Red Star-OL : Sur le synthé à l'ancienne de Bauer, les lyonnais ont joué à se faire peur

FOOTBALL Les hommes de Rudi Garcia se sont rendus le match et la qualif' compliqués, jeudi soir face au Red Star, alors qu'ils menaient tranquillement de deux buts à la pause

Aymeric Le Gall

— 

Le débrief express de Red Star-OL — 20 Minutes
  • L’OL s’est qualifié pour les quarts de la Coupe de France en battant le Red Star aux tirs au but.
  • Les Lyonnais menaient 2-0 avant de se faire remonter deux buts en seconde période, dont un magnifique sur coup franc signé Jimmy Roye.

Au stade Bauer,

Les Lyonnais nous l’avaient tout énervé avant le match, ils en ont remis une couche pendant, les sales gosses. Qualifié de justesse pour les quarts de finale de Coupe de France après la séance de tirs au but, les hommes de Rudi Garcia se sont fait très peur jeudi soir, après avoir mené de deux buts à la pause face au Red Star et s’être fait remonter comme des bleus en seconde période. « Normalement quand vous êtes une équipe de Ligue 1 et que vous menez 2-0 à la mi-temps contre une National, le match doit être terminé », marmonnait-il en conf avec le visage de celui qui n’aime pas brasser dans le vide.

Car quelques heures plus tôt, le coach lyonnais avait déjà dû monter au créneau pour dire tout le mal qu’il pensait de l’attitude de ses troupes avant ce huitième de finale de coupe. Troupes qu’il voyait déjà focalisées sur dimanche et la réception d’Angers, cruciale, il est vrai, dans le sprint final en Ligue 1. Et au vrai, l’ancien Marseillais n’avait pas tort. Ses joueurs sont entrés dans le match comme on allait chez le dentiste au Moyen-Age, en traînant les pieds, et ils peuvent remercier les Audoniens de leur avoir offert leurs deux buts sur un plateau.

Depay aurait dû tuer le match

Il ne suffisait plus alors qu’à mettre le troisième au retour des vestiaires, le café, l’addition et tout le monde rentre à la maison. Mais Depay a croqué l’offrande de Paqueta et tout est parti de travers. Rudi Garcia : « A l’arrivée on a fait le job mais on aurait dû mieux le faire. J’aurais aimé pouvoir coacher différemment en deuxième période si le score avait été de 3-0 comme il aurait dû l’être vers la 50e minute. Ça nous aurait évité du stress inutile. C’est là où le bât blesse. Malgré la qualité de l’adversaire, je pense que c’est surtout de notre faute. Quand on n’est pas assez tueur on se fait rejoindre ».

Jimmy Roye nettoie la lucarne de Pollersbeck pour le but du 2-2 jeudi soir.
Jimmy Roye nettoie la lucarne de Pollersbeck pour le but du 2-2 jeudi soir. - FRANCK FIFE / AFP

Le même goût amer dans la bouche de Maxence Caqueret. « Quand on mène deux zéro on n’a pas le droit de se faire peur comme ça, ce n’est pas normal, a-t-il soufflé. On s’est un peu arrêté de jouer, il y avait sûrement moins d’envie, mais le match n’était pas du tout plié et face à de bons joueurs comme ça, tu le payes. » Tout n’était pas non plus à jeter jeudi soir, à commencer par la belle performance de Lucas Paqueta, placé plus haut sur le terrain en l’absence de Kadewere (blessé), Slimani, Cornet et Toko Ekambi (sur le banc au coup d’envoi). « C’est vrai que ça a bien fonctionné, s’est félicité Garcia. Il était dans un rôle plus offensif en soutien de Memphis Depay. Mais de toute façon tout a l’air de lui aller. Il a marqué, il a fait marquer Depay, il lui a donné une balle de troisième but, c’est lui l’homme du match ».

Le synthé qui fait pitié

On n’oubliera pas non plus de citer Julian Pollersberck, le gardien allemand de l’OL​, décisif lors des tirs au but et qui ne disputait là que son deuxième match avec Lyon depuis son arrivée en provenance de Hambourg l’été dernier. Un gardien forcément encore un peu méconnu dans nos contrées et qui, à en croire Rudi Garcia, serait un monstre dans la discipline. « On était assez tranquilles au moment des tirs au but parce qu’avec Julian, on a vraiment un coup d’avance sur tout le monde aux tirs au but », a-t-il déclaré, à deux doigts de sortir les claquettes-chaussettes. Intrigué, on relance. Pollersbeck, un docteur es pénos ? « Je ne sais pas, en tout cas à l’entraînement c’est dur pour les joueurs de lui marquer un pénalty, il a une très grande envergure ».

Enfin, Rudi Garcia a eu une petite pensée pour les perdants du soir, obligé il est vrai de se farcir chaque semaine une pelouse synthétique tout juste bonne pour un tournoi de sixt de fin de saison. « Quand on voit les conditions dans lesquelles ils jouent toute la saison, ils sont méritants parce que c’est un terrain qui ne permet pas de jouer au football. C’est pas du football le synthétique. J’étais content de revoir le stade Bauer et cette équipe du Red Star, mais laisser jouer un quart de finale de Coupe de France là-dessus, je pense que c’est un manque de respect pour les joueurs professionnels qui peuvent se blesser. » Il n’y en a pas eu d’un côté ni de l’autre jeudi soir. Ce n’était finalement pas une si mauvaise soirée que ça pour les Gones.