OL : « Je n’aime pas le un contre un »… Rayan Cherki casse des clichés à son sujet
FOOTBALL•Le magazine « So Foot » publie ce jeudi une interview du jeune milieu offensif de l’Olympique Lyonnais, qui s’y confie comme rarement sur sa personnalité et sa vision du footballJérémy Laugier
L'essentiel
- Attendu comme un prodige dès ses débuts professionnels avec son club formateur à 16 ans, Rayan Cherki tarde à exploser avec l’Olympique Lyonnais.
- Le milieu offensif de 20 ans vient de donner un long entretien au magazine So Foot, dans lequel on comprend les difficultés qui ont accompagné son début de carrière jusque-là frustrant.
- « Je n’aime pas le un contre un. Pour moi, ce n’est pas du dribble, c’est de la percussion », révèle notamment l’international Espoirs, qui préfère nettement évoluer à une position axiale.
Il faut l’avouer, l’annonce ces derniers jours d’une interview fleuve de Rayan Cherki dans So Foot nous avait autant hypés que la campagne de Youth League du milieu offensif lyonnais en 2018-2019. Très rare dans les médias, celui-ci se confie de manière profonde sur bien des aspects de son début de carrière ayant entraîné encore plus de frustrations que de promesses. Passeur décisif, mardi lors de la qualification de l’OL pour la finale de la Coupe de France (3-0 contre Valenciennes), Rayan Cherki réfute par exemple l’idée qu’il a toujours été choyé par son club formateur.
Gilles Rousset, qui l’avait entraîné en U19 nationaux, indiquait ainsi récemment à 20 Minutes qu’il « n’avait pas été formé mais qu’il fallait le laisser jouer comme il le voulait », en raison « d’ordres d’en haut à respecter » au club. « On a toujours été très dur avec moi parce qu’on attend plus des joueurs différents. Quand tu passes du monde des Bisounours à celui des professionnels, tu prends une sacrée claque. Et on ne peut pas te préparer à ça », estime pour sa part l’international Espoirs tricolore, qui avait connu ses débuts professionnels à seulement 16 ans avec Rudi Garcia.
« Il est là, le vrai dribble », face à deux ou trois joueurs
De même, il tient dans cet entretien à casser l’image du talent avare en efforts aux entraînements : « Dans la famille, on a toujours été des bosseurs, on ne s’est jamais reposés sur nos lauriers. Je suis toujours le premier aux entraînements, je demande toujours du rab. On fait des sessions vidéo sur l’ordi de mon conseiller. Je m’entends bien avec les préparateurs physiques du club, donc je double les séances. Je fais de la muscu et du travail de finition en plus. Des choses que les gens ne voient pas ».
Ce que les supporteurs lyonnais voient pour l’instant, c’est que Rayan Cheki n’a jamais renouvelé, à 20 ans, une prestation aussi éclatante que son combo deux buts-deux passes décisives lors d’un match de Coupe de France à Nantes en janvier 2020 (3-4). Un récital qui avait généré d’énormes attentes en Ligue 1, que l’intéressé n’a visiblement pas toujours bien vécues. « On ne se rend pas compte : après les matchs, les joueurs ne peuvent pas dormir. A chaque fin de saison, je rentrais chez moi, je m’asseyais avec ma mère, et je pleurais. Parce qu’il fallait que toute la pression et la charge émotionnelle de l’année s’en aillent », raconte-t-il.
Dernier cliché tordu par cette passionnante interview : Rayan Cherki ne se voit pas du tout comme un déroutant joueur de un contre un, comme on a pu l’imaginer à son arrivée en Ligue 1. « En début de saison, je disais à Lacazette : "Contrairement à ce que vous pensez, je n’aime pas le un contre un". Pour moi, ce n’est pas du dribble, c’est de la percussion. Quand tu es au milieu du terrain, là tu dois faire parler ton dribble et ta folie, parce qu’autour de toi, tu n’as pas un joueur, mais deux ou trois. Il est là, le vrai dribble. Sur le côté, c’est "je pousse le ballon et on verra lequel de toi ou moi ira le plus vite et passera l’épaule avant l’autre". » A ce petit jeu, Ernest Nuamah est clairement au-dessus de Rayan Cherki à l’OL.


















