Euro 2024 : Cachez vos enfants, les Bleus vont être « chiants à regarder » prévient Griezmann
MIAM MIAM•Présent en conférence de presse à Clairefontaine ce jeudi, Antoine Griezmann a posé les bases de la conquête de l’Euro en Allemagne, qui passera par une solidité défensive de tous les instantsAymeric Le Gall
A Clairefontaine,
Préparez les mouchoirs car, cet été, ça risque de pleurer dans les chaumières françaises. Et ce ne sera pas à cause de la météo, ou en tout cas pas uniquement. Non, si l’on doit aujourd’hui se préparer à verser des larmes de crocodiles entre deux mojitos, c’est en pensant au jeu que l’équipe de France nous réserve pour le prochain championnat d’Europe en Allemagne.
Non pas qu’on soit habitué à voir les Bleus nous régaler dans les grandes compétitions en termes de projet de jeu depuis que Didier a posé son camping-car dans la forêt de Clairefontaine, mais il est rare en revanche de voir quelqu’un vous dire les yeux dans les yeux « oui, vous allez vous emmerder sec, les copains ». C’est pourtant ce qu’a fait Antoine Griezmann, leader technique de cette équipe s’il en est, en conférence de presse jeudi.
« J’ai envie de gagner cet Euro. Perdre en finale en 2016 ça m’a fait énormément mal, on était si proches. En 2021, c’est une histoire de penalties (en 8es contre la Suisse). J’affronte donc cet Euro avec beaucoup d’envie, beaucoup d’ambition, a-t-il expliqué en préambule. Pour moi, la clé, même si c’est ennuyeux, c’est la défense. Il faut qu’on soit une équipe solide, dure dans les duels et forte défensivement. C’est ça qui va nous permettre d’aller le plus loin possible. »
Relancé sur la question, le vice-capitaine des Bleus en a remis une couche, assumant parfaitement l’idée de jouer moche pour peu que ça ramène la coupe à la maison. « C’est chiant à regarder mais bon, c’est comme ça, ça fait gagner. »
Deschamps noie le poisson
La veille, Didier Deschamps avait pourtant tenté de nous vendre l’idée d’une philosophie plus ambitieuse que celle décrite par son petit chouchou de toujours. « L’objectif a toujours été le même, maîtriser, imposer à l’adversaire. Il y a un rapport de force et on essaie d’avoir plus le ballon que l’adversaire et d’imposer notre jeu, de marquer des buts », avait-il assuré mercredi.
Avant de mettre tout de suite de l’eau dans son vin, au cas où on se rende vite compte que ces belles promesses n’étaient autres que de la brise matinale. « Mais il peut y avoir des périodes plus ou moins longues où il faut être efficace dans les deux surfaces, même quand on n’a pas le ballon. L’équipe de France a la capacité de maîtriser, ce qui laisse moins de place à l’incertitude. Ce n’est toutefois pas l’équipe qui domine qui est toujours récompensée », a-t-il avancé.
Nous voilà donc prévenus (et bon appétit bien sûr !). Du reste, on s’en doutait un peu déjà, au fond. Et est-ce si grave que ça ? En effet, si, comme c’est souvent le cas ces dernières années, les Bleus nous emmènent au bout du bout de la compète, pas sûr qu’il y ait grand monde pour pleureur ce style de jeu pragmatico-pragmatique.


















