magique en août 2011 à l’encontre du Losc. Le récent champion de France accueille alors tranquillement le Coréen Cho-young Park, et se met d’accord avec son club, l’AS Monaco, pour un transfert autour de 3,5 M€. Arrivé la veille de la fin du mercato dans un hôtel à Lille, le joueur prend pourtant le train à l’aube le matin suivant pour filer à Londres et s’engager avec Arsenal, qui avait décidé de lui proposer un salaire doublé dans l’ultime nuit. On a connu Arsène Wenger et les Gunners plus fair-play, non ? « Le joueur et son conseiller sont partis comme des voyous, sans payer leurs chambres. C’est le Losc qui a dû régler la note. La classe jusqu’au bout ! », racontait même l’ancien président lillois Michel Seydoux à 20 Minutes en 2017.
Le retard de fax de Manchester United pour De Gea est resté culte
Vous voilà convaincus, il ne s’agit pas d’une coïncidence si tous ces fails de fin de mercato ne sont pas dus à la négligence des clubs français mais bien à celle des géants de Premier League. La principale raison qu’on peut trouver pour expliquer ce scénario (trop) souvent répété est simple. Les clubs anglais sont tellement puissants, grâce notamment aux incroyables rentrées financières liées aux droits TV de la PL, qu’ils ne sont pas à un contrat/salaire d’un joueur non essentiel près. Le traitement réservé jeudi par Chelsea à Malang Sarr (aucune apparition avec le groupe pro cette saison) en est l’illustration la plus éclatante.
NOTRE DOSSIER MERCATOMais en l’occurrence, la Ligue 1 n’est pas la seule victime des mastodontes britanniques puisque le Betis Séville est ce vendredi très remonté aussi contre West Ham, qui a fait capoter le transfert de Pablo Fornals sur le gong, dans des conditions comparables à celui de Saïd Benrahma à l’OL. Et surtout, le 31 août 2015, c’est carrément avec le grand Real Madrid que Manchester United s’est lui aussi montré bien négligent pour boucler le double transfert des gardiens de but David De Gea et Keylor Navas. Cet épisode est resté le plus célèbre exemple d’envoi de fax trop tardif. Neuf ans plus tard, les fax ont disparu de l’équation, mais la Premier League continue de rendre marteau le football européen dans les épilogues de mercato (et pas que).


















