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« Ce n'est pas le même vestiaire à Strasbourg et à l’OM », rit Lucas Perrin

Ligue 1 : « Ce n'est pas du tout le même vestiaire au RC Strasbourg et à l’OM », sourit Lucas Perrin

INTERVIEWArrivé cet été en Alsace après avoir été formé à l'Olympique de Marseille, Lucas Perrin s'est parfaitement acclimaté au RC Strasbourg. Où il est l'ambianceur en chef du groupe...
Propos recueillis par Thibaut Gagnepain (avec Flavie Weil)

Propos recueillis par Thibaut Gagnepain (avec Flavie Weil)

L'essentiel

  • Impérial depuis quelques semaines au sein de la défense du RC Strasbourg, Lucas Perrin est aussi très apprécié dans le vestiaire.
  • Le Marseillais de naissance, prêté par l’OM, est l’un des animateurs du groupe alsacien. Peut-être même le joueur le plus chambreur.
  • Comment devient-on l’animateur de l’équipe ? Quelle musique met-il ? Qui joue et à quel jeu ? Lucas Perrin a accordé une interview très sympa à 20 Minutes.

La voiture de Lucas Perrin se reconnaît facilement. Sur le parking du stade de la Meinau, sa plaque d’immatriculation, avec le département des Bouches-du-Rhône (13), est rare. Comme la couleur du véhicule : bleu azur. Plutôt celui de l'OM que du Racing pour le Marseillais pur jus, prêté cet été au club alsacien après vingt-deux premières années sur la Canebière.

« Je voulais une autre couleur mais il ne restait plus que ça ! Mais au moins ça correspond aux couleurs de Strasbourg. Enfin, quand je suis arrivé, on m’a charrié parce qu’on me disait que c’étaient les couleurs de Marseille », rigole le défenseur, devenu un titulaire en puissance pour son entraîneur Julien Stéphan. Le Minot est en pleine bourre depuis plusieurs mois et a signé dimanche dernier à Saint-Etienne une superbe « Papinade ». Lui dont l’état d’esprit joyeux et chambreur est régulièrement loué. Entretien pour 20 Minutes avec l’ambianceur n°1 du vestiaire strasbourgeois.

Quel but ! Vous en êtes-vous remis depuis ?

C’est l’instinct du buteur ! J’ai eu le réflexe de mettre le pied et elle finit au fond des filets. C’est bizarre car mon meilleur pied, c’est la tête ! J’ai regardé la vidéo pas mal de fois depuis, je l’ai partagé un peu partout sur les réseaux sociaux. J’espère en marquer d’autres cette saison !

Mais vous aviez déjà réussi un geste comme ça ?

J’en avais déjà mis un comme celui-là mais à l’entraînement. Et la veille du match à Saint-Etienne (2-2), Dimitri Lienard m’envoie un ballon, presque la même volée mais je la mets derrière l’autre terrain, très loin.

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Avez-vous été chambré depuis ? Vous qui n’êtes pas le dernier à taquiner…

Le jour du match à table, j’ai fait un pari avec Frédéric Guilbert (le latéral droit du Racing). On se demandait qui de nous deux marquerait en premier cette saison. Ce qui est amusant, c’est qu’il m’a fait la passe décisive. Forcément, je me suis fait chambrer par tout le monde ! Et Fred me doit un bon petit restau maintenant…

Quel est votre nouveau défi alors ? Un triplé ?

Si je le plante, je crois qu’on finit champion cette saison (il se marre). Mais j’aimerais essayer de remettre un deuxième but, voire un troisième. Si j’y arrive, ils vont m’entendre dans le vestiaire !

Vous êtes souvent décrit comme « l’ambianceur » du groupe. Comment cela se matérialise-t-il ?

Je suis très sociable, je n’aime pas rester dans mon coin. Quand j’étais à Marseille, ce n’était pas pareil, il y avait plus de conflits entre guillemets. Et puis, dans le vestiaire de l’OM, je ne pouvais pas me permettre de chambrer des Payet, Mandanda, Thauvin alors que je venais à peine d’arriver ! On se fait petit et crescendo, on est plus à l’aise. J’ai attendu sept ou huit mois avant d’être vraiment à l’aise. Ce ne sont pas du tout les mêmes vestiaires à Strasbourg et à l’OM. Mais j’aime chambrer et ici, ils ne sont pas du tout susceptibles. Heureusement !

C’est vous qui chambrez le plus ?

Non, je vais citer Dimitri Payet par exemple à Marseille. Il chambrait tout le monde. Je restais souvent avec lui, ça me faisait beaucoup rire donc c’est devenu une habitude. J’ai mes cibles aussi à Strasbourg. Mais quand je fais une connerie, en retour, on ne me loupe pas !

