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Le Parc OL vibre « avec nostalgie » devant le match des Héros

OL : Vingt ans après leur premier sacre en Ligue 1, les supporteurs vibrent « avec nostalgie » devant le match des Héros

FOOTBALLPrès de 23.000 spectateurs ont assisté mardi au match des Héros au Parc OL de Décines (Rhône), qui a permis de récolter 482.490 euros pour l’Unicef et OL Fondation
Match des Héros à Lyon: 482.490 euros récoltés par l'Unicef au Parc OL
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Les champions de France lyonnais de 2002 se sont retrouvés mardi, à l’exception de Juninho et Grégory Coupet, pour un match des Héros au Parc OL.
  • Cette rencontre impulsée par Sonny Anderson a permis de récolter 482.490 euros, qui seront pour l’Unicef et OL Fondation.
  • L’ancien buteur brésilien de l’OL a inscrit le seul but de cette rencontre d’exhibition (1-0, 70e), dans une opposition entre anciens joueurs lyonnais des années 2000 et la Team Unicef.

Au Parc OL,

Il n’y avait quasiment pas de maillots de Lucas Paqueta ou de Maxence Caqueret, mardi soir, parmi les 22.901 spectateurs présents au Parc OL. Par contre, de jolies pièces floquées des noms de Patrice Carteron, Bryan Bergougnoux et Juninho étaient de la partie. Car avant d’assister désabusés au dernier match à domicile de cette saison de Ligue 1, samedi (21 heures) contre le FC Nantes, les supporteurs lyonnais ont eu droit à « une parenthèse enchantée » à Décines (Rhône). A savoir un match des Héros qui a avant tout permis de récolter 482.490 euros pour l’Unicef et OL Fondation, surtout afin de venir en aide aux enfants victimes de la guerre en Ukraine.

L'équipe lyonnaise, coachée par Jacques Santini comme en 2002, l'a emporté mardi (1-0) contre la Team Unicef.
L'équipe lyonnaise, coachée par Jacques Santini comme en 2002, l'a emporté mardi (1-0) contre la Team Unicef. - Stéphane Guiochon

Sept mois après sa version marseillaise, ce match des Héros impulsé par Sonny Anderson a permis de rassembler les joueurs de l’équipe de l’OL championne de France en 2002, à l’occasion des 20 ans du premier de ses sept sacres consécutifs en Ligue 1. Et « Sonnygoal » a bien fait les choses pour tenter de rendre le sourire aux fans lyonnais, frustrés par l’actuelle 8e place en championnat et la claque reçue en Ligue Europa face à West Ham (0-3).

D'anciens grands footballeurs associés à des vidéastes côté Team Unicef

Avant ce match de gala disputé contre une Team Unicef ayant de la gueule (Lehmann, Van Buyten, Mendieta, Nasri, Giuly… mais aussi le rappeur belge Roméo Elvis, l’humoriste Paul Mirabel et les vidéastes Michou et Inoxtag), l’attaquant brésilien de 51 ans avait promis aux Bad Gones qu’il marquerait « comme d’habitude » du côté du virage nord avant de fêter ça avec les supporteurs. Délicieusement servi par le milieu suédois Kim Källström, Sonny Anderson a tenu parole pour inscrire l’unique but de la rencontre (1-0, 70e). « C'est mon premier but dans ce stade », sourit l’ancien capitaine de l’OL, qui en avait inscrit des wagons du côté de Gerland, de 1999 à 2003, pour permettre au club de changer de dimension.

Abonnées aux Bad Gones dès la fin des années 1990, Céline et Stéphanie (43 ans) étaient ravies de revoir les joueurs devenus champions de France avec l'OL en 2002.
Abonnées aux Bad Gones dès la fin des années 1990, Céline et Stéphanie (43 ans) étaient ravies de revoir les joueurs devenus champions de France avec l'OL en 2002. - Jérémy Laugier/20 Minutes

Une époque qui fascine toujours autant les amateurs de l’OL, alors que le virage a lancé quasiment dès le coup d’envoi mardi le chant « C’est l’OL champion de France. Si cette équipe-là vous emm…., pour vous faire ch…, on va la faire gagner ». Un refrain d’un autre temps qu’ont adoré retrouver Céline et Stéphanie (43 ans), abonnées aux Bad Gones dès la fin des années 1990, et venues avec leurs garçons mardi soir à Décines. Elles ne cachent pas leur excitation : « C’est extraordinaire de voir nos anciens joueurs comme "Cavegoal", Anderson, Cris, Edmilson ou Caçapa. Ça nous plonge directement dans la nostalgie. Ils n’ont pas changé, même s’ils ont pris un peu de poids quand même ».

« C’est avec eux que j’ai appris à aimer le foot »

Ce n’est pas le cas de Jean-Marc Chanelet, tranchant sur son côté droit, d’Eric Carrière ou de Michael Essien, l’ex-monstrueux milieu de l’OL puis de Chelsea. S’ils regrettent que ce match ne se soit pas déroulé à Gerland, et qu’il y manque les incontournables « Juni » et Grégory Coupet Lucie et Jérémy (30 ans) confient : « Laissez-nous nous amuser ce soir car on n’a pas eu l’occasion de le faire dans cette saison pourrie de l’OL ». Venu avec son vieux maillot Juninho, dont le flocage peine à résister aux années, Jérémy enchaîne les louanges en direction des joueurs titrés en 2002. « C’est avec eux que j’ai appris à aimer le foot », complète Célian à leurs côtés.

