France – Croatie : Bye-bye la défense à trois… Deschamps, le nouveau bricolo, a-t-il perdu son « modjo » ?
FOOTBALL•Après la défaite inaugurale face au Danemark, et à seulement cinq mois du Mondial, Deschamps a abandonné son système à trois défenseurs qu’il travaillait pourtant depuis un momentAymeric Le Gall
L'essentiel
- L’équipe de France a achevé sa campagne du mois de juin en Ligue des nations par une défaite au Stade de France face à la Croatie (1-0).
- Après la défaite inaugurale face au Danemark, Deschamps a abandonné son système à trois défenseurs centraux, une surprise à cinq mois du Mondial au Qatar.
- Tout au long du mois de juin, le sélectionneur a donné l’impression de tâtonner tactiquement.
Au Stade de France,
« Je vais avoir un été studieux »… Prononcés à la veille du second match face à la Croatie, ces mots de Didier Deschamps n’ont jamais paru aussi vrais qu’après la défaite des Bleus, lundi soir, face aux vice-champions du monde, point d’orgue d’une campagne de Ligue des nations ratées dans les grandes largeurs.
Et si le contexte autour du sélectionneur, qui a eu la douleur de perdre son paternel en début de rassemblement, doit nous amener à analyser ces quatre matchs avec la plus grande des prudences, il ne doit pas pour autant tout vampiriser. Au cours de ce rassemblement, Deschamps nous a en effet donné l’impression de ne rien maîtriser ou presque, à commencer par son nouveau système à trois défenseurs, exfiltré par l’issue de secours dès les premiers remous face au Danemark.
Quatre matchs, quatre systèmes (et beaucoup d’interrogations)
A sa décharge, on sait que Deschamps n’a jamais été un grand adepte du 3-4-3 et qu’il ne s’est résolu à le sortir du chapeau uniquement pour mettre son trio Griezmann-Benzema-Mbappé dans les meilleures conditions. Or, si du côté de Mbappé et Benzema il n’y a rien à signaler (tout juste une baisse de régime de KB9 vendredi, mais rien de bien illogique après la saison de mutant qu’il nous a fait), Griezmann n’est plus que l’ombre du joueur qu’il était il y a de ça quelques mois. Ou quelques années, on en vient à se demander.
Dès lors, DD le pragmatique s’est adapté et, pour parer au plus pressé, est revenu dans un système à quatre derrière, qu’on dit plus rassurant pour une défense en manque de confiance. Le problème, c’est qu’en bâtissant une telle liste, avec notamment la présence une nouvelle fois de M. Piston droit Jonathan Clauss, cela semble dommage de tout bazarder dès la première défaite venue. D’autant qu’il l’avait lui-même annoncé : ces quatre matchs devaient être l’occasion de « donner des repères » à son groupe dans ce système à trois derrière…
Le sélectionneur a bien tenté ces derniers jours de nous dire que ce retour à une défense à quatre était l’occasion pour lui de travailler des systèmes alternatifs en vue du Mondial, l’impression générale après ces quatre matchs tient plus du foutoir qu’autre chose. Après le 4-4-2 à plat en Croatie et en Autriche, le sélectionneur a opté lundi pour un 4-3-3 qui n’a jamais produit autre chose que de la bouillie, avant de faire machine arrière en seconde période et de revenir à un milieu à quatre, avec le duo Benzema-Mbappé en pointe.
« Les résultats nous donnent tort »
On passe aussi sur ces choix d’homme, qui n’ont pas manqué de nous faire lever un sourcil à la Carlo Ancelotti quand on a vu par exemple que Koundé était titularisé à un poste de latéral droit qui n’est pas et ne sera jamais le sien. On se souvient tous du calvaire qu’avait vécu l’ancien sévillan lors du dernier Euro, face au Portugal, on n’avait pas besoin d’une nouvelle confirmation lundi. Cet avant-dernier rassemblement avant la Coupe du monde devait être l’occasion d’asseoir quelques certitudes, il s’achève finalement en soulevant pas mal de questions et au moins autant d’inquiétude.
« Si on se voyait trop beau, il va falloir réagir, a admis Deschamps après le match. On n’a pas rempli les exigences du haut niveau sur ce rassemblement. J’aurai l’analyse et la réflexion avec mon staff, mais il y aura besoin de beaucoup, beaucoup plus de choses si on veut maintenir le standing qui est le nôtre. Il faudra faire beaucoup plus à la rentrée pour se préparer à l’échéance qui est la nôtre. A partir du moment où on n’a pas fait ce qu’il fallait, il faut faire sa propre autocritique. Les résultats nous donnent tort. »
Sur ce point, il est vrai que le Basque n’a jamais caché le culte qu’il vouait à ces fameux « résultats », seuls capables à ses yeux de jauger les performances d’une équipe. Après ceux, décevants, du mois de juin, le voilà au pied du mur avec très peu de temps pour inverser la tendance. L’été va être studieux, à n’en pas douter.


