As-tu des cibles privilégiées à Strasbourg ?

Tout le monde le prend bien, il y a une bonne ambiance dans le groupe. Mais j’aime bien chambrer Dimitri Lienard, Kevin Gameiro, Ludovic Ajorque et Adrien Thomasson. Dans le vestiaire, je suis à côté d’eux, on est une petite bande, un petit quatuor. Donc forcément, ce sont eux qui en prennent le plus. Je réagis plutôt dans l’instant. Mais attention, je ne suis pas un clown !

Que fait-on d’autre lorsque l’on est « l’ambianceur » ? Gérez-vous aussi la musique ?

C’est moi le DJ. Dans l’avion, quand on gagne, c’est la boîte de nuit, tout le monde met son son ! Mais le jour du match, c’est moi qui gère la musique dans le vestiaire. Il y en a pour tous les goûts, tous les pays et tous les âges. J’ai de tout parce que quand je propose de la musique récente, certaines personnes me disent de mettre plus ancien. Lorsque j’ai mis du Tragédie, j’ai juste écouté les ordres. Et je vois que le coach est content avec de l’ancien (Julien Stéphan passe à côté de lui à ce moment-là). Mais j’ai aussi déjà envoyé Qui est l’exemple de Rohff, du September, du boogie etc.

Est-ce que vous êtes aussi organisateur de sorties ?

Non, on n’en fait pas souvent. Mais si on fait un restau pour voir un match de Ligue des Champions, ce n’est pas moi qui gère. Ce sont plus les anciens qui prennent ces initiatives.

Avoir un bon état d’esprit peut aussi se traduire par aller voir un joueur quand il va un peu moins bien, quand il est énervé. Avez-vous aussi ce rôle ?

Quand on voit qu’une personne ne va pas bien, le message est vite passé dans le vestiaire et naturellement, les joueurs vont le soutenir. Mais c’est toute l’équipe, pas moi en particulier. Et je n’ai pas vu beaucoup de conflits pour l’instant. Quand il y en a, c’est entre certains joueurs, alors je ne m’en mêle pas. Je préfère sortir la connerie quand il faut, ça calme les histoires.

Vous dites qu’il y a peu de conflits. Avez-vous déjà connu un vestiaire si sympa et une si bonne ambiance ?

Ce n’est pas du tout la même ambiance. A l’OM, on se chambrait aussi mais c’était plus calme, plus tranquille. A Strasbourg, on joue beaucoup aux cartes, on danse, on chante, on rigole avec les kinés…

Mi-décembre, Lucas Perrin avait retrouvé son club formateur, l'OM.
Mi-décembre, Lucas Perrin avait retrouvé son club formateur, l'OM. - SEBASTIEN BOZON / AFP

Êtes-vous alors aussi joueur de cartes ?

Oui, beaucoup à la « contrée ». Je crois qu’en Alsace, on appelle ça la « coinche ». C’est un peu comme la belote. On joue sur le téléphone dans l’avion ou avec des cartes. Lienard, Thomasson, Guilbert, Djiku et moi, on est des adeptes. Sinon on joue aussi au « Perudo », un jeu de probabilité, de hasard et d’estimation. Ou encore le « Uno » ou le « 8 américain ».

Qui est le plus nul ?

Je débute mais j’apprends vite. Je ne vais pas me mettre dans le lot. Je ne vais pas citer de noms, je ne veux pas de problèmes !

Son option d’achat bientôt levée ?

Arrivé dans l’anonymat et avec seulement 11 petits matchs de Ligue 1 à son actif, Lucas Perrin s’est depuis imposé au RC Strasbourg. Avec la blessure de Maxime Le Marchand, le joueur prêté par l’OM joue et enchaîne les belles performances. Bien loin des premiers pas timides comme, au Parc des Princes en août, où il avait sombré. « Je suis monté avec beaucoup d’appréhension et ça s’est vu sur mes performances au début de saison. Mais au fil du temps avec la confiance du coach, de tout le staff et de mes coéquipiers, j’ai réussi à progresser », explique aujourd’hui le défenseur, visiblement épanoui.

La question de la poursuite de sa carrière en Alsace va bientôt se poser. Le Marseillais de naissance, prêté avec option d’achat par l’OM (1,5 million d’euros) pourrait s’installer durablement au Racing. « J’attends que le club fasse les démarches, ce n’est pas moi qui gère, qu’on contacte mon agent et qu’il y ait des discussions entre l’OM et Strasbourg, dit-il. Je pense qu’on a des bons trucs à vivre jusqu’à la fin de saison. Donc je préfère rester concentrer là-dessus que sur le contrat… »