Hongrie - France : Des Bleus décevants tenus en échec dans la Bombonera de Budapest

FOOTBALL L'équipe de France a frôlé la catastrophe contre la Hongrie mais ne s'en sort qu'avec un match nul

William Pereira

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Hongrie-France : Le débrief du match nul des Bleus — 20 Minutes

De notre envoyé spécial à Budapest,

Le match le plus compliqué de cette phase de poule ne se cachait peut-être pas là où l’on croyait. Les Bleus se sont cassés les dents à Budapest contre la vaillante Hongrie, déjà passée tout près de l’exploit contre le Portugal. L’équipe de France a été tenue en échec 1-1 pour son deuxième match de l’Euro 2021, et regardera d’autant plus attentivement ce qu’il se passera, ce soir, entre le Portugal et l’Allemagne même si la qualification est d’ores et déjà quasiment assurée avec cette règle de meilleur troisième.

Les Bleus surpris par le rythme hongrois

Le vent change souvent de sens pendant un match de foot, mais il nous a fallu guère plus de deux minutes – le temps que Benjamin Pavard se retrouve au sol – pour comprendre que les Bleus s’apprêtaient à vivre un après-midi douloureux. Les Bleus ont éprouvé toutes les peines du monde à s’adapter au rythme imposé par leur adversaire, galvanis par une foulée surexcitée, et qui, à défaut de se montrer dangereux, annihilait toute tentative d’avancée des Français par un bon positionnement ou un engagement supérieur dans le premier impact. Il faudra attendre un bon quart d’heure et une belle combinaison entre Benzema, Digne, et Mbappé, dont la tête décroisée a frôlé le poteau de Gulasci (17e), pour voir les Bleus enfin dominer.

Benzema, le manque de confiance

Comme les Portugais en début de semaine, les hommes de Deschamps ont souvent joué à onze dans la moitié de terrain hongroise, avec Varane en premier relanceur, Kanté proche de la surface et Mbappé, Benzema et Grizou dans le grand rectangle. S’ils ont eu du mal à se balader entre les lignes resserrées, les Bleus ont tout de même réussi à se frayer un passage dans cet embouteillage digne des pires heures du périphérique. Mais la finition a pêché. On pense à Griezmann, et son incroyable raté (certes hors-jeu), et surtout à Karim Benzema, qui a gâché le travail formidable abattu en amont par Mbappé d’un tir qui suintait le manque de confiance (31e). Non, pour le moment, ce KB19 n’est pas celui du Real.

Fiola offre l’extase au peuple hongrois

Malheureusement pour l’équipe de France, l’ami Fiola s’est posé moins de questions à l’heure de se présenter seul devant Hugo Lloris dans les arrêts de jeu de la première période, après avoir enrhumé Benjamin Pavard – qui ne pouvait pas tenter le diable après avoir pris un jaune – et battu Varane à la course. Explosion dans le stade, hurlements de joie, chants, la totale. Le bruit vient majoritairement de la gauche, les tympans vibrent pendant que, côté français, tout le monde s’arrache les cheveux. Le pire, c’est que ce n’est pas tout à fait immérité : à la mi-temps, la Hongrie avait cadré un tir de plus que la France.

Kyky et Grizou, encore eux

Allez, après ça, renverser une équipe soutenue par des dizaines de milliers de voix dont l’écho résonne à chaque interception, à chaque dégagement, à chaque sauvetage de leurs protégés. Didier Deschamps a bien failli réussir son coup avec l’entrée d’Ousmane Dembélé à la place d’un Adrien Rabiot bien timide à la 56e minute : le joueur du Barça trouvera le poteau droit de la Hongrie après une première prise de balle emprunte de sa signature. Le salut des Bleus viendra finalement d’une contre-attaque à la suite d’un corner hongrois, comme pour nous dire une fois de plus que cette équipe ne sait marquer autrement. Opportuniste, Antoine Griezmann est venu terminer dans la surface un travail colossal abattu par Mbappé. Récupération, fixation, puis centre. Merci qui ? Merci Kyky.

Un peu courts physiquement ?

Après avoir paru si forts contre l’Allemagne, les champions du monde ont donné l’impression de n’avoir pas plus que l’égalisation dans les jambes. Moins talentueux, les Hongrois ont été plus tranchants jusqu’à la dernière seconde. Même N’Golo Kanté, d’habitude si souverain dans les déplacements et la débauche d’énergie a été dépassé par la vivacité des joueurs de Marco Rossi. Les Bleus ont-ils pâti des conditions climatiques ? Au bout du compte, ils s’en sortent avec un nul, mais ils ont quand même perdu quelque chose : une bonne partie des enseignements que l’on pensait avoir tirés de la victoire contre la Mannschaft.