ASSE : Roland Romeyer a « vraiment eu peur que la pelouse de Geoffroy-Guichard ne soit à jamais tachée de sang »

FOOTBALL Le président du directoire de l’AS Saint-Etienne revient ce lundi, dans une interview accordée au « Progrès », sur les terribles incidents ayant suivi le barrage retour contre l’AJ Auxerre

Jérémy Laugier
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Une ambiance de chaos s'est emparée du stade Geoffroy-Guichard, le 29 mai à l'issue du barrage retour perdu par les Verts contre l'AJ Auxerre.
Une ambiance de chaos s'est emparée du stade Geoffroy-Guichard, le 29 mai à l'issue du barrage retour perdu par les Verts contre l'AJ Auxerre. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
  • L’AS Saint-Etienne a officiellement sombré en Ligue 2 le 29 mai dernier, après avoir perdu son barrage retour contre l’AJ Auxerre.
  • Ce soir-là, des engins pyrotechniques ont été jetés dans tous les sens, sur la pelouse et dans la tribune officielle, par des dizaines d’ultras stéphanois ayant envahi le terrain juste après le match.
  • Le président du directoire de l’ASSE Roland Romeyer s’exprime pour la première fois, ce lundi, sur ce climat de chaos ayant régné dans le Chaudron le 29 mai.

Six semaines après le dramatique épilogue de la saison stéphanoise, le 29 mai en barrage contre l’AJ Auxerre, on attendait toujours une véritable réaction de Roland Romeyer. A savoir autre chose que cet étrange communiqué préparé avec Bernard Caïazzo et balancé 15 minutes après l’officialisation de la déroute du club, pour évoquer succinctement « la sanction douloureuse d’une relégation en Ligue 2 ». Au vu des terribles incidents ayant impliqué des dizaines d’ultras armés de dangereux objets pyrotechniques en tous genres, ce constat était un sacré euphémisme. Ce lundi, Roland Romeyer revient pour Le Progrès sur cette soirée de chaos, qui a depuis coûté trois points et quatre matchs fermes à huis clos à l’AS Saint-Etienne.

« Ce 29 mai a été terrible, reconnaît le dirigeant de 76 ans. J’ai vraiment eu peur que des comportements irresponsables, allant jusqu’à des tirs de mortiers en direction de la tribune officielle, n’entraînent la mort, et que la pelouse de Geoffroy-Guichard ne soit à jamais tachée de sang. Nous avons déploré près de 40 blessés parmi lesquels des supporteurs, des policiers, des stadiers et même des joueurs. Ce qui est certain, c’est que sans une collaboration étroite avec les autorités, les instances, les collectivités et la justice, à Saint-Étienne comme ailleurs, on n’y arrivera pas. »

Roland Romeyer regrette « une incitation à la haine »

Outre cette soirée cauchemardesque, qui n’a été suivie d’aucune interpellation jusque-là, le président du directoire de l’ASSE a également confirmé les menaces qu’il a subies à son domicile ces derniers mois. « J’ai reçu des menaces de mort. Cinq fois, des individus se sont rendus dans mon village. Ils ont détérioré des panneaux de circulation et de signalisation avec des inscriptions ou en collant des affiches. Ils ont posé des banderoles. Ils se sont introduits dans ma propriété en escaladant le portail. Ils ont tagué sur le mur de ma propriété et jeté des pots de peinture. » Il poursuit :

Ils ont tiré en pleine nuit des fumigènes et jeté des bombes agricoles chez moi. Je pense surtout à ma famille régulièrement agressée verbalement. »

Avant de conclure : « Ce que je regrette beaucoup, c’est cette incitation à la haine. Malgré toutes ces attaques, il n’a jamais été question pour moi de déménager ». Autant de raisons incitant Roland Romeyer à se montrer plus clair que jamais concernant ses intentions pour l’ASSE : « Ma volonté de céder le club est ferme et irrévocable. » Et ce même si les négociations exclusives avec l’homme d’affaires américain David Blitzer ont récemment échoué. « Aucune offre ferme n’a été déposée dans les délais auxquels il s’était engagé à nous la remettre », assure-t-il.