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Un poteau, Courtois en feu puis deux buts assassins, l’infernale routine du Real

Dortmund – Real Madrid : Un poteau, Courtois en feu puis deux buts assassins, peut-on faire plus Real que cette finale ?

footballLongtemps bousculés, les Madrilènes ont fait le dos rond avant de faire la basculer la finale dans le dernier quart d’heure. Une spécialité maison…
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Le Real Madrid a remporté la Ligue des champions en s’imposant 2-0 contre Dortmund en finale, samedi soir.
  • Les Madrilènes ont pourtant été largement dominés pendant une bonne heure dans ce match, pendant laquelle les Allemands se sont créé de nombreuses occasions et ont frappé sur le poteau.
  • Mais comme d’habitude avec ce Real, le vent a fini par tourner et à la fin, c’est lui qui gagne, pour la 15e fois dans l’histoire de la plus grande des Coupes d’Europe.

Si on nous avait demandé avant cette finale à quoi pourrait ressembler son scénario, on n’en aurait pas fait autant. Peur de caricaturer. Mais avec ce Real Madrid, pas de fausse pudeur à avoir. C’est toujours la même chose mais comme ça gagne à chaque fois, pourquoi s’embêter à changer ?

Face au Borussia Dortmund, les Madrilènes ont donc fait comme d’hab en Ligue des champions, en laissant tout d’abord croire qu’ils étaient à côté de leurs pompes. Pas de rythme, le trio Bellingham-Vinicius-Rodrygo qui n’en touche pas une devant, Carjaval qui échappe au carton malgré des fautes d’antijeu qui feraient passer Thiago Motta prime pour un petit chaton tout mignon, la routine. En face, le Borussia se dit qu’il y a un coup à jouer, et commence à appuyer.

Adeyemi a tout tenté

Adeyemi pour la première mèche, gêné par la très bonne sortie de Courtois, trois minutes avant LA grosse occase. Fullkrug récupère une passe bien sentie de Maatsen en pleine surface et se jette pour tirer avant l’arrivée du gardien belge. Ce dernier est battu mais le tir vient heurter le poteau. Damned.

La suite de la première période est à l’avenant. Courtois dégoûte définitivement Adeyemi en repliant son double mètre à la vitesse de la lumière pour aller chercher une frappe au sol, puis se détend pour aller un missile de loin de Sabitzer. On vous passe l’outrageuse domination territoriale, toutes ces situations où ça aurait pu, 0-0 à la pause, et le sentiment que les Allemands ont laissé passer leur chance. « On a eu nos occasions, c’est clair que sur l’une ou l’autre, on doit en faire plus », dira après coup Gregor Kobel.

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Voilà donc notre Real encore en vie à la mi-temps, et on se dit que le paysage va bientôt changer. Une dernière intervention de Courtois devant Fullkrug à l’heure de jeu, histoire de, et puis le vent qui tourne. « Quand on ne nous tue pas, en général on revient vite derrière », en sourit Eduardo Camavinga.

Vinicius et Bellingham commencent à se trouver, les Madrilènes jouent 30 mètres plus haut d’un coup, et le petit coup de pouce arrive à un quart d’heure de la fin. Une frappe de Valverde complètement manquée est touchée par hasard pour un défenseur allemand, corner, Carvajal vient mettre la tête et inscrire son premier but depuis la chute de l’Empire byzantin. Sérieusement ? Oui ma bonne dame.

« Juste cette sensation de jouer pour un club immense »

Comme ça ne suffisait pas, Maatsen offrait le but du break 10 minutes plus tard, avec une relance plein axe cadeau pour Bellingham, qui n’avait plus qu’à la glisser à Vinicius. Rideau, par ici la quinzième Ligue des champions de l’histoire de la Maison Blanche, la sixième depuis 2014. Rien que ça. « Ça a été très dur, beaucoup plus que nous ne l’aurions pensé. En première mi-temps, nous avons souffert. Mais ce ne sont que des détails insignifiants maintenant. Le rêve continue », savoure Carlo Ancelotti, tout là-haut au panthéon des entraîneurs avec une cinquième C1 personnelle.

On peut dire que ça rappelle furieusement la finale contre Liverpool en 2022, que c’est toujours aux mêmes que ça arrive. Oui. On peut aussi dire que le Real nous a pondu une saison de maboule, champion d’Espagne avec 95 points, invaincu en Ligue des champions après avoir croisé Manchester City en quarts puis le Bayern en demi-finales, malgré Courtois et Militao qui se font les croisés dès le mois d’août et Joselu comme seul attaquant à faire entrer derrière Vinicius et Rodrygo. Et qu’au final, il n’y a pas de hasard.

Il y a dans cette équipe un petit truc en plus qui ne s’explique pas. « Je ne pourrais même pas dire ce qu’il y a de spécial de jouer avec ce maillot, avoue Camavinga. On a juste cette sensation de jouer pour un club immense, à chaque fois on est obligé de donner le meilleur. » Même chose pour Thibaut Courtois. « Il y a l’histoire, le club, les supporteurs, c’est un tout », glisse le Belge, stratosphérique alors qu’il jouait là son tout premier match de coupe d’Europe de la saison.

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Au final, cette impression de dire toujours la même chose avec cette équipe, de se faire surprendre malgré tout alors qu’on a déjà vu 20 fois le film, et cette forme d’admiration, qu’on le veuille ou non. « Aujourd’hui a été le parfait exemple de ce qu’est cette équipe, salue le battu du soir Edin Terzic. Quand on voit la façon dont on a perdu le momentum sur un simple corner… » Tu n’es pas le premier, Edin, et sûrement pas le dernier.