Allemagne – Portugal : La Mannschasft tord une faible Seleção et relance totalement le groupe F

FOOTBALL Mal embarqués après l’ouverture du score de CR7 en début de match, samedi à l’Allianz Arena, les Allemands n’ont ensuite fait qu’une bouchée d’une sélection portugaise bien fragile

Aymeric Le Gall

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Robin Gosens a (presque) tordu le Portugal à lui tout seul samedi.
Robin Gosens a (presque) tordu le Portugal à lui tout seul samedi. — CHRISTOF STACHE / POOL / AFP

De notre envoyé spécial à l'Allianz Arena, 

Au pied du mur après sa défaite inaugurale face à l’équipe de France, la Mannschaft a régalé son public et s’est totalement relancée dans cet Euro après sa victoire (4-2), propre et nette, face à une Seleção beaucoup trop friable derrière. Pour tout vous dire, on a pris un pied phénoménal devant ce qui est, pour l’heure, le match le plus sexy de ce début d’Euro. Et tant pis si ce résultat ne fait pas forcément les affaires des Bleus, qui devront éviter de se rater mercredi prochain à Budapest face à des Portugais assurément revanchards.

L’Allemagne sexy mais l’Allemagne refroidie. Battus pas les Bleus dans ce même stade de Munich, les Allemands n’avaient probablement pas eu besoin de connaître le piètre résultat de l’équipe de France face à la Hongrie, quelques heures plus tôt, samedi, pour trouver des motifs de motivation avant d’affronter le Portugal. Il n’empêche, le 1-1 concédé par la bande à Deschamps a peut-être donné un surplus de gnac à la Mannschaft.

Dès le coup d’envoi, en tout cas, les hommes de Joachim Löw ont foncé tête baissée sur les cages de Rui Patricio et il s’en est fallu de quelques centimètres, une épaule de Gnabry hors jeu, pour que ceux-ci ouvrent le score sur une délicieuse volée « Mark Landesque » de Robin Gosens (5e). Les occasions chaudes se sont ensuite multipliées sur les buts de la Seleçao, sans que la réussite ne soit au rendez-vous (10e, 12e, 15e). Problème, à trop vouloir se ruer à l’attaque, surtout face à un Portugal qui ne fait pas de cadeau en contre, les Allemands se sont fait planter au terme d’une action de classe avec Bernardo Silva à la baguette, Diogo Jota à la remise et CR7 à la finition dans le but vide.

Gosens ignoré, Gosens ovationné. A ce moment-là, on ne donnait vraiment plus cher de l’épiderme germanique et il flottait comme un air de « par ici la sortie » dans une Allianz Arena refroidie malgré les 30° affichés au thermomètre. Oui mais non. Enfin, oui mais non car Gosens. En lévitation cette saison sur le flanc gauche de l’Atalanta Bergame (11 buts, 6 passes dé, rien que ça), l’auteur du coup de genou sur Pavard mardi dernier a dynamité une défense portugaise qui refusait visiblement de croire que la sanction viendrait de lui. Et pourtant. Magnifiquement trouvé par une transversale clinique de Kimmich, l’Allemand remettait délicieusement en une touche et trouvait Havertz pour le but de l’espoir (35e).

Robin Gosens a (presque) tordu le Portugal à lui tout seul samedi.
Robin Gosens a (presque) tordu le Portugal à lui tout seul samedi. - CHRISTOF STACHE / POOL / AFP

Quatre minutes plus tard, c’est encore d’un décalage de Rüdiger sur Gosens, totalement abandonné par la défense championne d’Europe en titre, que venait le but du 2-1 après un renversement et un centre de Kimmich détourné dans ses propres buts par Raphaël Guerreiro. Se faire prendre une fois passe. Se faire prendre deux fois, bon, allez, disons que ça peut arriver. Mais pas trois, tout de même. Ben si. A nouveau ignoré par un Neslon Semedo qui comprend vite mais à qui il faut expliquer longtemps, le latéral de l’Atalanta servait Havertz pour le but du break (51e). Et comme l’histoire ne pouvait se terminer autrement, l’Allemand (qui vaut désormais 80 plaques au bas mot, qu’on se le dise) y est allé de son petit but de la tête avant de sortir sous les vivats de l’Allianz Arena.

Un groupe F totalement relancé. D’un point de vue franco-français, une victoire portugaise samedi aurait arrangé les affaires des Bleus, alors quasi assurés de passer en 8es de finale. Mais en tant qu’amateur de football et de beau jeu – de justice, aussi, un peu – on ne peut qu’applaudir le résultat de cette Mannschaft retrouvée. Non pas qu’on l’avait véritablement perdue – le combat de titans face aux Bleus en témoigne – mais la voici désormais carrément en position de force avant d’affronter, mercredi, une Hongrie qui ne pourra plus compter sur le précieux soutien de son public puisque le match aura lieu à Munich. Du côté de Budapest, ce seront donc deux équipes en quête de rachat qui s’affronteront pour la victoire et s’éviter des calculs inutiles. Ce n’était pas forcément ce qu’on avait prévu, mais ça nous promet au moins un nouveau match frisson avant de penser aux 8es.