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Coupe du monde 2026 : Contacté sur LinkedIn, il oublie de répondre avant une qualif historique avec le Cap-Vert
exploit•Le Cap-Vert va disputer sa première Coupe du monde, en 2026, après avoir terminé notamment devant le Cameroun en phase de qualificationAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Roberto Lopes, défenseur central du Cap-Vert né d’une mère irlandaise et d’un père capverdien, s’est qualifié pour la Coupe du monde 2026.
- Le joueur a rejoint l’équipe nationale du Cap-Vert en 2019 après avoir été contacté par le sélectionneur via LinkedIn, mais il a ignoré le message pendant neuf mois.
- Le Cap-Vert est ainsi devenu avec ses 525.000 habitants le deuxième pays le moins peuplé à atteindre un Mondial après l’Islande.
Il n’a même pas eu le temps de fêter ça dignement. Quelques heures après la qualification historique du Cap-Vert pour la première Coupe du monde de son histoire, dans la foulée de sa victoire face à Eswatini (3-0) lundi, Roberto Lopes, Pico pour les intimes, a filé à l’aéroport prendre un avion pour se rendre en Irlande et assister à la naissance de son premier enfant.
« Ce qui est le plus drôle c’est que, cette semaine, le football était ma dernière préoccupation, a expliqué le défenseur central depuis l’aéroport capverdien dans un audio transmis à 20 Minutes par son agent. J’ai apprécié les célébrations, mais je n’ai qu’une hâte, c’est de rentrer à la maison. » A Dublin, là où le gaillard a fait toute sa vie. Loin, très loin, de Praia, la capitale du Cap-Vert.
Convocation sur LinkedIn
Né en 1992 d’une mère irlandaise et d’un père capverdien, le gamin de Crumlin était loin d’imaginer faire carrière avec les Requins Bleus. Mais, sélectionné chez les U19 irlandais, Pico a vu son destin changer en 2019 quand le sélectionneur du Cap-Vert de l’époque Rui Aguas vient aux renseignements par un message adressé… sur LinkedIn.
« En fait, j’ai ignoré le message pendant neuf mois parce que je ne comprenais pas le portugais, explique le joueur des Shamrock Rovers, à Dublin. Heureusement, ils sont revenus et m’ont répondu en anglais, et j’étais… Je ne sais pas pourquoi [j’ai fait ça], j’aurais dû traduire ce message, tout simplement. Je me suis excusé, et heureusement, ils m’ont attendu. Maintenant je fais partie de l’histoire. »
Une histoire improbable car, avec ses quelque 525.000 habitants, le Cap-Vert, 70e au classement de la Fifa, que la Fédération nationale n’a rejoint qu’en 1986, devient, après l’Islande, le pays le moins peuplé à se qualifier pour une Coupe du monde, et le plus petit en superficie avec ses seulement 4,033 km2. Une qualification, aussi facilitée par l’ouverture du Mondial à 48 équipes, qui a entraîné d’énormes scènes de joie dans l’État insulaire.
« Les gens s’accrochaient au bus »
« C’était incroyable, l’invasion du terrain à la fin du match, la joie la fierté, assure Roberto Lopes. Célébrer ça avec nos supporteurs, nos familles, nos amis. C’était génial sur le terrain, on s’est bien amusés dans le vestiaire et le chemin retour avec les gens qui s’accrochaient au bus dans les rues… Je n’ai pas de mots pour décrire la fierté qu’il y a après avoir réalisé ça. »
Pour atteindre ce Mondial 2026 au Canada, aux Etats-Unis et au Mexique, les Capverdiens ont terminé premiers de leur poule devant le Cameroun, qu’ils ont battu à l’Estadio Nacional de Praia. Emmenés par l’ancien Rennais Steven Moreira et le dénommé Stopira, les Dragons Bleus ont désormais hâte de retrouver les meilleures nations du monde outre-Atlantique.
« Depuis que j’ai rejoint cette équipe, disputer le Mondial était un rêve, mais j’avais le sentiment qu’avec ce groupe, on pouvait atteindre cet objectif, affirme le joueur de 34 ans. On va mettre le nom du Cap-Vert sur la scène la plus importante du football. Les Capverdiens vont pouvoir voir leur équipe, ça donne un immense sens à ce que l’on fait. C’est une belle histoire. » On espère qu’après toute cette pub, LinkedIn lui a offert un abonnement premium.



















