Monaco-Bordeaux : Les Girondins ont-ils plus besoin d’un psy que d’un coach ?

FOOTBALL Jean-Louis Gasset espère enfin voir une équipe ambitieuse, ce dimanche (17 heures), à Monaco pour essayer de réaliser un coup 

Clément Carpentier

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Jean-Louis Gasset, l'entraîneur des Girondins de Bordeaux.
Jean-Louis Gasset, l'entraîneur des Girondins de Bordeaux. — G.Souvant / AFP
  • Les Girondins de Bordeaux se déplacent à Monaco, dimanche (17 heures), à l’occasion de la 9e journée de Ligue 1.
  • Jean-Louis Gasset cherche des solutions pour que son équipe arrête d’avoir des moments d’absence, surtout en début de match, et appelle ses joueurs à être ambitieux.
  • Les Bordelais semblent parfois souffrir d’un complexe d’infériorité. 20 Minutes se penche sur la question avec Denis Troch, ancien coach devenu préparateur mental.

C’est un sentiment de déjà-vu. Peut-être pas forcément pour Jean-Louis Gasset. Mais assurément pour les supporteurs des Girondins de Bordeaux. Le fait de voir leur équipe commencer une rencontre de façon complètement apathique comme lors de la victoire contre Nîmes, dimanche dernier. Ce constat ne date pas d’aujourd’hui : les Marine et Blanc s’arrêtant également totalement de jouer dès qu’ils mènent au score. Sur le banc, ils ont été plusieurs déjà à pointer ce problème : Gillot, Sagnol, Gourvennec ou encore Sousa à son arrivée.

Jean-Louis Gasset, lui, le constate depuis le début de la saison. A Angers, il a vu son équipe « encore démarrer très timidement, comme un peu paralysé. » A Marseille, ses joueurs ont été « complètement tétanisés » avant même la rencontre. La rencontre face à Nîmes a finalement été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. L’entraîneur bordelais a fini par craquer et fait deux changements dès la 40e minute de jeu. « Souvent, on nous reproche de trop tarder », se justifiera-t-il.

Un complexe d’infériorité au fil du temps ?

Jean-Louis Gasset assure que « de voir une équipe timide dans un stade vide, c’est une horreur » et estime que ces périodes d’absence sont un « grand problème ». Personne ne dira le contraire, pas même les joueurs qui reconnaissent ce mal récurrent ni Denis Troch. « Il y a toujours une explication à un mal surtout s’il devient fréquent et donc toxique pour un groupe. Déjà, il ne faut pas être dans le - c’est comme ça de toute manière –, il faut à tout prix travailler dessus et commencer par démystifier cette situation », lâche l’ancien entraîneur en L1 et L2 devenu préparateur mental.

Alors d’où viennent cette paralysie et ces absences qui freinent les Girondins ? Du déclassement du club ou d’un soi-disant complexe d’infériorité face aux écuries supposées plus fortes telles que Monaco, ? S’il n’aime pas l’expression « syndrome d’infériorité », Denis Troch reconnaît que ce sentiment peut s’installer au fil des années : « Ne pas agir et le laisser s’installer peut être terrible car avant même le match l’équipe adverse va avoir un ascendant. D’une certaine manière, on lui donne notre force et on perd la nôtre. On se tire une balle dans le pied. »

Le préparateur mental appelle les Girondins « à prendre conscience » de la situation et « collectivement car le problème n’est pas individuel puisque des joueurs n’avaient sûrement pas cette peur en eux quand ils étaient dans d’autres clubs ».

Gasset veut des joueurs ambitieux

Même si un entraîneur doit souvent être un fin psychologue, Denis Troch avoue que « c’est compliqué pour lui car il doit prendre du recul, de la distance par rapport à la situation tout en étant souvent dans l’émotion avec ses joueurs pour transmettre sa volonté et ses idées. » Pourtant, « il va bien falloir trouver une solution » comme le répète Jean-Louis Gasset. « Et l’entraîneur est suffisamment expérimenté pour savoir ce qu’il doit faire », ajoute Denis Troch.

Jean-Louis Gasset a déjà un avantage par rapport à ces prédécesseurs. Il a cinq changements contre, avant. Ça aide quand il faut secouer une équipe au bout de trente minutes de jeu. « Je cherche le truc. Il faut qu’ils se lâchent dès la première minute et qu’on arrive à faire un bon résultat chez une équipe qui est plus forte que nous (sur le papier) », commente l’entraîneur bordelais qui souhaite ce fameux déclic. Ce match référence.

Et Gasset d’appeler aussi souvent qu’il peut ses joueurs « à arrêter de se contenter du peu qu’on a, de ce que l’on fait. Il faut avoir cette ambition. Il faut arrêter avec "on gagne, c’est bien, on perd, ce n’est pas grave". Ça ne va pas le faire avec moi ! ». L’entraîneur poursuit :

On a des jeunes joueurs qui espèrent devenir de grands joueurs, il faut le montrer et pas le montrer un coup sur quatre. Les grands joueurs sont bons à tous les matchs. »

Mais Jean-Louis Gasset espère surtout au fond de lui que son équipe « aura cette ambition de faire mieux qu’une année de transition. » Sinon, cette dernière pourrait être longue.