Le couple Hatem Ben Arfa/Jean-Louis Gasset est attendu aux Girondins.
Le couple Hatem Ben Arfa/Jean-Louis Gasset est attendu aux Girondins. — N.TUCAT M.FEDOUACH - / AFP

FOOTBALL

OM-Bordeaux : « Un beau mariage », le couple Ben Arfa-Gasset peut-il marcher aux Girondins ?

Clément Carpentier

L’entraîneur bordelais pourrait faire jouer son attaquant dès samedi (21h) contre l’OM au Vélodrome

  • Les Girondins de Bordeaux se déplacent à Marseille ce samedi (21h) à l'occasion de la 7e journée de Ligue 1.
  • Arrivé il y a dix jours, Hatem Ben Arfa sera du voyage. Une bonne nouvelle pour Jean-Louis Gasset qui compte énormément sur lui. 
  • L'attelage entre les deux hommes fait naître beaucoup d'espoirs. 20 Minutes vous explique pourquoi. 

Dans la vie, il faut savoir ne pas se mentir pour avancer. Même si ça peut faire mal. Les supporteurs des Marine et Blanc ont parfois du mal avec cela. Oui, 2010, c’est loin. Alors si « Bordeaux reste un club historique, un grand nom du championnat avec beaucoup de grands joueurs, une histoire » pour Hatem Ben Arfa, il faut tout de suite être clair : l’attaquant n’a pas rejoint le sud-ouest pour les beaux yeux des Girondins. Non, il est venu pour ceux de Jean-Louis Gasset.

Il faut dire que ce dernier y a mis du sien pour attirer l’ex-prodige du football français. Après quelques flirts, le nouvel entraîneur bordelais lui a fait une belle déclaration d’amour il y a quelques semaines : « Hatem Ben Arfa, c’est un génie du football ! » Des mots doux qu’il a souvent dû entendre dans sa carrière. Sauf que là, ça ne vient pas de n’importe qui. Gasset fait mouche sur le coup.

Mais à en croire le joueur, il n’y avait pas besoin de ça : « Dès que j’ai vu que l’entraîneur était Jean-Louis Gasset, ça m’a donné envie de venir. J’aime beaucoup la façon dont il fait jouer ses équipes. Il est porté sur l’offensive, il aime créer le jeu, le surnombre. Et en tant qu’homme, je l’ai connu en équipe de France (2010-2012) où j’ai senti une bonne énergie. Ça reste un entraîneur avec beaucoup de valeurs. J’aime beaucoup sa philosophie. »

Papa Gasset sait y faire

On assiste donc à un vrai coup de foudre dans les couloirs du château du Haillan même si l’ancien adjoint de Laurent Blanc « a dû se battre auprès du club jusqu’au bout » pour rapatrier HBA en Gironde. Parmi les témoins de cette union, Olivier Létang a une bonne place. Il connaît bien les deux hommes depuis de nombreuses années. L’ex-président du Stade Rennais voit aujourd’hui « un beau mariage » entre eux :

« Je pense qu’ils sont complètement compatibles et là, je ne parle pas sur le plan technique ou tactique mais sur l’aspect humain. Pour moi, ils sont tout simplement faits pour travailler ensemble. »

D’ailleurs, le dirigeant français n’a pas hésité à dire tout le bien qu’il pensait de Jean-Louis Gasset à Hatem Ben Arfa lors d’un entretien début septembre ou à échanger régulièrement avec le coach bordelais sur la gestion du joueur au quotidien.

Ce dernier espère retrouver la relation de son époque niçoise avec Claude Puel qui « l’avait totalement pris sous son aile » pendant un an, se rappelle un joueur des Aiglons. « Le côté paternel de Jean-Louis [Gasset] est un vrai atout ! Il est beaucoup dans l’humain et c’est capital pour le joueur », explique un membre du staff des Girondins. Papa Gasset devra dorloter son « nouveau leader technique » pour le voir s’exprimer à son meilleur niveau comme lors de la saison 2015-2016 sur la Côte d’Azur (17 buts et 6 passes décisives en 34 matchs). « Il a besoin d’être dans un univers de confiance. C’est une personne sincère, très attachante et sans filtre, il dit toujours ce qu’il pense. Il déteste quand on lui ment ou qu’on le trahit. De ce côté-là, il n’y a aucun risque avec Jean-Louis [Gasset] et je l’ai dit à Hatem [Ben Arfa] », insiste Olivier Létang. Pour le coup, c’est vrai que la langue de bois, ce n’est pas vraiment le dada de l’homme à la casquette.

Un statut unique sur le terrain

Si les deux hommes semblent faits pour bien s’entendre, encore faut-il que cela se ressente sur le terrain. C’est bien là le plus gros défi. A Nice, « Puel a été intelligent pour construire l’équipe autour de Ben Arfa. C’était un véritable électron libre et même s’il gâchait, ratait ou était moins impliqué défensivement, aucun mec sur la pelouse ne lui en voulait car dès qu’il avait le ballon, il était capable de tout », se souvient son ex-coéquipier. Et aujourd’hui, Gasset a beau refuser de voir en lui « son joueur-clé » par respect pour son groupe, il est déjà prêt à lui faire toute la place qu’il lui faut pour le faire briller. Dès ce samedi (21h) à Marseille. Car si son équipe est solide (meilleure défense de la Ligue 1), c’est très poussif devant. Pas vraiment du goût d’un coach réputé pour bien faire jouer ses écuries.

Pour Olivier Létang, « le football est un sport collectif avec un projet auquel tous les joueurs doivent adhérer. Une partie du travail pour son entraîneur est de faire comprendre et accepter aux autres joueurs que l’un d’entre eux aura peut-être un peu plus de liberté au bénéfice de l’équipe. C’est toujours une question d’équilibre. Des joueurs vont bosser peut-être un peu plus pour un joueur qui sera décisif mais Jean-Louis (Gasset) y arrivera, il sait faire ». Il peut aussi compter sur un groupe sain et intelligent, qui a maintenu le navire bordelais à flot depuis deux ans, pour réussir ça.

Reste les faits car comme le dit justement un proche de l’équipe, « on a fait aucun match avec lui et il faudra voir ce que ça donne à moyen terme quand des joueurs comme De Préville, Kalu… devront peut-être sortir de l’équipe ou Ben Arfa lui-même ». Pour le moment, tout est beau, tout est rose et la lune de miel s’annonce belle. Mais attention avec Hatem Ben Arfa, il faut toujours rester prudent. Même avec un Gasset aux petits soins. Un divorce est vite arrivé et les avocats jamais très loin.