Leipzig-PSG : « On ne doit pas continuer comme ça »… Les Parisiens au bord du gouffre en Ligue des champions

FOOTBALL Même s’il y avait de nombreux absents, les Parisiens n’ont pas montré de caractère pour gagner le match

Nicolas Camus

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Le PSG a été battu à Leipzig en Ligue des champions, le 4 novembre 2020.
Le PSG a été battu à Leipzig en Ligue des champions, le 4 novembre 2020. — Michael Sohn/AP/SIPA
  • Le PSG s’est incliné sur la pelouse de Leipzig mercredi soir (2-1) lors de la 3e journée de la Ligue des champions.
  • Les Parisiens, qui ont réalisé une très bonne entame, ont coulé après l’égalisation allemande survenue juste avant la mi-temps.
  • Même s’il y avait de nombreux absents, Paris va devoir montrer plus de caractère pour rebondir dans la compétition.

Evidemment, si Angel Di Maria avait eu la bonne idée de marquer son penalty pour donner deux buts d’avance au PSG au quart d’heure de jeu, on n’en serait peut-être pas là. Mais comme la vie n’est pas une uchronie, le constat, ce jeudi matin, est que les Parisiens ont perdu à Leipzig et qu’avec leurs trois petits points, ils se trouvent dans une bien mauvaise posture à l’issue de cette phase aller des poules.

« On ne va pas cesser d’y croire, tempère Thomas Tuchel. On peut encore retourner la situation, il va falloir gagner la confrontation directe avec Leipzig. » C’est vrai, malgré le pire départ en Ligue des champions depuis l’arrivée de QSI, tout n’est pas perdu, loin de là. Les Allemands, comme Manchester United, comptent six points. Le fait de n’avoir perdu que d’un but permet d’entretenir l’espoir d’une meilleure différence de buts particulière à l’issue de la manche retour, le 24 novembre au Parc. Il sera temps, ensuite, de parler du déplacement à Old Trafford.

Seulement, pour rester en vie, il va clairement falloir hausser le niveau. Parce qu’ils ont réussi leurs meilleures 45 minutes dans la compétition en première période, avec une grosse intensité et une vraie expression collective, les Parisiens ont coulé après l’égalisation de Nkunku juste avant de rentrer aux vestiaires. « On ne peut pas avoir ce coup de moins bien après avoir encaissé un but, on se doit de rester dans le bon état d’esprit, souligne Marquinhos. Ce but leur a donné le moral, et pour nous ça a été très dur. »

Cette incapacité à réagir interroge. Bien sûr, il ne faut pas minimiser l’importance des absences. Aucune équipe au monde est la même avec ou sans Neymar et Mbappé. Verratti, et dans une moindre mesure Draxler, ont également beaucoup manqué pour mettre le pied sur le ballon au milieu de terrain. Mais le milieu Marquinhos-Gueye-Herrera était taillé pour la baston et il s’est complètement noyé en seconde période. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si Gueye a été expulsé à la 70e après la faute de trop. L’axe Danilo-Kimpembe n’a pas tenu le choc non plus, notamment l’international français, encore pris en flag’par la VAR et lui aussi exclu en fin de rencontre.

Que des « détails » pour Tuchel

Tuchel ne voit toutefois qu’une histoire de « détails » qui n’ont pas tourné en faveur du PSG. « Il y a eu des situations clé, un penalty pour nous, un pour eux, et deux cartons rouges. Cela faisait trop contre nous », peste l’entraîneur allemand. Un brin fataliste, peut-être. Le technicien aurait également pu revenir sur son choix de sortir Sarabia pour Kehrer alors qu’il fallait marquer, ou celui de ne faire entrer Rafinha que dans les dernières minutes.

« Le penalty manqué a changé beaucoup de choses, analyse de son côté Danilo. Ça a réveillé cette équipe de Leipzig, elle a gagné en confiance et a commencé à nous mettre une grosse pression. » Paris n’a pas su relever le défi. « J’ai l’impression qu’on a tout donné, et c’était nécessaire contre une équipe comme Leizpig, qui joue dans un style très physique, un peu comme l’Ajax, Liverpool, ou l’Atalanta. C’est super difficile de contrôler le match, ajoute Tuchel. Dans le vestiaire, les joueurs étaient vraiment fatigués, ils ont tout donné. »

« C’est entre nous que ça doit se passer »

Le PSG a quand même montré qu’il avait du chemin à faire pour prétendre au statut de grand d’Europe. Les cadors ont une caractéristique : ils savent ne pas perdre quand ça va moins bien, surtout quand la qualification promet de se jouer à rien. Avec Paris, il y a encore cette sensation que tout peut dérailler à la moindre contrariété. Question de (manque de) caractère, peut-être.

« Il faut qu’on continue à chercher à s’améliorer, on ne doit pas continuer comme ça, prévient capitaine Marqui. On doit hausser notre niveau si vraiment on veut aller loin. Et c’est entre nous que ça doit se passer. » Le Brésilien fait maintenant partie des meubles. Il n’y a encore rien d’irrémédiable, mais il sent bien que cette défaite peut annoncer une tempête.