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Réalisme, Safonov… Que retenir des 25 minutes où Paris a pris l’eau à Anfield ?

Liverpool - PSG : Réalisme, Safonov, Pacho… Que retenir des 25 minutes où Paris a pris l’eau ?

Ligue des championsOusmane Dembélé a plié le quart de finale retour de Ligue des Champions contre Liverpool à un moment où les Reds poussaient pour marquer. Une séquence qui en dit long sur le tempérament de l’équipe
Liverpool - PSG : Le brief-débrief de la victoire parisienne à Anfield (2-0)
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Le PSG a battu Liverpool à Anfield mardi soir (2-0) en quart de finale retour de Ligue ces champions grâce à un doublé d’Ousmane Dembélé. Les Parisiens sont qualifiés pour les demies.
  • Si Paris a dans l’ensemble bien géré son déplacement à Liverpool, les joueurs de Luis Enrique ont beaucoup souffert pendant les 25 premières minutes de la seconde période.
  • Un orage lors duquel les champions d’Europe ont su faire preuve de résilience et de patience pour attendre le bon moment pour punir Liverpool. Le PSG a en outre pu compter sur un grand Matvey Safonov.

De notre envoyé spécial à Anfield,

Voir les visages des Scoursers se tordre de dégoût et entendre des soupirs de désespoir face au réalisme glacial d’Ousmane Dembélé sur son ouverture du score à Anfield contre Liverpool (2-0) est le genre de plaisir coupable qui ne se refuse pas. Il y avait effectivement de quoi être dépité, même si les Reds seraient bien culottés de se plaindre de l’efficacité parisienne : leurs ambitions de remontada n’auraient jamais existé si le PSG avait marqué autant qu’il aurait dû au match aller – et ne parlons même pas du braquage du Parc des Princes par les hommes d’Arne Slot en 2025.

Il n’empêche que s’il y a bien une chose à retenir de ces 27 minutes de tempête entre le coup d’envoi de la seconde période et la fin de la récré sifflée par Dembouz, c’est bien que cette équipe possède une arme redoutable à double tranchant : la résilience et l’efficacité. « Nous avons une bonne mentalité et nous sommes une équipe très forte », se félicitait Khvicha Kvaratskhelia dans les couloirs d’Anfield.

« Chance » et « souffrance », les clés pour survivre à l’orage

Une statistique pour appuyer le propos : en quatre matchs contre Chelsea et Liverpool, le PSG a marqué 12 fois et encaissé seulement deux pions. Or, si l’on se fie aux sacro-saints « expected goals » (buts attendus), Paris aurait dû marquer deux fois moins (6.12 buts) et encaisser presque trois fois plus (5.27). Autrement dit, le champion d’Europe est devenu une machine à punir. Et son châtieur en chef se nomme Ousmane Dembélé, dont les stats lors des matchs à élimination directe avec le PSG sont dignes des plus grands.

Les statistiques d'Ousmane Dembélé en phase finale de Ligue des champions depuis son arrivée à Paris en 2023.
Les statistiques d'Ousmane Dembélé en phase finale de Ligue des champions depuis son arrivée à Paris en 2023.  - SofaScore / 20 Minutes

« Tu dois avoir un peu de chance, reconnaîtra Luis Enrique en conférence de presse. On savait qu’il y aurait de la souffrance. On a très bien géré. Mais Liverpool aurait mérité de marquer. » « Il faut souffrir pour aller au bout de cette compétition », résumera quant à lui le Dembélé au micro de Canal +. Et quelle souffrance !

Pacho est un monstre, Safonov un mur

Invoquer le pouvoir de l’amitié ne suffit pas à expliquer l’anomalie, il faut aussi des éléments concrets. Par exemple, l’existence de Pacho dans la ligne défensive parisienne. Non mais sérieusement, c’est quoi ce monstre ? L’Equipe estimait son nombre de duels au sol remportés à 74 % avant le match de mardi soir. Après le match, le chiffre est probablement passé à 125 % (pardon, on est nuls en maths).

L’Equatorien a démontré qu’il possédait le don d’ubiquité car il s’est chargé de remplacer Nuno Mendes à gauche de la défense – Lucas Hernandez était là pour faire joli, on y reviendra – tout en gardant son job dans l’axe. Le type est tellement infranchissable qu’Alexis Mac Allister, ne sachant plus quoi inventer, a tenté de jouer de sa roublardise argentine pour aller gratter un penalty dans ses pieds. Heureusement pour Paris, la VAR existe.

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Heureusement pour Paris, Matvey Safonov existe également. Costaud comme il l’est, le Russe serait à tous les coups allé chercher ce penalty que l’arbitre s’apprêtait à signaler, comme il s’est allongé sur le tir à bout portant de Kerkez en première période où la frappe lourde de Ngumoha, juste avant le premier but d’Ousmane Dembélé.

Faire preuve d’autant de justesse et de sérénité dans une configuration météo typiquement anglaise (= grosse pluie dégueu) est une performance au moins aussi respectable de la part de Safonov que ses dernières 270 minutes sans encaisser le moindre but en C1. « Il a fait son travail de la meilleure des manières », félicite Luis Enrique. Pas tout à fait, à en croire l’intéressé : « Il y a eu quelques erreurs, mais c’est sûr mais je peux être content de ce match. » Lev Yachine et Igor Akinfeev peuvent trembler, Safonov arrive pour bousculer la hiérarchie russe.

Envoyer Lucas Hernandez contre Olise, est-ce bien raisonnable ?

Au rayon des joueurs que le PSG voulait par-dessus tout ne pas voir se blesser, Nuno Mendes était dans le top 5 – et pas cinquième. Malheureusement pour les Parisiens, l’international portugais a demandé à sortir en fin de première période après une alerte musculaire. Il a été remplacé par Lucas Hernandez, que l’on peut féliciter d’avoir su ne pas se faire expulser bêtement quand ses coéquipiers prenaient le bouillon. Son seul fait d’armes de la rencontre.

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Pour le reste, Mohamed Salah lui a fait visiter le quartier. En retard presque à chaque fois, le Français doit son salut à la VO2max de João Neves et à la force de Pacho. C’était rigolo parce que le PSG a fini par passer sans faire d’histoires. Sauf que Nuno Mendes est visiblement touché musculairement et qu’il y a un monde où Luis Enrique devra envoyer Hernandez défendre sur Michael Olise dans 15 jours. Et pas dit ce coup-ci que la résilience des Parisiens suffise à contourner le problème.