Emblématiques buteurs de la Team OL Légende, Alain Caveglia et Sonny Anderson ont été deux des ex-joueurs les plus ovationnés, mardi au Parc OL..
Emblématiques buteurs de la Team OL Légende, Alain Caveglia et Sonny Anderson ont été deux des ex-joueurs les plus ovationnés, mardi au Parc OL.. - Stéphane Guiochon

Avant de rager contre leurs lointains successeurs ? « On se souvient que l’OL nous faisait autrement plus « kiffer » il y a 20 ans, estime le trentenaire Mickaël, lui aussi présent mardi à Décines avec ses amis Coralie et Gabriel. On était à Gerland le soir du titre, le 4 mai 2002 contre Lens (3-1) et c’est de loin notre meilleur moment de sport vécu dans toute notre vie. Les titres sont désormais loin à Lyon, à part la Gambardella. »

« Ce match des Héros ne peut pas tout gommer »

C’est simple, le dernier trophée raflé par l’OL reste la Coupe de France contre Quevilly (1-0), il y a tout juste 10 ans. « On est tous tristes quand il y a des résultats difficiles comme cette saison, précise Kim Kallström (à Lyon de 2006 à 2012). J’avais beaucoup d’espoir pour la Ligue Europa, qui aurait pu apporter énormément au club. 10 ans sans titre, c’est sûr que ça fait long et que ça crée un manque. Mais à mon époque, le PSG n’avait pas les moyens qataris qui ont bien fait changer la physionomie du championnat. Et quand on passe 35 ans à la tête d’un club de foot comme M. Aulas, c’est normal qu’il y ait des hauts et des bas, non ? »

Depuis sa prise de pouvoir en 1987, JMA a en l’occurrence rarement retrouvé son équipe première aussi bas en plein printemps. La débâcle de la semaine passée à Metz (3-2) est même synonyme d’une deuxième saison sans Coupe d'Europe sur les trois derniers exercices. La sinistrose a-t-elle pu être mise de côté mardi au Parc OL ? « Ce match des Héros ne peut pas tout gommer, mais tant mieux si cette soirée apporte un peu de joie aux supporteurs », note Sidney Govou.

Le duel Nuno Gomes-Cris.avait des allures de chaude opposition, mardi au Parc OL.
Le duel Nuno Gomes-Cris.avait des allures de chaude opposition, mardi au Parc OL. - Stéphane Guiochon

« Un esprit collectif de camaraderie »

Comment les joueurs de Jacques Santini ont-ils donc abordé cette rencontre d’exhibition ? « Quoi qu’il arrive, on s’était dit qu’il fallait gagner ce soir », annonce Sonny Anderson, capitaine de ce fameux premier titre de champion de France en 2002. « On a pu voir que même si le corps ne répond plus aussi vite qu’avant, la victoire est toujours en nous », rassure l’ancien défenseur central Claudio Caçapa, désormais assistant de Peter Bosz. Pour Florent Malouda, « la culture de la gagne fait normalement partie de l’ADN du club. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de frustration en ce moment vu l’inconstance de l’équipe ».

Finalement, quelle était la véritable recette de cet OL indétrônable sur le toit de la Ligue 1 durant sept saisons, en comparaison avec celui qui s’apprête à clore sa probable pire saison du 21e siècle ? L’ancien latéral ou milieu gauche Christophe Delmotte (de 1997 à 2004 à Lyon), désormais coach de Valenciennes (Ligue 2), a sa petite explication.

« Ce qui est top, c’est que notre groupe avait été constitué au fur et à mesure, avec seulement deux ou trois changements par saison. Les équipes les plus performantes de l’OL sont arrivées après 2004. Il y a beaucoup eu un esprit collectif de camaraderie, avec des joueurs valeureux. Ça nous a aidés, sur les matchs difficiles, à nous pousser au dépassement de soi, bien au-delà de ce qu’on pouvait faire. Sonny puis d’autres nous ont tirés vers le haut. Ce sont les fondations collectives qui nous ont permis d’obtenir ces titres. » »

« Il faut que tout le monde s’entende à merveille »

Admirée par le tennisman Jo-Wilfried Tsonga, qui a montré sa technique très correcte mardi soir, « l’exceptionnelle domination dans les années 2000 » de l’OL s'est encore accompagné pour ce match des Héros d'une grande « cohésion du vestiaire ». Honneur au buteur Sonny Anderson pour conclure cette soirée feel good.

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« Quand on a toujours la rage de vaincre, ça ne se perd pas, glisse-t-il. Notre groupe de copains a vécu de bons moments il y a 20 ans et c’était la même chose ce soir. Une famille, ça se construit. Il faut comprendre ensemble ce que c’est d’avoir la gagne. C’est surtout important que le club s’entende bien avec les supporteurs, tout comme les supporteurs avec les joueurs. Pour qu’une famille avance, il faut que tout le monde s’entende à merveille. » Sur ce point, l'OL a une sacrée marge de progression à activer d’ici l’entame de la saison prochaine.