ASSE-PSG: «Le match courageux qu’on voulait faire»… Les Verts n’ont-ils pas clairement manqué d’ambition?

FOOTBALL L'ASSE n'a jamais su inquiéter le PSG ou enflammé la rencontre dans son Chaudron dimanche (0-1)

Au stade Geoffroy-Guichard, Jérémy Laugier

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Wahbi Khazri n'a pas existé dimanche face au PSG de Thiago Silva.
Wahbi Khazri n'a pas existé dimanche face au PSG de Thiago Silva. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
  • Seulement battus à deux reprises en Ligue 1 dans le Chaudron depuis janvier 2018, les Verts semblaient armés pour bousculer un PSG en mode post-Ligue des champions dimanche.
  • Installés dans une configuration très défensive, ils n’ont pourtant jamais su emballer une triste rencontre (0-1).
  • Jean-Louis Gasset et les joueurs de l’ASSE ont tenté de défendre leur bilan après cette défaite, évoquant « un match courageux ».

« C’est une bonne équipe qui dispute ses matchs à fond. Elle joue avec le cœur devant ses supporters et elle essaie de jouer au ballon. » Auteur d’un superbe but ayant égayé un terne ASSE-PSG (0-1, 73e), Kylian Mbappé a soigné sa cote de popularité, dimanche dans le Forez, après cet hommage rendu aux Verts. Autant ceux-ci méritaient de l’emporter en avril dernier face à Paris (1-1, but contre son camp de Mathieu Debuchy dans les derniers instants), autant ils n’ont quasiment rien tenté dimanche.

Contre un PSG privé de Neymar et Edinson Cavani, en mode tranquillou post-choc à Manchester United, les Stéphanois n’avaient-ils pas mieux à faire que ce bloc bas à cinq (plus deux purs milieux défensifs avec Yann M’Vila et Youssef Aït Bennasser) ne déclenchant pas le moindre pressing ? « On a livré un match courageux, le match qu’on voulait faire, en ne laissant pas d’espace à des attaquants très rapides, assume pleinement Jean-Louis Gasset. On avait décidé de défendre bas et d’essayer de contrer si on pouvait le faire. Peut-être que ça manquait d’ambition mais on a perdu sur un but venu d’ailleurs. »

« On avait le match en main pour obtenir un nul »

Les Stéphanois ont-ils seulement cherché à jaillir en contre-attaque ? Rémy Cabella et surtout Wahbi Khazri ont été totalement perdus durant toute la rencontre et seuls Romain Hamouma et le vaillant Kévin Monnet-Paquet (victime d'une rupture des ligaments du genou gauche en fin de rencontre) ont tenté d’enflammer un Chaudron plutôt éteint. « Il nous a peut-être manqué un peu de finition », estime Rémy Cabella. « Il aurait fallu concrétiser une ou deux actions qui nous auraient peut-être mis à l’abri, poursuit Yann M’Vila. Je pense qu’on avait le match en main pour obtenir un nul. »

On ne peut pas dire que la lucidité était de la partie dans les rangs de l’ASSE pour analyser cette triste rencontre, tant seule une reprise de Gabriel Silva, gêné par Colin Dagba (62e), peut être considérée comme une occasion dangereuse. Plus encore que le différentiel de tirs tentés (16 à 8 en avril 2018 contre 10 à 11 dimanche), Sainté avait vraiment donné l’impression de jouer son va-tout sans redouter de subir une volée la saison passée. « Non, on n’a pas eu le frein à main, insiste pourtant Rémy Cabella. Mais Paris est très bien en place, presse et joue bien les coups. Si on n’a pas marqué, c’est qu’il nous a manqué quelque chose. »

« Contre Thiago Silva, il n’y en a pas beaucoup qui pèsent »

Dans les manques évidents du soir, on peut à la fois y placer plus de talent offensif, davantage d’audace, et un grand Wahbi Khazri. Le meilleur buteur stéphanois (12 réalisations en L1) s’est seulement illustré par sa nervosité dimanche. « C’est l’atmosphère et aussi le caractère du joueur, confie Yann M’Vila. On sait très bien que Wahbi n’aime pas perdre. Quand on n’y arrive pas, il peut parfois un peu s’énerver. » Son entraîneur a tenté de défendre son bilan (35 ballons joués, seulement 71 % de passes réussies et aucun tir cadré) après la rencontre.

« Quand vous jouez contre Thiago Silva, il n’y en a pas beaucoup qui pèsent. Je vous le dis, ce n’est pas une partie de plaisir. Je ne suis pas déçu d’un joueur en particulier. On sait contre qui on joue. Il était nerveux, c’est normal. C’est un joueur qui aime faire la différence, dribbler et là on n’avait pas le ballon. C’est donc logique qu’il s’énerve un peu. »

« Beaucoup d’équipes montrent leurs limites contre le PSG »

Averti pour la huitième fois de la saison en Ligue 1, ce qui n’est quand même pas banal pour un attaquant, Wahbi Khazri a donné l’impression de montrer ses limites. Tout comme l’ASSE, jusque-là invaincue à domicile et battue en un mois par l'OL (1-2) et le PSG (0-1). « Ça doit vouloir dire quelque chose », reconnaît Jean-Louis Gasset.

Loïc Perrin est nettement plus agacé par cette notion de « limites » : « Ça veut dire quoi montrer ses limites ? Personne avant le match ne s’attendait à ce qu’on gagne. Nous, on y croit toujours avant un match. La logique a été respectée. On n’est pas passé très loin. Je crois qu’il y a beaucoup d’équipes qui ont montré leurs limites alors contre le PSG ». Certes, mais ça n’est jamais réjouissant de voir le 4e de L1 se résoudre à un plan de jeu de relégable pour défier Paris, si ?