Barcelone-OL: «Les détails sont souvent en faveur de l’équipe la plus prestigieuse»… Lyon peste contre l’arbitrage

FOOTBALL Malgré l’ampleur de la gifle reçue au Camp Nou mercredi (5-1), joueurs et dirigeants lyonnais ont en travers de la gorge le penalty du 1-0 obtenu par Luis Suarez

Jérémy Laugier

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Le premier but barcelonais est venu d'un penalty consécutif à un contact très litigieux entre Jason Denayer et Luis Suarez.
Le premier but barcelonais est venu d'un penalty consécutif à un contact très litigieux entre Jason Denayer et Luis Suarez. — PAU BARRENA / AFP
  • Les Lyonnais n’ont quasiment jamais été en mesure de rêver d’un exploit, mercredi à Barcelone, où ils ont subi une énorme claque (5-1) de la part de la bande à Lionel Messi.
  • Malgré cette large défaite en 8es de finale de Ligue des champions, trois semaines après le 0-0 de l’aller au Parc OL, les hommes de Bruno Genesio sont apparus très remontés contre l’arbitrage du soir.
  • Se trouve surtout en cause l’ouverture du score, à savoir un penalty de Lionel Messi (1-0, 18e) transformé après un coup de sifflet très généreux pour un contact entre Jason Denayer et Luis Suarez.

De notre envoyé spécial à Barcelone,

Luis Suarez est gentiment en train de se construire une belle petite cote de popularité auprès des supporters français. Deux ans après la remontada contre le PSG (6-1) et son penalty obtenu après un léger contact ultra-amplifié avec Marquinhos, l’attaquant du Barça a remis ça mercredi face à l’OL (5-1). Lancé dans la profondeur par Lionel Messi, lors du 8e de finale retour de Ligue des champions, l’Uruguayen s’est effondré dans la surface en butant sur Jason Denayer, coupable d’un tacle mal maîtrisé.

C’est tout du moins ce qu’on peut croire à vitesse réelle, à commencer par l’arbitre polonais Szymon Marciniak. Celui-ci n’hésite pas et il permet à Lionel Messi d’ouvrir le score sur penalty (1-0, 18e). Sauf que Jason Denayer a tout fait sur ce coup pour éviter l’accrochage fatal et qu’on constate au ralenti que Luis Suarez a volontairement laissé traîner ses pieds pour s’empaler sur le défenseur belge de l’OL.

« Je ne sais pas pourquoi l’arbitre ne consulte pas le VAR »

A ce moment-là de la rencontre, les Lyonnais commencent à subir des vagues de partout mais ils résistent (0-0), grâce notamment à deux arrêts d’Anthony Lopes (4e, 14e). Au vu de la déconvenue subie par la suite (5-1, dont trois buts dans le dernier quart d’heure), ont-ils osé accorder de l’importance à cette situation que n’a pas aidé à rétablir le VAR ?

« Je n’ai pas vu les images mais j’ai entendu qu’il n’y avait pas penalty, indique Bertrand Traoré, auteur d’une entrée en jeu décevante mercredi. Je ne sais pas pourquoi l’arbitre ne consulte pas le VAR, c’est assez étrange. Par contre, quand on marque notre but (2-1, 58e), il prend deux ou trois minutes pour vérifier. Il a fait ce qu’il voulait mais on ne doit pas se cacher derrière ça, ce n’est pas une excuse. »

Fernando Marçal et les Lyonnais ont très moyennement apprécié l'arbitrage de Szymon Marciniak, mercredi au Camp Nou.
Fernando Marçal et les Lyonnais ont très moyennement apprécié l'arbitrage de Szymon Marciniak, mercredi au Camp Nou. - Bagu Blanco/BPI/REX//SIPA

« Ce penalty change beaucoup de choses »

Pour Léo Dubois, qui a souffert dans son couloir face à Jordi Alba et Coutinho, ce « fait de jeu » a été déterminant. « On n’était pas trop mal rentrés dans le match et puis ce penalty change beaucoup de choses, estime le latéral droit lyonnais. Il lance vraiment le match pour eux. » Mouais, même sans ce coup de sifflet de Szymon Marciniak, on ne s’inquiétait pas vraiment pour ce Barça-là, totalement dominateur en première période et mené par un remarquable Lionel Messi.

Joker surprise en raison du violent choc vécu par Anthony Lopes, Mathieu Gorgelin ironise sur l’usage du VAR à deux vitesses sur ce match. Le but de Lucas Tousart, pourtant sans histoire, a en effet été validé au bout de trois minutes d’attente bien pénibles. « On voit que les arbitres vérifient au moindre millimètre tout ce qu’il s’est passé sur l’action », pointe le deuxième gardien lyonnais.

« Mais quand même, 1-0 ou 0-0, ce n’est pas la même chose »

Bruno Genesio et Jean-Michel Aulas se sont évidemment glissés dans cette avalanche de réactions. A les entendre, on n’était pas si loin que ça d’un Nilmar 2.0, 14 ans après. N’est-ce pas « Nénèse » ?

« Dans ces matchs-là, ça se joue à des faits de jeu, à des détails. Et souvent, c’est en faveur de l’équipe qui est plus prestigieuse. Mais je ne veux pas trop en rajouter. Je ne vais pas résumer la qualification du Barça aux faits de jeu. Mais quand même, 1-0 ou 0-0, ce n’est pas la même chose dans ce genre de matchs. »

« Quand ça arrive dans un match déséquilibré… »

S’il a fini par admettre que « le Barça était largement supérieur à nous », Bruno Genesio a bien été suivi par JMA dans son coup de gueule en mode petit club pas assez respecté en Europe. « Les faits de jeu nous ont été très défavorables et ils ont quand même probablement changé le sens du match, ose le président lyonnais au micro de RMC Sport. Quand vous perdez un gardien titulaire aussi pertinent qu’Anthony Lopes sur un choc et quand vous avez cette invraisemblable décision sur penalty… » Pour lui, « le VAR n’est pas un franc succès ». Sur ce point, il est difficile de ne pas être d’accord.

Sur le suivant, on opterait presque pour du troll bien maîtrisé tant la mauvaise foi est savoureuse. Jugez plutôt : « Quand ça arrive dans un match déséquilibré, on peut imaginer que ça n’a pas d’incidence sur le résultat, confie-t-il. Mais là, j’ai l’impression que ça a beaucoup pénalisé notre équipe. Barcelone était plus fort, mais il n’y avait pas autant d’écart que l’indique le résultat. » Allez, on veut bien admettre que le 8e de finale de la veille entre Manchester City et Schalke 04 (7-0) était encore moins accroché.