Allemagne – Portugal : C’était quoi le plan du jeu des Portugais au fait, on n’a pas bien compris ?

FOOTBALL Les hommes de Fernando Santos ont semblé totalement perdus, samedi à Munich, malgré l’ouverture du score de CR7 en tout début de rencontre

Aymeric Le Gall

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Le débrief masqué d'Allemagne-Portugal (4-2) — 20 Minutes
  • Le Portugal est tombé de haut, samedi à Munich, après sa défaite 4 à 2 face à l’Allemagne lors de la deuxième journée du groupe F.
  • Malgré l’ouverture du score rapide de CR7, on n’a pas vraiment compris là où Ferndando Santos, le sélectionneur portugais, avait voulu en venir.

De notre envoyé spécial à Munich,

En voyant les réactions de dépit de certains de nos potes/confrères après la rouste reçue par leur sélection portugaise face à l’Allemagne, samedi, à l’Allianz Arena, on se dit qu’il ne faudrait pas beaucoup pousser pour que le divorce soit définitivement consommé entre les fans de la Seleção et leur sélectionneur Fernando Santos, quand bien même celui-ci a-t-il ramené au pays son premier titre de l’histoire en 2016. Le football ne s’embarrasse que très rarement des affaires de sentiments, c’est bien connu.

Et puis il faut bien dire ce qui est, son plan de jeu samedi était au moins aussi illisible qu’une ordonnance de médecin rédigée avec un bandeau sur les yeux. Après le match, celui-ci s’est d’ailleurs montré plus fataliste que déçu, comme si c’était parfaitement normal que son équipe championne d’Europe en titre se fasse ouvrir de partout par une Mannschaft en quête de rebond.

« L’Allemagne est l’une des meilleures sélections du monde et je ne sais pas quelle équipe peut venir ici et penser qu’elle va gagner [on lui dit ou pas ?] », a-t-il lâché au micro de la télévision portugaise TVI24. On a connu discours plus ambitieux pour remobiliser ses troupes, vous en conviendrez, surtout de la part d’un sélectionneur qui a à sa disposition l’un des effectifs les plus clinquants de cet Euro 2021. En regardant les noms couchés sur la feuille par Fernando Santos dans toutes les lignes, franchement, il y a de quoi bricoler. Le problème, c’est qu’on n’a pas bien compris ce que le bonhomme avait voulu mettre en place avec ses joueurs samedi.

Une défense en perdition, Semedo en capitaine du naufrage

Pris à la gorge d’entrée, les coéquipiers de Cristiano Ronaldo ont semblé totalement perdu sur le terrain, enchaînant approximations techniques et mauvais choix dans les transmissions, hormis sur ce contre de classe à l’origine de l’ouverture du score de CR7. Avant et après ça, en revanche, rien, black-out total. « On a bien commencé en marquant le premier but mais l’Allemagne était supérieure, a déclaré Bruno Fernandes en zone mixte. On a ressenti beaucoup de difficultés et on n’a jamais pu maîtriser le jeu ».

A défaut de faire le jeu, avec un but d’avance, on se disait au moins que le Portugal allait essayer de s’appuyer sur sa solide défense, avec notamment l’excellent Ruben Dias, irréprochable cette saison du côté de City. Mais c’est principalement dans ce domaine que les bourreaux des Bleus en 2016​ ont sombré, à l’image d’un Nelson Semedo complètement dépassé par Robin Gosens tout au long de la rencontre. « On a perdu l’Euro dès le forfait [pour cause de Covid] de Cancelo », nous a d’ailleurs glissé l’ami William Pereira, docteur es Portugal du service des sports de 20 Minutes, depuis son airbnb de Budapest.

Réaction attendue face à la France

Les deux premiers buts allemands sont d’ailleurs venus de son côté (les deux suivants aussi en fait). Et si Fernando Santos n’a pas ardemment défendu l’ancien latéral du Barça - « Quand le latéral gauche adverse est systématiquement en situation de faire ce qu’il a fait, c’est que quelque chose ne va pas » – c’est bien lui qui a attendu de prendre un troisième pion au retour des vestiaires pour demander à Renato Sanches (entré à la pause à la place de Bernardo Silva) si, éventuellement, il ne voulait pas venir donner un coup de main à son petit camarade en perdition. Pour un résultat tout aussi désastreux : « On a changé de stratégie mais on a pris le quatrième but de la même manière ». Il y a des jours, comme ça…

La réduction de l’écart au score de Diogo Jota, suivi par un scud de Sanches sur le poteau en fin de match, aurait pu redonner un peu d’espoir à cette équipe, mais le cœur n’y était pas de toute façon. Après un premier match déjà pas bien palpitant sur le plan jeu, si l’on met de côté les dix dernières minutes de qualité qui leur ont permis de claquer trois buts aux Hongrois, les Portugais s’avancent donc vers « la finale contre la France », dixit Jota, avec trop peu de certitudes et beaucoup de questions en suspens. C’est peu ou prou la même chose pour les Bleus après le match contre la Hongrie​, au moins il n’y aura pas de jaloux.