Ligue des champions : Et si Lyon coiffait encore sur le fil Marseille dans la course à la qualification ?

FOOTBALL L’OL a réussi un gros coup mardi en recollant à six points de son rival marseillais (3e). Un scénario qui pourrait rappeler le passionnant sprint à la C1 de la saison 2017-2018

Jérémy Laugier
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Lopes, Dubois, Lukeba et Boateng se félicitent, après leur succès crucial mardi face à l'OM.
Lopes, Dubois, Lukeba et Boateng se félicitent, après leur succès crucial mardi face à l'OM. — Laurent Cipriani/AP/SIPA
  • Lâché dans la course à l’Europe il y a quelques semaines, l’OL vient de remonter à la 7e place mardi soir, grâce à un succès inespéré face à l’OM (2-1).
  • Revoilà les Lyonnais complètement dans le coup, à six points du podium et donc de leur rival marseillais, qui a manqué une occasion de les sortir de la course à la Ligue des champions.
  • 20 Minutes se penche sur les principales raisons de croire en une fin de saison en boulet de canon côté lyonnais.

Au Parc OL,

Lorsque Moussa Dembélé a signé mardi son tour de passe-passe laissant Jorge Sampaoli et tout l’OM pantois (2-1, 89e), on a immédiatement songé à l’incroyable  coup de tête au buzzer de Memphis Depay, climatisant quatre ans plus tôt le Vélodrome avec son arcade ouverte (2-3, 90e). A l’époque,  l’OL pouvait se retrouver en cas de revers à huit points de son rival marseillais (3e), soit un gouffre à huit journées de la fin. Au terme d’un énorme sprint final, le Lyon de Bruno Genesio avait finalement accroché à l’arrache la qualif pour la C1 deux mois plus tard.

Mardi, pendant plus d’une heure à 0-1, les Lyonnais pointaient virtuellement à 12 points de Marseillais (2es) sûrs de leur force. A 16 matchs de la fin, cela aurait quasiment pu officialiser une troisième saison consécutive sans Ligue des champions pour le club de Jean-Michel Aulas. Les buts de Xherdan Shaqiri (1-1, 76e) et Moussa Dembélé (2-1, 89e) ont totalement relancé l’OL (passé de 11e à 7e) dans la course à la C1, avec seulement six points à combler sur les partenaires de Dimitri Payet. Même dans la douleur, les Lyonnais viennent d’enchaîner pour la première fois de la saison trois victoires de rang. Voilà quatre raisons qui laissent penser qu’ils pourraient refaire le coup à l’OM d’ici fin mai.

Lyon toujours roi des sorties de crise

Les entraîneurs et les joueurs passent, mais l’ADN lyonnais de savoir réagir dos au mur est toujours bien présent. Preuve en sont ces succès étriqués en ce début d’année (grâce à un penalty de Dembélé) contre les mal classés Troyes et Saint-Etienne (1-0), tout comme ce renversement inattendu de mardi à huis clos face à l’OM.

« Ce que l’équipe a fait aujourd’hui est incroyable, malgré tous les absents, s’enthousiasme Xherdan Shaqiri. C’était difficile car plusieurs joueurs n’évoluaient pas à leur position habituelle. C’est une victoire vraiment importante qu’on a complètement méritée. Je suis très fier de mes coéquipiers. » On comprend son enflammade au vu de l’intensité collective affichée dans la dernière demi-heure, malgré l’adversité. Grandement menacé à Noël, Peter Bosz tient bon et a donc su impulser, parfois en semblant renier sa philosophie de jeu, une série de victoires inédite cette saison.

Peter Bosz, ici le 9 janvier lors du nul (1-1) obtenu contre le PSG.
Peter Bosz, ici le 9 janvier lors du nul (1-1) obtenu contre le PSG. - Just Pictures/Sipa USA/SIPA

Enfin une fin de match qui tourne dans le bon sens

Pour la première fois depuis l’été dernier, l’OL a su enrayer sa lose semblant  chronique dans les fins de matchs, avec au total « 12 points perdus » dans le money time selon Peter Bosz (évidemment à Nice de 0-2 à 3-2, mais aussi Clermont, le derby aller, le PSG…). Autant dire que les scènes de liesse mardi soir ont été à la hauteur du signe indien vaincu. « Ça fait du bien car d’habitude, c’est l’inverse cette saison, reconnaît Anthony Lopes. Ça montre qu’on a une grosse force de caractère dans cette équipe. » On peut encore en douter, surtout avec la perte d’un élément clé dans ce registre comme Bruno Guimaraes, mais Peter Bosz voit lui aussi un signe dans l’enthousiasmant finish de cet « Olympico ».

