Bordeaux-Nantes : « C’est compliqué... », les Girondins n’assurent plus au Matmut

FOOTBALL Les Bordelais vont tenter de retrouver la victoire à domicile en Ligue 1 lors du derby de l’Atlantique

Clément Carpentier

— 

Le Virage Sud est resté vide toute la rencontre face à Saint-Etienne.
Le Virage Sud est resté vide toute la rencontre face à Saint-Etienne. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Les Girondins reçoivent ce dimanche (15h) le FC Nantes à l’occasion de la 12e journée de Ligue 1.
  • Face au dauphin du PSG, les Bordelais vont essayer d’enfin se faire respecter chez eux.
  • Une rencontre qui se déroulera une nouvelle fois dans un contexte très particulier en tribune

En temps normal, le Matmut Atlantique ne fait déjà pas peur à grand monde avec ses très nombreux sièges vides à longueur de saison. Mais depuis quelque temps, il est carrément devenu très accueillant pour les adversaires des Girondins. Entre une équipe bordelaise incapable de montrer les muscles chez elle et un Virage Sud (le cœur du stade) absent et silencieux, il fait bon venir prendre les trois points de la victoire en Gironde à l’image de Saint-Etienne et Paris dernièrement.

Mercredi, les joueurs de Paulo Sousa n’ont gagné que leur deuxième match de la saison à domicile en éliminant Dijon en Coupe de la Ligue au bout de l’ennui. Un maigre bilan pour six rencontres jouées à la maison. Mais que dire alors des derniers mois ! Avant ce succès face aux Bourguignons, les Girondins restaient sur deux victoires (Marseille et Metz) lors des 12 matchs de Ligue 1 au Matmut Atlantique depuis le 17 février dernier. Pour quatre nuls (Guingamp, Rennes, Montpellier et Brest) et six défaites (Lyon, Angers, Reims, Montpellier, Paris et Saint-Etienne).

Une victoire en championnat cette saison

Autant dire qu’une nouvelle défaite à la maison dans le derby de l’Atlantique dimanche (15h) face à Nantes tomberait très mal. Yacine Adli l’a bien compris : « C’est toujours capital de gagner à domicile car ça nous permet de nous rassurer. Il faut qu’on montre aux autres équipes que c’est difficile de prendre des points à Bordeaux. On doit dégager une impression de puissance chez nous. » Et pour l’instant, c’est loin d’être le cas…

Comment expliquer ce constat ? La saison dernière, c’est assez simple, le milieu de terrain bordelais et ses coéquipiers ont fini en roue libre. Cette année, ce n’était pas trop mal parti avec une victoire et deux nuls avant les deux défaites consécutives contre le PSG et l’ASSE. Deux matchs joués dans un contexte particulier avec le plus grand groupe de supporters des Girondins, les Ultramarines, qui demande la démission du président délégué du club, Frédéric Longuépée.

Un stade mort

Si face à Paris cela s’est limité à une grève des encouragements pendant dix minutes, face aux Verts le Virage est carrément resté vide. Mercredi, les supporters étaient de retour mais pour la plupart silencieux. On se serait cru au stade Louis II de Monaco comme le confirme l’attaquant Nicolas De Préville :

« C’est bizarre de jouer dans des ambiances comme ça. On voit du monde, mais ça ne chante pas vraiment… Quand j’étais sur le banc, on en parlait et on constatait qu’il n’y avait pas de bruit dans le stade, qu’on entendait tout ce qui se passait, les passes… C’est particulier. »

Pas évident pour des joueurs loin d’être en pleine confiance et qui « ne maîtrise pas » ce conflit extra-sportif entre la direction et ses supporters comme le rappelle Yacine Adli. Fataliste, le jeune français essaie de « faire abstraction de ça, de rester dans sa bulle et de faire son job sur le terrain. »

Après Sousa, les joueurs sortent du bois

Faire le job, c’est peut-être aussi commencer à prendre la parole sur cette situation. Après les appels répétés à l’union de l’entraîneur Paulo Sousa ces dernières semaines, ce sont les cadres du vestiaire qui sont un peu sortis du bois après Dijon. Comme Nicolas De Préville, Laurent Koscielny « comprend la réaction des supporters » mais il leur rappelle aussi leur rôle : « On a vraiment besoin d’eux. Là, ça fait pas mal de matchs où c’est compliqué. Par exemple, je pense que si contre Saint-Etienne, ils sont avec nous, ce n’est pas du tout le même résultat. »

Le défenseur international « espère que la situation va se régler le plus rapidement possible » même si les Ultramarines ont d’ores et déjà prévu de nouvelles actions face aux Canaris. Les joueurs vont donc de nouveau faire avec et outrepasser ce contexte pesant pour enfin retrouver le chemin de la victoire à domicile !