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En restant au Bayer, Xabi Alonso sauve ce qu’il reste de romantisme dans le foot

Leverkusen : En restant au Bayer, Xabi Alonso sauve ce qu’il reste de romantisme dans le football

Se quedaXabi Alonso a profité de la trêve internationale pour réfléchir à son avenir et a décidé de rester au Bayer Leverkusen, malgré les convoitises du Bayern et de Liverpool. Une bonne nouvelle pour le football (allemand)
William Pereira

William Pereira

Comme le dirait une très célèbre poétesse d’Internet, « il y a des news qui rendent le smile ». Xabi Alonso a annoncé, ce vendredi, qu’il resterait sur le banc du Bayer Leverkusen la saison prochaine. Une décision mûrement réfléchie pendant la trêve internationale, comme l’a révélé le Basque en conférence de veille de match à Hoffenheim : « La semaine dernière, j’ai eu une bonne réunion avec Simon (Rolfes, le directeur sportif), Fernando (Carlo, le président) et je leur ai donné ma décision de continuer d’être l’entraîneur du Bayer Leverkusen. »

Pourquoi se réjouir d’une telle nouvelle alors que la Bundesliga, avec tout le respect qui est dû à l’antichambre de l’équipe de France, ne nous intéresse au fond pas plus que ça ? Sans doute parce que la décision de Xabi Alonso, convoité par le Bayern Munich et Liverpool, contrarie l’ordre immuable du football actuel, où les puissants sont toujours gagnants et, les rares fois où ils ne le sont pas, pillent les effrontés qui ont osé défier leur autorité. Le Bayern a basé son succès sportif sur ce schéma, dont l’intérêt pour l’entraîneur de Leverkusen était l’expression prévisible, dès lors que le départ de Thomas Tuchel était acté.

Et si Eric Roy faisait pareil à Brest ?

Le choix de Liverpool aurait été le moins mauvais. Jürgen Klopp s’en va et s’apprête à laisser derrière lui un lourd héritage à porter. Xabi Alonso, en tant qu’ancien joueur historique – buteur lors de la bataille victorieuse d’Istanbul en finale de C1 en 2005 - avait toute la légitimité de lui succéder. L’histoire aurait été belle. Mais le statut et les moyens des Reds leur laissent une bien meilleure marge de manœuvre pour trouver un successeur à Klopp que le club allemand si celui-ci venait à perdre Alonso à l’issue de la saison.

Laissons aux supporteurs de Leverkusen le droit d’aller au bout de leur cycle, comme a justement pu le faire Klopp avec Dortmund ou, bien avant lui, José Mourinho à Porto et, qui sait, comme pourra le faire Eric Roy à Brest. Ces phénomènes sont rares et les derniers à même de nous sauver des séries de victoires ininterrompues des cinq, six plus gros budgets du football européen. Profitons-en.

Klopp comprend le choix de Xabi Alonso

Ne soyons pas naïfs pour autant : cette annonce ne traduit rien d’autre que le report de l’échéance. L’Espagnol ne fera pas sa vie sous le pavillon du géant pharmaceutique. Il s’offre probablement une année de rab pour voir jusqu’où il peut aller en Ligue des champions l’année prochaine. L’analyse de Jürgen Klopp abonde dans ce sens : « Il fait un travail incroyable là-bas. Leverkusen a une bonne équipe et ils vont probablement garder l’effectif. Je comprends qu’il veuille faire ça. »

Xabi Alonso entend aussi s’aguerrir au plus haut niveau avant d’endosser un rôle à plus forte responsabilité. « Pour le moment, je pense que c’est le bon endroit pour moi pour continuer de me développer en tant qu’entraîneur, a déclaré Alonso. Je suis encore un jeune entraîneur et je sens que c’est le bon endroit. Mon travail ici n’est pas encore terminé. » Vivement la suite.