OL - Manchester United : « Ils ont peur de nous »… Lyon a-t-il vraiment pris le dessus avant le retour à Old Trafford ?
Ligue Europa•Après avoir arraché le match nul (2-2) à domicile, au bout du temps additionnel de son quart de finale aller de Ligue Europa jeudi, l’Olympique Lyonnais se sent plus fort que Manchester United avant la seconde mancheJérémy Laugier
L'essentiel
- L’Olympique Lyonnais a fait match nul (2-2) contre Manchester United, jeudi en quart de finale aller de Ligue Europa. Une rencontre indécise que l’OL a dominée, tout en manquant d’efficacité.
- Grâce à l’égalisation de Rayan Cherki au bout du temps additionnel (90e + 5), les joueurs lyonnais sont confiants en vue du match retour, jeudi prochain à Old Trafford.
- Le défenseur Clinton Mata estime ainsi : « On a montré sur le terrain qu’on était largement meilleurs qu’eux. »
Au Parc OL,
Il aura fallu 47 secondes à Paul Akouokou pour s’offrir un gros tampon (en retard et par-derrière) sur Alejandro Garnacho. Et s’il était là le symbole ultime d’un Olympique Lyonnais qui n’a jamais baissé les yeux jeudi face à l’un des plus grands clubs du monde ? Le limité milieu de terrain ivoirien de 27 ans, plus titularisé depuis décembre 2023, et apparu deux fois cette saison avec le groupe pro (pour… deux minutes de jeu au total !) est rentré pleine balle dans LE rendez-vous européen dont tous les supporteurs de l’OL rêvaient depuis le Final 8 de C1 en août 2020 à Lisbonne.
« Nous sommes tous fiers de lui, salue son coéquipier Clinton Mata. C’est une belle leçon, comme quoi tout peut arriver dans le football. » Y compris voir les Lyonnais frustrés par un match nul (2-2) obtenu contre le supposé géant Manchester United. Et on les comprend : malgré les absences de trois joueurs majeurs, le régulateur de l’entrejeu Tanner Tessmann et surtout les deux seuls véritables ailiers de l’effectif Malick Fofana et Ernest Nuamah (blessés), l’OL aurait pu sortir de son quart de finale aller de Ligue Europa avec un but d’avance (voire davantage).
Un « match très serré », ou pas ?
Et forcément, au réveil ce vendredi, les fans lyonnais sont partagés entre deux sentiments : « OK, on sait maintenant qu’on peut vraiment le faire à Old Trafford dans six jours » et « pffff, à tous les coups, on a loupé le coche sur cette manche aller ». Car l’OL n’aurait jamais dû se retrouver à 1-1 à la pause face à de si inoffensifs Red Devils (nos hommages Rasmus Hojlund), mais il a concédé au pire moment une égalisation de Leny Yoro sur coup de pied arrêté (45e + 5).
Un Parc OL record en Coupe d’Europe (58.018 spectateurs) a cru revivre le même scénario, en plus cruel encore, en seconde période, lorsque Joshua Zirkzee a offert l’avantage au groupe de Ruben Amorim, là aussi contre le cours du jeu (1-2, 88e). Sauf que le véritable but de money-time est intervenu encore plus tard, après une lourde frappe de Georges Mikautadze parfaitement suivie par Rayan Cherki (2-2, 90e + 5).
« On avait le contrôle du match, mais encore fallait-il gagner », soupirait l’entraîneur mancunien, conscient que son équipe, pathétique 13e de Premier League, tentera de sauver sa saison lors du match retour. « Ça a été un match très serré », estime l’ancien espoir lillois Leny Yoro. Autant vous dire que les Lyonnais ne valident pas du tout cette idée d’un nul logique. C’est d’ailleurs là le cœur du sujet : cet OL est-il suffisamment décomplexé pour avoir le profil d’une équipe à exploit dans l’intimidant antre d’Old Trafford ?
« Venir avec deux milieux défensifs, ça en dit long »
Paulo Fonseca a martelé en conférence de presse « le courage » dont a fait preuve son équipe. A défaut d’être brillant ou très juste techniquement, cet OL a effectivement répondu présent dans les intentions et le caractère affichés, à l’instar d’un Nicolas Tagliafico parfois bien bouillant, comme sur son altercation avec Mason Mount (78e). « On a joué notre jeu, on a posé des problèmes à une grande équipe, poursuit le coach lyonnais. Ce sera difficile mais pas impossible là-bas, je veux le même courage au match retour. »
Paulo Fonseca, qui espère pouvoir compter sur le retour du déroutant Malick Fofana en Angleterre, a pu constater que son ambition était complètement partagée par ses joueurs. « On ira là-bas pour attaquer, pas pour défendre, et en ayant une seule idée en tête : la victoire », annonce ainsi Rayan Cherki. Le sauveur du soir va beaucoup plus loin quant à la différence de niveau entre son équipe et l’une des pires ManU de l’histoire.
« On a été meilleurs qu’eux et on mérite beaucoup mieux. On a plus de folie qu’eux. Dès le début du match, on a senti de la peur chez nos adversaires. Quand on voit que Manchester United vient à Lyon avec deux milieux défensifs, ça en dit long. Ça prouve une seule chose : qu’ils ont peur de nous. » »
« Nous, on parle sur le terrain »
Si ce tacle d’ordre tactique de l’international Espoirs s’entend, tant ce duo Casemiro-Ugarte est loin du football régal, il faut qu’il sache que Ruben Amorim venait d’aligner ce même milieu lors des matchs précédents à Nottingham Forest (1-0) et contre City (0-0). Il avait déjà trouvé le moyen d’en faire de même en février à Everton (15e de PL).
Cette dimension minimaliste des Red Devils pousse Clinton Mata à une vision tout aussi tranchée sur la relative domination lyonnaise du soir (54 % de possession, 16 tirs à 13) : « En première période, on peut largement tuer ce match. Il faut dire ce qui est, ils ont été plus réalistes, la différence est juste là. Mais je ne m’inquiète pas, on est bien armés, bien équipés. »
Notre dossier sur l'OLBattu dans son duel aérien avec Joshua Zirkzee sur le deuxième but, le défenseur de l’OL revient aussi sur la décla d’avant-match d’André Onana – parlant d’un Manchester « bien supérieur » à Lyon – qui a tant fait parler. « Nous, on parle sur le terrain, confie-t-il. C’est la chose la plus importante aujourd’hui dans le monde du football : on a montré qu’on pouvait rivaliser face à eux, peu importe l’histoire de ce club. Aujourd’hui, c’est aujourd’hui, on ne parle pas du passé. On a montré sur le terrain qu’on était largement meilleurs qu’eux. » Le faire au « Théâtre des rêves » serait un drôle de chapitre pour le football français dans sa maigre histoire en Coupes d’Europe.


















