Basaksehir-PSG : « Dans le jeu il va falloir qu'on s'améliore »... Le PSG s'est-il vraiment rassuré en Turquie ?

FOOTBALL Malgré la victoire, le PSG a encore une fois montré énormément de lacunes contre les Turcs de Basaksehir

Aymeric Le Gall

— 

Tuchel, l'homme qui murmure à l'oreille de Mbappé.
Tuchel, l'homme qui murmure à l'oreille de Mbappé. — OZAN KOSE / AFP
  • Le PSG a assuré l’essentiel en s’imposant 2-0 mercredi soir sur la pelouse de Basaksehir, à Istanbul.
  • Pourtant, ce succès de façade masque une tout autre réalité. Les Parisiens n’ont en effet pas proposé grand-chose dans le jeu et se sont fait très peur derrière.

Commençons par expédier les affaires courantes : le PSG a remporté son premier match de Ligue des champions de la saison et, avec ses trois points, le voilà parfaitement relancé dans le groupe H. Par la même occasion Thomas Tuchel s’est offert un peu de répit, lui qui n’aurait probablement pas passé l’hiver (à Paris) en cas de résultat autre qu’un succès mercredi soir.

Voilà, ça c’est pour l’analyse pragmatique. Pour le reste – et on s’excuse d’avance auprès de l’entraîneur allemand, qui exige qu’on dispose d’une licence d’entraîneur avant d’émettre la moindre critique sur le jeu de son équipe – la copie générale rendue par le PSG en terre turque ressemble plus à un brouillon qu’autre chose.

Une première mi-temps à dormir debout

On aurait pourtant été en droit de s’attendre à une réaction d’orgueil des Parisiens après qu’ils se sont fait trimballer une semaine plus tôt à domicile par les Red Devils. On parle tout de même de la première défaite en phase de poule de Ligue des champions depuis l’arrivée de QSI à la tête du club en 2011. Rien que pour ça (et pour faire fermer des bouches, dont la nôtre), ça aurait mérité de marquer le coup. A la place les Parisiens ont offert une prestation insipide pour ne pas dire médiocre. Et la position de Marquinhos au milieu de terrain si chère à Tuchel n’y a pas changé grand-chose. Après ce match, on se demande d’ailleurs toujours pourquoi l’entraîneur parisien s’entête tant de le voir à ce poste, mais ce n’est pas le sujet (pour le moment).

Face à l’équipe incontestablement la plus faible du groupe H, le PSG​ n’a pas donné l’impression d’en vouloir plus que ça. Peu de combinaisons, pas de mouvement et à peu près le même entrain que les Français au moment de l’annonce du reconfinement, c’est peu de dire que ce Paris-là interroge. Comme souvent, malheureusement, le seul projet de jeu s’est résumé à « filez la balle à Neymar, Di Maria et Mbappé ». Au passage, l’international français a une nouvelle fois donné l’impression de vouloir tout faire tout seul après la sortie sur blessure de Neymar, ce qui pourrait devenir problématique à la longue pour ses coéquipiers.

Navas s'est un peu senti seul au monde mercredi soir face aux attaques répétées des Turcs.
Navas s'est un peu senti seul au monde mercredi soir face aux attaques répétées des Turcs. - FRANCK FIFE / AFP

Boulevard de la mort dans la défense parisienne

S’il fallait choisir, on dirait que le plus inquiétant finalement dans tout ça c’est la fragilité quasi consternante de la défense parisienne. Comme contre Dijon, qui pénétrait l’arrière-garde du PSG comme on entre au Puy du Fou un jour de confinement général, les Parisiens ont eu toutes les peines du monde à stopper les offensives turques. A vrai dire, sans un immense Keylor Navas, jamais l’équipe ne serait partie d’Istanbul avec les trois points de la victoire. Imaginez dont, le PSG a concédé 17 tirs contre Basaksehir. DIX-SEPT ! Qu’est-ce que ça va être quand il faudra se présenter à Old Trafford contre une équipe de Manchester qui vient d’en coller cinq à la maison à Leipzig…

Interrogé au micro de RMC après la rencontre, Layvin Kurzawa a paru d’accord avec notre constat, expliquant que « dans le jeu, il va falloir qu’on s’améliore ». « Des choses ont été bonnes, d’autres moins. On joue tous les trois jours, donc on aura le temps de travailler ça pour les matchs prochains », a conclu le latéral gauche parisien. Plus rare, Thomas Tuchel a lui aussi admis du bout des lèvres que son équipe n’avait pas réalisé un grand match mercredi, même si cette autocritique fut immédiatement accompagnée de son lit de justifications. « II y a beaucoup de blessures, et maintenant c’est peut-être le moment de se battre, de tenter de gagner des matchs qui ne sont peut-être pas les meilleurs matchs de l’histoire du PSG, et je peux vous assurer qu’on le sait. »