Greffe de foie d'Abidal : Les avocats de l'ancien président du Barça réagissent après les révélations d'« El Confidencial »

FOOTBALL Selon les avocats mandatés par l’ancien président du Barça, le rapport de l’Institut espagnol de toxicologie ne permet pas de conclure sur l’absence de lien de parenté entre Eric Abidal et Gérard Armand

A.L.G. avec AFP
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Sandro Rosell (au centre), lors de l'annonce du départ d'Abidal du Barça, en 2013.
Sandro Rosell (au centre), lors de l'annonce du départ d'Abidal du Barça, en 2013. — QUIQUE GARCIA / AFP
  • L’ancien Barcelonais Eric Abidal a reçu une greffe de foie pour soigner une tumeur en 2012. Son donneur serait son cousin germain Gérard Armand.
  • La justice espagnole enquête sur l’origine du foie en question et soupçonne qu’il soit en réalité issu d’un trafic d’organe impliquant Sandro Rosell, l’ancien boss du Barça.
  • Lundi, El Confidencial révélait qu’un rapport de l’Institut espagnol de toxicologie concluait sur l’absence de lien de parenté entre Abidal et Armand.

Le rapport envoyé au tribunal qui enquête sur la greffe de foie reçue par Eric Abidal n’élucide pas s’il y a un lien de parenté avec le donneur, car les preuves sont « incomplètes », selon la défense de l’ancien président du Barça Sandro Rosell. Eric Abidal, Sandro Rosell et l’ancien dirigeant du Barça Juan José Castillo sont visés par une enquête pour des irrégularités présumées autour de la greffe de foie qui l’avait sauvé d’une tumeur en 2012, et un soupçon d’achat d’organe illégal.

Le cabinet de l’avocat Pau Molins, qui défend Rosell, a affirmé mardi à l’AFP que le rapport ne se prononce pas sur un éventuel lien de parenté entre Abidal et son donneur Gérard Armand, et qu’il lui faudrait pour ce faire mener des examens supplémentaires. Si aucun lien de parenté n’est établi à l’issue de ces examens, cela accréditerait l’hypothèse d’un achat illégal d’organe, dont Rosell s’est toujours défendu.

L’avocat de Rosell contre-attaque

Lundi, le média espagnol El Confidencial a affirmé que l’Institut espagnol de toxicologie « n’a pas pu prouver que l’ancien joueur du FC Barcelone Eric Abidal et son supposé cousin qui lui a donné une partie de son foie en 2012, Gérard Armand, sont de la même famille ». « Les examens réalisés à cet effet sont incomplets, et le tribunal pourrait en exiger de nouveaux, comme le suggère l’Institut national de toxicologie lui-même », a affirmé le cabinet d’avocats dans un communiqué transmis à l’AFP clamant une nouvelle fois l’innocence de l’ancien président du Barça (2010-2014).

« Si ce tribunal désire obtenir des résultats concluants pour son enquête, il devrait demander à ce que soient prélevés des échantillons biologiques des deux géniteurs de M. Armand ainsi que des deux géniteurs de M. Abidal, s’ils sont disponibles, ou au moins des éventuels frères et/ou sœurs biologiques », ajoute le rapport. Ainsi, d’après le cabinet d’avocats de Pau Molins, « on ne peut affirmer, comme l’ont fait certains médias de manière infondée et injuste, et qui se contredisent quand on leur montre le rapport, que messieurs Armand et Abidal n’ont un quelconque lien de parenté ».

Gérard Armand n’a plus confiance en Abidal

Contacté par Le Parisien, Armand Gérard a de son côté affirmé être le cousin germain d’Abidal. « Son père est le frère de ma mère, et j’avais amené l’acte de naissance pour le prouver quand j’avais été convoqué à Barcelone au tribunal », a-t-il assuré à nos confrères. Ce qui ne l’empêche pas, comme nous vous le relations lundi, de douter de plus en plus qu’une partie de foie a bien servi à l’ancien Lyonnais.

« Je n’ai pas eu de nouvelles [d’Abidal] depuis quatre ans, raconte-t-il. Quand l’affaire était sortie, on s’était embrouillés. Je lui avais dit que ce n’était pas un homme. Depuis, plus rien. (…) Je ne vais pas vous mentir, je savais qu’on allait en arriver là. Depuis le début, c’est louche cette histoire. Je me suis dit, plus cette affaire prend du temps, plus c’est bizarre. Ça fait quatre ans que ça dure quand même. Là, je m’inquiète. Et je n’ai plus du tout confiance en lui. »

Pour rappel, les doutes sur un éventuel recours à un trafic d’organe proviennent d’appels téléphoniques entre Rosell et un interlocuteur inconnu enregistré dans le répertoire de l’ex-président sous le nom de « Juanjo », interceptés par la police en avril 2017. Transmis à la justice, ils ont donné lieu à l’ouverture d’une enquête pour présomption de trafic d’organe. « M. Rosell n’a participé ou n’est intervenu de quelconque manière dans la gestion de la greffe de M. Abidal », ont insisté, mardi, ses avocats.