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La « grotesque » rumeur d’une vente de l’OM vire à la comédie

OM : « Grotesque », « mort de rire »… Quand les éternelles rumeurs d’une vente imminente virent à la comédie

FOOTBALLLe rachat de l’Olympique de Marseille par l’Arabie saoudite, annoncé par certains journalistes et influenceurs en 2021, est en train de virer au grotesque, comme cette séquence entre Rachid Zeroual et Emmanuel Macron lors de sa visite à Marseille
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • La vente de l’Olympique de Marseille à l’Arabie saoudite anime les étés des supporteurs olympien depuis 2021.
  • Après le temps des questions, est venu celui de l’hystérie et des insultes entre pro et anti l’été dernier.
  • Place désormais à la comédie, comme lorsque la figure historique des Winners, Rachid Zeroual, a interpellé sur ce sujet le président de la République, Emmanuel Macron lors de son déplacement à Marseille.

«Aidez-nous. Aidez-nous à trouver des repreneurs, on souffre. Vous avez plus de poids que nous, vous savez comment faire ». Cette séquence entre Rachid Zeroual, figure historique des South Winners, groupe de supporteurs de l’Olympique de Marseille, et le président de la République, Emmanuel Macron, lors de sa visite à Marseille, symbolise à elle seule le côté grotesque qu’est en train de prendre la rumeur d’une vente de l’OM à l’Arabie saoudite.

Les premières révélations d’une possible vente par certains journalistes comme Thibaut Vezirian et Romain Molina ont d’abord agité les supporteurs en 2021, avant de progressivement basculer vers la crispation et une forme d'« hystérie » l’été suivant, entre les « croyants » et les « non-croyants », au point de virer aux insultes sur les réseaux sociaux. Cette année ne déroge pas à la règle, et à peine la saison finie, la rumeur d’une vente de l’OM à l’Arabie saoudite revenait sur le devant de la scène à travers des déclarations de Rolland Courbis, relayées par Bengous ou Mohamed Henni sur leurs réseaux sociaux.

« L’impression d’avoir en permanence des mecs bourrés à côté de moi »

Avant cette désormais fameuse prise de parole de Rachid Zeroual, lundi après-midi, qui semble avoir irrité plus d’un supporteur. Au delà de cette séquence, le linguiste et abonné virage sud, Médéric Gasquet-Cyrus estime tout ce cirque autour d'une vente comme « carrément grotesque » : « On se moque de ceux qui agitent les merguez. Ce n’est pas leur place, des tifos on sait faire, encourager, on sait faire. On est très loin de ce que peut être un groupe de supporteurs ».


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L’importance prise par les réseaux sociaux, qui fait que « 80 % des personnes se croient journaliste », selon le linguiste, et la viralité de la rumeur #VenteOM, ont même fini par le fatiguer. « On est en permanence dans l’analyse de comptoir. Ce qui n’est pas forcément un problème, on aime aussi boire des coups avant les matchs et fantasmer sur des trucs. Mais les réseaux sociaux font une énorme caisse de résonance et ça devient chiant, j’ai l’impression d’avoir en permanence des mecs bourrés à côté de moi », image-t-il.

« A chaque fois que je peux mettre de l’ironie, je ne m’en prive pas »

Heureusement, avec le temps, certains ont réussi à prendre le recul nécessaire sur le sujet. Le voir revenir sans cesse sur le devant de l’actualité une fois la saison finie, alors qu’aucun élément tangible ne tend à confirmer cette hypothèse, permet finalement d’en rire. « Certains comptes savent tourner cette histoire en dérision. Quand le documentaire sur les minots [diffusé dimanche dernier sur Canal+] évoque le montage financier depuis le Venezuela, un compte s’en est amusé en disant " ah en fait ça part de là la vente OM, ça remonte finalement aux années 1980 ". C’était très drôle, en comparaison à ceux qui prétendent avoir la moindre info », estime Mederic Gasquet-Cyrus.


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Thierry, un autre abonné du stade Vélodrome, et auteur de billets d’humeur après les matchs de l’OM, a lui aussi décidé de rire de ce qui est en train de devenir un « running gag ». « A chaque fois que je peux mettre de l’ironie, je ne m’en prive pas. J’avais écrit un billet sur le Football Club Marseille après la venue de Vezirian, je ne retirerai pas un mot. Je disais que j’étais comme un anthropologue qui a mis un insecte dans un bocal et qui regarde comme il s’en sort », en rigole ce supporteur.

Chez Winamax FC, l’émission de débat en ligne sur le football, ça fait longtemps qu’on plaisante du sujet. Le présentateur Thomas Bonnavent trouvait déjà ça « ridicule » il y a deux ans, alors voir le rachat de l’OM par l’Arabie saoudite continuer de prospérer aujourd’hui est carrément « grotesque » : « Tout ça est d’un ridicule sans nom, ça me fait mourir de rire. Surtout cette fausse parano à croire que Marcelino a été nommé pour ne pas faire de bruit et permettre une meilleure intégration de Zidane qui aurait déjà signé. Ou le fait de payer un gros salaire à Kondogbia, parce que le club est racheté depuis deux ans. Peut être qu’ils me donneront tord dans un, trois ou cinq ans, mais en tout cas j’aurais rigolé », explique celui qui en a fait un sujet de l’une de ses dernières émissions : « OM x Arabie saoudite : pourquoi ça traîne ? », et cette punchline déjà légendaire : « MBS ça veut pas dire Mohammed ben Salmane, c’est un nom de code pour Minots bientôt Saoudiens ».

« Un sketch total, un bazar total », de l’aveu de Vezirian

Le principal intéressé de tout ce cirque médiatique, Thibaud Vezirian, semble avoir lui aussi perçu le côté burlesque qu’était en train de prendre son propre bébé, mais sans jamais se déjuger. Au point de publier une lettre ouverte pour réaffirmer ses dires face à « un sketch total, un bazar total, un festival d’incohérences médiatiques et de communication », qu’est devenue aujourd’hui cette histoire, de son propre aveu. Il utilise même la séquence entre « le boss historique des Winners » et Macron, qu’il estime comme « une façon de faire dans l’aire du temps », pour réaffirmer la véracité de ses propos.

Mais la déclaration de Rachid Zeroual, au-delà de la question de la vente OM, prend aussi et surtout ses racines dans la proximité que le Winner entretient avec le milieu politique. Très apprécié de l’ancien maire Jean-Claude Gaudin (LR), il s’était affiché au côté de Martine Vassal, l'« héritière », avant la finale de la Ligue Europa en 2018. Plus récemment, il a invité le nouveau maire Benoît Payan (DvG) à jouer le rôle de capo des Winners au lendemain de la célébration des 30 ans du titre de champion d’Europe. Deux passes à droite, un crochet à gauche, et désormais un appel en profondeur pour Macron. Tous les sujets sont bons pour faire parler de soi. L’OM, dénominateur commun de tous les Marseillais jusqu’au président, encore plus.