Mathilde Johansson, ex-tenniswoman pro, au service des Girondins de Bordeaux

FOOTBALL L’ancienne joueuse professionnelle de tennis est depuis deux ans responsable du pôle intégration du club

Clément Carpentier

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Mathilde Johansson est désormais responsable du pôle intégration des Girondins de Bordeaux.
Mathilde Johansson est désormais responsable du pôle intégration des Girondins de Bordeaux. — Q.Salinier / Girondins de Bordeaux
  • Depuis la fin de sa carrière en 2016, Mathilde Johansson est devenue la responsable du pôle intégration des Girondins de Bordeaux.
  • Elle est chargée d’accueillir les nouveaux joueurs du club et de les aider à s’installer du mieux possible dans leur nouveau cadre de vie. Un travail multifonctions.
  • L’ancienne joueuse doit aussi s’adapter au monde du football, bien différent de celui du tennis.

C’est une nouvelle vie. Mais une vie toujours aussi intense. Loin des avions qui vous transportent dans le monde d’un tournoi à un autre mais proche d’un téléphone « qui n’est jamais éteint et surtout pas en période de mercato ! » Car c’est bien sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre que Mathilde Johansson doit être disponible à ce moment-là. L’ancienne 59e mondiale à la WTA ne court peut-être plus après la petite balle jaune dans les couloirs du château du Haillan mais ce n’est pas pour ça qu’elle ne court plus du tout. Au contraire.

Depuis deux ans, celle qui a arrêté sa carrière de joueuse professionnelle en 2016 est responsable du pôle intégration aux Girondins de Bordeaux. Une reconversion qu’elle était loin d’imaginer au moment de ranger les raquettes : « Ça a été un peu compliqué au départ car je ne savais pas ce que j’allais faire après ma carrière. J’ai commencé mon diplôme d’entraîneur de tennis que j’ai eu mais dans le même temps, j’ai aussi fait un bilan de compétences et il en est ressorti que je voulais faire des études. » Il était l’heure pour elle de « couper un peu avec le tennis » et de repartir sur les bancs de l’école.

Famille, logement, démarches administratives

Direction l’ESSEC, l’une des meilleures écoles de commerce française, pour une formation en management et gestion des organisations spécialité marketing. Entre deux, Mathilde Johansson pose ses valises à Bordeaux, « une ville que je ne connaissais pas du tout », avoue-t-elle. Elle frappe une première fois à la porte des Girondins dans l’espoir de réaliser son alternance au club car elle souhaite rester dans le sport. Stéphane Martin, le président de l’époque, la reçoit mais ne peut répondre positivement à sa demande dans un premier temps. Mais ce n’est que partie remise. Deux ou trois mois plus tard, les Girondins la rappellent pour lui proposer un poste :

C’est simple, je suis en charge de l’intégration des joueurs. C’est moi qui m’occupe d’eux à partir du moment où ils descendent de l’avion. La plus grosse partie de mon travail, c’est de leur présenter la ville et de trouver un logement souvent pour toute la famille. »

Mathilde Johansson a mis fin à sa carrière en 2016.
Mathilde Johansson a mis fin à sa carrière en 2016. - DOMINIQUE FAGET / AFP

Ça, c’est pour la surface émergée de l’iceberg. « C’est un travail hyper prenant, tu es toujours sur le qui-vive et il y a aussi une très grosse partie administrative notamment avec les étrangers, c’est beaucoup de boulot », avoue l’une de ses collègues. Un joueur de l’effectif reconnaît de son côté « souvent faire un appel à Mathilde Johansson pour lui et sa famille, son travail est très important pour nous, elle nous aide énormément pour les papiers ». Pourtant, ce poste existe très peu en France par rapport à d’autres pays. Seuls le PSG et l’OL proposent cette aide pour les joueurs et leur famille.

Le milieu du football « manque un peu d’humanité »

« Ce contact avec les joueurs et leurs proches » ou « cette possibilité de rencontrer de nouvelles personnes, de nouvelles cultures », Mathilde Johansson l’aime particulièrement. En revanche, l’adaptation au milieu du football n’est pas évidente : « Je découvre la culture foot qui est un peu différente de celle du tennis. Je me suis rendu compte à quel point les joueurs sont des produits. Ils sont trimballés d’un club à un autre, ils n’ont pas forcément leur mot à dire et je trouve ça hyper dur. Ça manque un peu d’humanité et c’est là que c’est bien d’avoir une personne qui les aide au début. »

Même tous les jours car il ne faut pas se mentir, le téléphone de l’ancienne joueuse continue de sonner bien après l’installation. Et c’est pour ça « qu’il faut aussi savoir dire non parfois », rappelle sa collègue. Pas évident mais nécessaire pour enfin avoir un peu de répit. Et pourquoi pas aller taper la petite balle jaune à la Villa Primrose pour celle qui vient de reprendre une licence dans le club bordelais.