ASSE-Losc: «On va panser les plaies»… Pourquoi tout va de travers depuis deux mois à Saint-Etienne?

FOOTBALL Désormais 6es en Ligue 1, les Verts ont vécu un dimanche cauchemardesque, entre le revers in extremis contre le Losc (0-1) et les expulsions de Gasset, Debuchy et Khazri

A Saint-Etienne, Jérémy Laugier

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Ici au duel avec Youssouf Koné, Mathieu Debuchy a été expulsé en fin de partie ce dimanche, tout comme Wahbi Khazri. JEFF PACHOUD
Ici au duel avec Youssouf Koné, Mathieu Debuchy a été expulsé en fin de partie ce dimanche, tout comme Wahbi Khazri. JEFF PACHOUD — AFP
  • Largement dominée une semaine plus tôt à Marseille (2-0), l'ASSE a encore été battue dans un match déterminant pour la course à l’Europe, ce dimanche contre le Losc (0-1).
  • Les Verts sont au cœur d’une spirale négative tenace depuis le traumatisant derby perdu dans le Chaudron (1-2) il y a deux mois.
  • Outre la défaite face à la bande à Nicolas Pépé ce dimanche, Sainté a dégoupillé en fin de rencontre avec les expulsions de Mathieu Debuchy et de Wahbi Khazri.

Vous souvenez-vous de cette équipe stéphanoise sur le podium de la Ligue 1 après un succès arraché en match en retard contre l'OM (2-1) ? C'était il y a seulement deux mois mais ça semble faire une éternité, tant l’ASSE est au plus mal, ce dimanche, après un nouveau revers dans les dernières minutes de jeu face au Losc (0-1). « C'est sûr que c’est une défaite qui fait mal, reconnaît Mathieu Debuchy. On n’a pas été au niveau et il nous a manqué pas mal de choses pour gagner. »

Tout sauf une première pour une équipe totalement dépassée une semaine plus tôt lors du choc au Vélodrome (2-0). C'est simple, à partir du traumatisant derby perdu sur un coup de tête au buzzer de Moussa Dembélé (1-2), les Verts présentent un bilan de six défaites, un nul et seulement deux victoires en neuf matchs, dont une claque à domicile en Coupe de France contre Dijon (3-6).

Départ de Selnaes, graves blessures de Monnet-Paquet et Gabriel Silva

En 2019, tout va quasiment de travers à Sainté, si on prend en compte les graves blessures de Kévin Monnet-Paquet et Gabriel Silva, le départ surprise d’Olé Selnaes vers le championnat chinois, ou encore les (nouveaux) pépins physiques de l’indispensable Loïc Perrin. Y’a-t-il donc eu un avant et un après-derby dans la saison des Verts, aujourd’hui 6es à sept points du podium ?

« Non, ce n’est pas le derby, réfute Wahbi Khazri. On a depuis réussi à gagner à Dijon [0-1] et on n’était pas loin de prendre un point contre Paris [0-1]. Mais en ce moment, on n’est pas tranchants dans ce qu’on fait. » Hormis dans les échauffourées sur le terrain, serait-on tenté de préciser, après les expulsions ce dimanche de Jean-Louis Gasset, Mathieu Debuchy et Wahbi Khazri (neuf cartons jaunes et donc un rouge en L1 cette saison).

« J’ai des comportements qui sortent un peu de l’ordinaire »

Le meilleur buteur stéphanois, en panne… depuis son doublé contre l’OM en janvier, a assumé son coup de sang (90e+4) devant les médias.

« J’ai été m’excuser car j’ai eu un comportement un peu agressif envers l’arbitre. Mais je n’ai pas eu de mots inappropriés ou irrespectueux. Je lui ai dit que c’était ma première faute. C’est vrai que je ne dois pas avoir ce comportement-là. On a parlé tous les deux, il me comprend et je le comprends. Des fois, j’ai des comportements qui sortent un peu de l’ordinaire. Le seul fautif, c’est moi. »

« On va panser les plaies et essayer de remobiliser tout le monde »

Pourquoi les Verts ont-ils ainsi dégoupillé ce dimanche en fin de partie ? « Il y avait l’envie de réagir après le match de Marseille où on avait un peu déjoué, confie Jean-Louis Gasset. Là, on y était dans l’état d’esprit et on s’est battu. C’est devenu de la nervosité après le but [de Nicolas Pépé à la 87e] car quelque chose s’envolait. C’était surtout de la frustration de la part de Mahieu Debuchy. » Après s’être brassé avec Jonathan Ikoné, le latéral stéphanois a ainsi été exclu par Mikael Lesage (90e+1). « Quand ''Debuch'' s’énerve, c’est pour une raison, défend son coéquipier Thimothée Kolodziejczak. Je ne l’ai jamais vu énervé comme ça. L’arbitre aurait pu mieux gérer cette période. »

Les Verts aussi sans doute, tant leur effectif n’a désormais plus l’allure d’un Top 5 de L1 entre les blessés et les suspendus. Conscient d’être dans le dur, Jean-Louis Gasset tente tout de même de positiver : « On a perdu chez nous contre Lyon, Paris et Lille [aucun point pris en six matchs même] qui sont les trois équipes bagarrant pour être en Ligue des champions. On va panser les plaies et essayer de remobiliser tout le monde parce que tout n’est pas à jeter, surtout au niveau de l’état d’esprit. Mais oui, depuis janvier, on joue beaucoup moins bien, le jeu est moins fluide ».

Yann M’Vila endeuillé à trois heures du coup d’envoi

Wahbi Khazri pointe lui aussi « un énorme déchet technique » empêchant de rivaliser avec le Losc (2e) ce dimanche. « On leur a donné trop de munitions, poursuit-il. Ils ne nous ont pas déstabilisés par leur jeu. Le but le résume : un dégagement et un exploit de Pépé. » Wahbi Khazri oublie simplement de préciser que ce dégagement a été permis par une étonnante perte de balle de sa part, aux abords de la surface lilloise. Autant d’erreurs inhabituelles il y a encore quelques semaines laissant à penser que quelque chose s’est brisé dans la très correcte saison de l’ASSE jusque-là.

« Non, non, il n’y a rien de cassé, assure Mathieu Debuchy. On n’y arrive plus en ce moment et c’est à nous de rectifier le tir rapidement. » Exemple ultime de la lose semblant s’emparer de tout l’effectif stéphanois en ce moment : le décevant match de l’homme clé du milieu Yann M'Vila ce dimanche. Jean-Louis Gasset a délivré un éclairage particulier à ce sujet après la rencontre.

« Je vais vous avouer quelque chose, même si je ne veux pas trouver d’excuse. Yann M’Vila a appris aujourd’hui à midi qu’il avait perdu son grand-père. J’ai discuté avec lui. En pleurant, il m’a dit qu’il voulait jouer. En première période, il était ailleurs. A la mi-temps, j’ai discuté avec lui dans mon bureau pour essayer de le remettre dans le match. Quand le métronome subit un coup dur de la vie, quand il perd cinq ballons sur dix, ça enlève peut-être de la confiance à ceux qui jouent à côté. »

Et en ce moment, la confiance s’est en effet envolée loin, très loin du Forez.