Jean-Pierre Papin: «Je regarde mon Ballon d’Or tous les jours sur la table du salon»

Propos recueuillis par Romain Scotto
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Jean-Pierre Papin (au centre), avec son Ballon d'Or, au milieu de Raymond Kopa et Michel Platini (à droite), sur le plateau de téléfoot en 1991.
Jean-Pierre Papin (au centre), avec son Ballon d'Or, au milieu de Raymond Kopa et Michel Platini (à droite), sur le plateau de téléfoot en 1991. — CHEVALIN/TF1/SIPA

Il est l’un des quatre Français (avec Kopa, Platini et Zidane) à avoir un jour soulevé le Ballon d’Or. Meilleur joueur du monde en 1991, l’année de la finale de Coupe d’Europe des clubs champions perdue par l’OM contre l’Etoile Rouge, JPP parle de ce trophée comme le plus beau souvenir de sa carrière. Mais au quotidien, cela n’a pas pour autant changé sa vie…

Est-ce qu’un Ballon d’Or change la vie d’un joueur de foot?

Non. Pas du tout. Par contre, tout le monde vous le rappelle par la suite. Toute la vie, cela vous suit. C’est un titre individuel et c’est plus honorifique qu’autre chose. C’est une fois dans une vie (ndlr: en l’occurrence pas pour certains récompensés à plusieurs reprises). On est meilleur joueur du monde. C’est fabuleux, mais ça ne change rien, la vie continue et il faut être tout le temps aussi bon.

Est-ce la plus grande fierté de votre carrière?

(Il réfléchit) Euh... Je vais partir du principe que c’est le plus prestigieux des trophées après la Coupe du monde. Voilà. Je pense que c’est le moment le plus fort de ma carrière. Mais il ne faut pas oublier que Ballon d’Or, tu ne l’as pas seul. Si tu n’as pas une équipe très forte, capable de tout gagner, tu ne l’auras pas. C’est un trophée individuel qui résulte d’un collectif.

Le regard des autres joueurs change-t-il?

C’est possible. Sincèrement, oui, au club, ils étaient aussi fiers que moi. Je pense qu’il y avait peut-être un peu plus de respect. On n’est pas beaucoup à avoir ce trophée, une cinquantaine peut-être (ndlr: 43). Tu fais partie du gotha du football international. D’ailleurs, la première chose que j’ai faite quand j’ai reçu le bouquin des cinquante ans du Ballon d’Or, à la soirée, c’est de faire signer tous les lauréats.

L’impact médiatique semble plus important aujourd’hui…

Aujourd’hui, c’est plus pareil qu’avant. A mon époque, il était élu par les journalistes. Ce n’était pas si important que ça. Parce qu’aujourd’hui, ce sont les entraîneurs et les joueurs qui votent (ndlr: les journalistes composent le troisième collège du jury). Médiatiquement ça n’a rien à voir. Tout est différent. Aujourd’hui, c’est encore plus exceptionnel. Là, on récompense vraiment le meilleur joueur du monde. A mon époque, ce n’était que les Européens. Ça a pris une autre envergure. Même si pour moi ça reste quelque chose de glorifiant.

Où le rangez-vous?

Chez moi, je le vois tous les jours sur la table du salon, devant moi, juste pour me rappeler que j’ai été Ballon d’Or.

Croyez-vous que Franck Ribéry a une chance de le soulever cette année?

J’aimerais franchement parce qu’il l’a mérité tout au long de la saison. Le problème, c’est que les règles ont changé. Et depuis, Ronaldo a été exceptionnel. Moi je trouve que les règles ne sont pas définies correctement. On a accordé un délai au jury pour se prononcer. Voilà. Sincèrement je pense que Cristiano Ronaldo va l’avoir, mais Franck Ribéry aurait mérité de l’avoir avant.