 « Je suis depuis longtemps dans le football, et après ce qu’on a vu sur les six premiers mois, avec un point en moins [après le jet de bouteille sur Payet], notre élimination [sur tapis vert] en Coupe de France, des rencontres perdues au dernier moment, je me doutais bien que ça allait tourner en notre faveur pour un match comme aujourd’hui, et c’est super. »
 

D’autant que, pour la première fois, l’ancien coach de l’Ajax et du Bayer Leverkusen a réalisé un coup tactique payant en pleine rencontre, en changeant de système à la pause (d’un 3-4-3 à un 4-4-2/4-3-3). Lyon a alors totalement changé de visage, et encore plus avec l’entrée en jeu décisive de Moussa Dembélé.


Un renversement d'« Olympico », un possible « déclic » comme en 2018

Anthony Lopes et les Lyonnais savaient ce match « déterminant » et ils n’ont pas été loin de livrer leur séquence la plus généreuse de la saison durant la dernière demi-heure, surtout au vu du contexte contraire. « Le discours du coach a fait la différence à la mi-temps, révèle le gardien de l’OL. On les avait un peu trop laissés jouer en première période et là, nous sommes allés les chercher plus haut. »

Peter Bosz nous en dit plus sur ce fameux discours, qui était avant tout d’ordre tactique donc : « On a essayé de fragiliser les Marseillais avec des courses dans le dos de leur défense, c’était la clé du match. » Malo Gusto, qui s’en est donné à cœur joie dans la zone de Luan Peres, savoure les bienfaits d’un tel succès dans le vestiaire.

 « A 0-1, on savait qu’on avait tout pour revenir dans ce match et on a essayé de ne rien lâcher. Battre Marseille, ça va nous booster. Cette victoire nous relance mentalement en championnat. On a quand même été bien touchés par notre position au classement. Ce n’est pas là qu’on doit être et on a eu un petit déclic pour pouvoir remonter. »
 

Une prise de conscience qui semble (enfin) contagieuse, à en croire Xherdan Shaqiri : « On a cru en nous jusqu’au bout. Tout le monde voulait vraiment aller chercher la victoire, c’était la clé. Notre gestion du match était incroyable. C’était bien sûr difficile en première période, mais personne n’a baissé la tête dans le vestiaire à la pause. On croit en chacun d’entre nous. »

Xherdan Shaqiri s'est enfin montré à son avantage sous le maillot lyonnais, mardi face à l'OM. OLIVIER CHASSIGNOLE
Xherdan Shaqiri s'est enfin montré à son avantage sous le maillot lyonnais, mardi face à l'OM. OLIVIER CHASSIGNOLE - AFP

L’OL a de la réserve dans son effectif, à l’image du réveil de Shaqiri

Il a peut-être perdu mardi sa place sur le podium des recrues flops de l’été dernier. De moins en moins utilisé par Peter Bosz et le plus souvent à contretemps sous le maillot lyonnais (1 but et 2 passes décisives en 15 matchs jusque-là), Xherdan Shaqiri a parfaitement saisi cette opportunité de choc disputé avec une équipe A'. Après une entame à nouveau insipide, il s’est mué en sauveur avec un but de la tête, du haut de son 1,69 m, et une ouverture parfaite pour le but de la victoire de Moussa Dembélé.

« J’ai moi-même été surpris de mettre cette belle tête, vous ne verrez pas ça tous les jours, s’amuse l’ancien joueur de Liverpool. Un footballeur a toujours des hauts et des bas mais vous avez vu ce soir que je pouvais être décisif. » Et ce réveil inespéré ne pouvait pas mieux tomber tant Lyon était dos au mur mardi. « On compte sur tout le monde », souligne à ce propos Anthony Lopes.

Ici face à Kylian Mbappé en L1, Tanguy Ndombele évoluait sous le maillot lyonnais lors de la saison 2017-2018, à l'issue de laquelle l'OL avait coiffé l'OM dans la course à la C1.
Ici face à Kylian Mbappé en L1, Tanguy Ndombele évoluait sous le maillot lyonnais lors de la saison 2017-2018, à l'issue de laquelle l'OL avait coiffé l'OM dans la course à la C1. - CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Ajoutez à un Shaqiri retrouvé, et surtout au prochain retour des Paqueta, Toko Ekambi, Aouar et Kadewere, l’indéniable qualité des recrues hivernales Tanguy Ndombele et Romain Faivre. Vous comprendrez alors pourquoi cet OL n’a sans doute plus le profil de l’équipe moribonde qui végétait en milieu de tableau au début de l’hiver. Reste à valider ça en février, avec quatre tournants enchaînés contre des concurrents directs (Monaco, Nice, Lens et Lille). « On se doit d’aller chercher une place pour cette Coupe d'Europe qu’on aime tant », martèle inlassablement Anthony Lopes. Un vœu pieux qui résonne à tous les étages de l’OL depuis déjà deux ans.