OL-RC Strasbourg : « Il faut qu’on soit ambitieux »… Le Racing assume rêver d’Europe après son nul sans complexe à Lyon

FOOTBALL Les Alsaciens ont flirté avec un succès de prestige, ce dimanche à Lyon (1-1), à l’image de deux superbes frappes de Lala et Liénard sur le montant gauche de Lopes dans les cinq dernières minutes de jeu

Jérémy Laugier

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Dimitri Liénard (à gauche) et tous les Strasbourgeois célèbrent ce dimanche l'égalisation de Kévin Zohi à Lyon. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Dimitri Liénard (à gauche) et tous les Strasbourgeois célèbrent ce dimanche l'égalisation de Kévin Zohi à Lyon. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK — AFP
  • Le Racing a obtenu un nul (1-1) mérité, ce dimanche au Parc OL. Avec davantage de réussite en fin de rencontre, pour Lala puis Liénard et Djiku, les Alsaciens l’auraient même emporté.
  • Au vu de ce nul et de leur dynamique du moment, les joueurs de Thierry Laurey (7es) peuvent légitimement rêver d’Europe.
  • Une ambition qu’assument notamment Adrien Thomasson et Dimitri Liénard.

Au Parc OL,

Alexander Djiku a refusé de s’arrêter devant la presse après le nul (1-1) obtenu à Lyon. On le comprend tant l’ancien Caennais, non titularisé en raison d'un imbroglio de poste avec Thierry Laurey, devait être frustré par son raté impensable dans le temps additionnel. Cinq minutes après une superbe frappe lointaine de Kenny Lala sur le montant gauche d’Anthony Lopes (87e), Dimitri Liénard a hérité d’un coup franc excentré mais presque idéal pour sa patte gauche.

Quelques instants plus tard, tous les joueurs du Racing se prennent la tête à deux mains, Lienard ayant à son tour trouvé le poteau, et Djiku, totalement seul devant la ligne de but, ayant vu le ballon rebondir sur sa cuisse et filer à quelques centimètres du but lyonnais. « J’étais en retrait et quand j’ai vu la balle retomber sur Alex, j’ai levé les bras, j’ai cru qu’il y avait but », raconte Adrien Lebeau, entré en jeu quelques secondes plus tôt. Avec son rafraîchissant franc-parler, Dimitri Liénard livre sa version d’un dénouement aussi incroyable que le reste de la rencontre s’est révélé terne.

A la base, je voulais donner un petit ballon en retrait comme contre Nîmes. Mais je n’ai pas voulu prendre de risques. Je me suis dit : ''envoie un pétard et on verra ce qu’il se passera''. Avec mon pied gauche, je me dis que je suis capable de tuer un spectateur ou de mettre une lucarne sortie de nulle part. Malheureusement, il n’y a pas eu le mur bleu pour la faire rentrer aujourd’hui. »

« Un peu frustrés mais fiers »

Mine de rien, avec « un chouïa de réussite » (dixit Thierry Laurey), les Alsaciens (7es) seraient ce dimanche cinquièmes de Ligue 1 avec six points d’avance sur l’OL. « Avant le match, on aurait signé pour un nul à Lyon. Mais on reste un peu sur notre faim avec ces deux grosses occasions », résume Adrien Thomasson.

Menés dès la 21e minute par une tête plongeante de Bertrand Traoré (1-0), les partenaires de Stefan Mitrovic ont su réagir avant la pause grâce à une belle remontée de Majeed Waris et une finition clinique de Kévin Zohi validée par le VAR (1-1, 43e). « En les harcelant, on a réussi à se créer pas mal de situations, constate Dimitri Liénard. Venir prendre un point à Lyon, il n’y a pas à rougir. On est un peu frustrés mais on peut être fiers de nous aujourd’hui. »

« C’est clair qu’on se prend au jeu »

Il y a de quoi : depuis la fessée subie à Brest le 3 décembre (5-0), le Racing n’a perdu qu’à deux reprises en 14 matchs, toutes compétitions confondues. Une série synonyme de nouvelle course à l’Europe pour le RCSA, cette fois via le championnat ?

« Bien sûr, il faut qu’on soit ambitieux », assume Adrien Thomasson, alors que le podium (à quatre points) est bien plus proche que la place de barragiste (à 11 longueurs). « C’est clair qu’on se prend au jeu, poursuit Dimitri Liénard. Mais on grandit tout doucement, il ne faut pas oublier d’où on vient. No stress pour l’instant. » La formule a encore porté ses fruits ce dimanche.