RC Strasbourg : Maladroit, toujours aussi gruyère derrière… Le Racing a encore perdu et est en crise

FOOTBALL Les Strasbourgeois ont concédé, dimanche contre Lille, leur cinquième défaite en six journées

Thibaut Gagnepain

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Jean-Eudes Aholou et Mohamed Simakan dépités : le Racing a eu des occasions mais n'a pas marqué ce dimanche contre Lille.
Jean-Eudes Aholou et Mohamed Simakan dépités : le Racing a eu des occasions mais n'a pas marqué ce dimanche contre Lille. — PATRICK HERTZOG / AFP
  • Rien ne va plus à Strasbourg. Les Alsaciens ont perdu 3-0 contre Lille dimanche à la Meinau. Leur cinquième revers en six journées.
  • La crise est-elle déclarée ? Personne ne l’a dit, mais ça y ressemble. « Ce résultat est dramatique », a reconnu le capitaine Stefan Mitrovic qui s’est montré inquiet.
  • Et Thierry Laurey dans tout ça ? L’entraîneur strasbourgeois n’a pas enfoncé son groupe. « Je l’avais dit avant le match et ça s’est vérifié : en ce moment, il y a une équipe pour qui ça tourne bien et l’autre moins », a-t-il expliqué.

Au stade de la Meinau,

Une crise, quelle crise ? Le fameux mot était sur toutes des lèvres ce dimanche, à la Meinau après la défaite du Racing contre Lille (0-3). Mais il n’a pas été prononcé. Tout juste Thierry Laurey a-t-il consenti que « la situation commençait à être délicate ».

L’entraîneur strasbourgeois a le sens de la mesure. Avec trois petits points pris en six journées et une antépénultième place au classement de Ligue 1, d’autres seraient plus alarmés. C’était par exemple le cas de son capitaine Stefan Mitrovic, qui l’avait précédé en conférence de presse.

« Ce résultat est dramatique »

Entre deux "pfff" de dépit, le Serbe a reconnu que l’inquiétude gagnait le groupe. « C’est normal, on ne s’attendait pas à 18es après six journées, même après une préparation compliquée (par le coronavirus). Ce résultat est dramatique », a-t-il avoué en appelant ses coéquipiers à « ne pas lâcher » et à « travailler pour être mieux physiquement ».

Le défenseur aurait aussi pu citer d’autres axes de progression. Comme l’efficacité. Hier, le Racing aurait encore pu jouer toute la nuit qu’il n’aurait pas marqué. Les statistiques le prouvent : les Alsaciens se sont procuré plus d’occasions (11 contre 8) et ont davantage tiré (14 à 12) que leurs adversaires. Mais ce sont bien les Lillois qui ont pris les trois points de la victoire, bien plus sûrs de leur force.

« Je l’avais dit avant le match et ça s’est vérifié : en ce moment, il y a une équipe pour qui ça tourne bien et l’autre moins », reprend Thierry Laurey, sans vouloir accabler ses joueurs. « On progresse, on a élevé notre niveau par rapport aux derniers matchs […] Je ne suis pas déçu de la rencontre qu’on a faite », a-t-il encore soutenu en rappelant le scénario de la partie.

Soit un bon premier quart d’heure des Strasbourgeois, quelques occasions puis… un but nordiste contre le cours du jeu. Sur une perte de balle de Liénard à 40 mètres, Celik avançait alors (sans opposition !) avant d’envoyer un missile dans la lucarne gauche de Kamara. C’en était presque fini de la bonne période des Bleus qui auraient quand même pu égaliser par Ajorque (30e) ou Chahiri (31e). Mais le Losc pliait ensuite l’affaire après la pause, grâce à Renato Sanches (53e) et Yilmaz (68e), et renvoyait le Racing à ses doutes.

« En ce moment, on paye cher toutes nos demi-erreurs, c’est l’histoire de notre saison pour l’instant », résume Mitrovic, capitaine d’une équipe à la dérive défensivement : 13 buts encaissés en six matchs. Un groupe qui ne respire pas non plus la sérénité en termes de cohésion. Que dire sinon de la prise de bec entre Dimitri Liénard et Thierry Laurey en plein match ? Ou de ces atermoiements du coach au moment de l’entrée de Saadi (56e) ? Il a finalement retardé le changement pour appeler également Thomasson, visiblement pas prévenu, ou pas prêt.

Le RC Strasbourg a maintenant deux semaines pour se remettre à l’endroit, avant de recevoir Lyon le dimanche 18 octobre. Une idée pour de nouveau gagner ? « On va partir en vacances à Ibiza et on voir ce que ça donne », grince Thierry Laurey.