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Grâce à sa « patte chaude », Dimitri Liénard ravit encore le RC Strasbourg

RC Strasbourg : Grâce à sa « patte chaude » contre le FC Nantes, Dimitri Liénard ravit toujours le Racing

LIGUE 1« Le paysan de Belfort » comme il aime se surnommer a inscrit l'unique but du match contre Nantes (1-0)
Thibaut Gagnepain

Thibaut Gagnepain

L'essentiel

  • Le RC Strasbourg s’est imposé face au Nantes (1-0) ce dimanche pour la 23e journée de Ligue 1.
  • L’unique buteur du jour se nomme Dimitri Liénard, 33 ans. Pour sa 9e saison au sein du club alsacien, le natif de Belfort a encore de beaux restes.
  • « J’avais la patte chaude sur les coups de pied arrêtés et Jean-Marc (Kuentz, l’un des entraîneurs adjoints) m’avait dit que ce serait bien que je marque ce week-end », rigole-t-il.

Au stade de la Meinau,

Soudain, la Meinau a retenu son souffle. On jouait la 73e minute et, sur un centre anodin, Fabio venait de salement rater son dégagement. Et qui arrivait plein axe, juste après le malheureux défenseur nantais ? Dimitri Liénard bien sûr ! L’homme au pied gauche magique, celui qui avait terrassé Lyon un soir de mai 2018 d’un magnifique coup franc désormais légendaire.

Cette fois, le geste restera peut-être dans moins de mémoires. Mais moins d’une seconde plus tard, le capitaine du RC Strasbourg envoyait un missile sous la barre d’Alban Lafont (1-0, score final). Tout en puissance. « Après l’erreur du défenseur, j’ai vu le ballon arriver et j’ai pris le temps de bien contrôler », précise l’intéressé, qui se sait capable des pires « saucisses » parfois. Enfin, pas ce dimanche. Ça ne pouvait pas lui arriver face à un tel adversaire, sa victime favorite en Ligue 1.

« J’avais déjà marqué l’an dernier à Nantes et ici il y a deux ans, d’une frappe croisée à ras de terre », rappelle le joueur avec une bonne mémoire. Et puis la semaine d’entraînement lui avait donné confiance. « J’avais la patte chaude sur les coups de pied arrêtés et Jean-Marc (Kuentz, l’un des entraîneurs adjoints) m’avait dit que ce serait bien que je marque ce week-end », rigole-t-il. « C’est pour ça que je suis allé le voir après le but. »

Pendant ce temps-là, le mur chantait encore à la gloire de celui qui aime se surnommer « le paysan de Belfort ». Aussi bien en référence à son enfance dans le village voisin d’Évette-Salbert qu’à son parcours cabossé. L’histoire est maintenant connue : avant de se révéler en Alsace, Dimitri Liénard a longtemps joué dans les divisions de foot amateur. Une période pendant laquelle il travaillait, la semaine, au supermarché.

« Si on rêve, on va se casser la gueule »

Depuis son arrivée en 2013 au Racing, le Franc-Comtois n’a jamais renié son particularisme. Dans un monde pro assez codifié et fermé, il détonne avec sa simplicité et son franc-parler. Comme encore ce dimanche quand il évoquait la suite de la saison pour ce Racing qui occupe la 4e place de Ligue 1 après 23 journées. Les Strasbourgeois peuvent-ils maintenant penser à une qualification en coupe d'Europe à la fin du championnat ?

« Si on rêve, on va se casser la gueule », répondait-il avec naturel. « Si on veut continuer à kiffer, il ne faut pas se prendre pour des autres. Il n’y a pas de stars à Strasbourg, tout le monde doit répondre présent. C’est à nous, les anciens, de le rappeler. » Lui a une voix qui porte un peu plus que les autres. Cette saison, Julien Stéphan a choisi de le nommer capitaine.

« Dimitri, c’est le premier joueur que j’ai appelé quand je suis arrivé, il fait partie des leaders et incarne les valeurs du club et de la région », rappelle l’entraîneur alsacien. « On a beaucoup échangé. On a un deal avec Dim' : il a le brassard mais ça n’implique pas une présence permanente sur le terrain. »

Cette saison, l’ancien milieu a même été reconverti piston gauche, où il semble s’éclater. « Ce qu’on vit cette saison est extraordinaire », savoure le n°11 bleu, à qui il restera un an de contrat en juin. La Meinau n’a pas fini de retenir son souffle…