PSG - Arsenal : « Cet ADN n’est pas acquis », comment Paris construit sa mentalité de vainqueur
ogm•Tout au long de son chemin vers la finale de la Ligue des champions, le PSG a démontré une robustesse sans précédent, notamment dans les moments difficiles. Elle ne s’est pas construite en un jourWilliam Pereira
L'essentiel
- Malgré une erreur défensive de Marquinhos en fin de match contre Arsenal, le PSG a fait étalage de sa solidité mentale pour décrocher la qualification en finale de Ligue des champions.
- Le capitaine du PSG tire profit de son vécu pour accompagner ses plus jeunes coéquipiers et entend en faire de même avant la finale contre l’Inter.
- De son côté, Luis a su s’adapter en se calmant pour le bien de l’équipe : « J’ai fait une analyse pour me calmer, pour que mes joueurs comprennent que le plus important est d’avoir la bonne mentalité. Un volcan, c’est catastrophique pour l’équipe. »
Au Parc des Princes,
Au fil des années, les marques de fébrilité de Marquinhos lors des grosses joutes en Ligue des champions se sont imposées dans le décor parisien. Une sorte d’institution dans l’institution. Mercredi soir face à Arsenal, le Brésilien s’est encore une fois rendu coupable d’une grossière erreur défensive en cherchant la faute sous la pression de Trossard, passeur décisif chanceux sur la réduction du score de Bukayo Saka. Rature sans conséquence car à la différence des années maudites du Paris Saint-Germain, ses erreurs sont désormais compensées par la bravoure de Pacho, l’audace de Neves et la solidité de Donnarumma. Le football a changé, le PSG aussi.
Reconnaissons à Marquinhos une honnêteté dans la vulnérabilité. A croire qu’il a fini par accepter le trauma des trop nombreux échecs auxquels il a pris part et qu’il qualifie au micro de Canal+ de « cicatrices qui restent dans la carrière d’un joueur », et qu’il s’en remet pleinement à la force collective. « Ça te fait grandir, et ça me fait aussi profiter au maximum quand l’équipe est bien, devant au score. Certains viennent d’arriver au PSG, donc, je leur rappelle que cet ADN et cette mentalité ne sont pas acquis, il a fallu du temps pour la construire. » Il en est le dernier témoin - avec ce qu’il reste de Presnel Kimpembe.
Marquinhos veut « transmettre l’expérience » de la finale de 2020
Paradoxalement, la génération façonnée par Luis Campos autour de Luis Enrique tire profit de cette présence qui sur le pur plan sportif peut parfois nuire à sa sérénité défensive. C’est que, tel un parent protecteur, Marquinhos semble s’être imposé le défi d’éviter à ses cadets les mêmes souffrances. Pour les remontadas et les éliminations précoces en Ligue des champions, c’est fait. Maintenant, il faut réussir à gagner la finale. « Moi j’ai perdu une finale, je sais combien ça fait mal. Je vais essayer de transmettre cette émotion, cette expérience pour qu’on puisse y arriver en finale. » On se sert bien de virus inactivés pour faire des vaccins. Il n’y a pas de raison que ça ne s’applique pas au football.
Réduire la métamorphose du PSG en roc indestructible à une théorie fumeuse autour de la personne de Marquinhos serait évidemment un énorme manque de respect pour le travail abattu par Luis Enrique et sa confiance infaillible dans son collectif. Il était le seul à croire que c’était possible quand Paris galérait en phase de groupe sur la simple base du nombre d’occasions que se procuraient ses joueurs. « On a souvent été en dehors des 24 qualifiés, rappelait-il après la qualification mercredi. Mais les statistiques montraient que nos ''expected goals'', et ''expected goals encaissés'', étaient parmi les meilleurs d’Europe, mais sans efficacité. Quand l’efficacité est revenue à son niveau normal, nous avons démontré que nous méritions d’aller en finale. »
Luis Enrique s’est calmé pour apporter de la sérénité
Son invitation à croire au processus via le travail a obtenu l’adhésion du vestiaire comme il l’expliquait plus tôt au micro de Canal+. « On a fait une réunion avec les joueurs et le staff pour dire que nous étions une des meilleures équipes d’Europe. L’efficacité n’était pas là mais j’ai dit 'tranquille, on va continuer'. » Le déclic contre Manchester City, annonciateur du beau temps à venir, était à la fois la suite logique d’un travail acharné et d’une accoutumance aux sommets européens. « Le fait d’avoir eu un groupe aussi compliqué nous a aidés à nous améliorer. Nous avons grandi en affrontant des adversaires aussi forts. »
Les joueurs ne sont pas les seuls à savoir pris sur eux pour prendre une nouvelle dimension. On sait désormais que, jugé trop dogmatique et autoritaire en interne, Luis Enrique a été contraint de mettre de l’eau dans son vin après l’épisode de la punition d’Ousmane Dembélé à l’automne dernier. Au bord de la pelouse, l’Asturien confesse également s’être calmé pour ne pas communiquer d’énergie négative à ses joueurs. « J’ai fait une analyse pour me calmer, pour que mes joueurs comprennent que le plus important est d’avoir la bonne mentalité. Un volcan, c’est catastrophique pour l’équipe. »



















