Girondins de Bordeaux: «La priorité, c'est d'augmenter les revenus», les mises au point de Joe DaGrosa

INTERVIEW Le nouveau propriétaire revient sur ses premières semaines à la tête du club... 

Propos recueillis par Clément Carpentier

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Joe DaGrosa revient sur son premier mois à la tête des Girondins de Bordeaux.
Joe DaGrosa revient sur son premier mois à la tête des Girondins de Bordeaux. — Nicolas Tucat / AFP
  • Joe DaGrosa revient sur son premier mois aux Girondins de Bordeaux. 
  • Macia, Longuépée, Varela, le mercato, la DNCG... il aborde tous les sujets d'actualité de son club. 
  • La priorité pour lui aujourd'hui c'est d'augmenter rapidement les revenus. 

Un mois. Cela fait tout pile un mois que Joe DaGrosa est devenu le propriétaire des Girondins de Bordeaux. Depuis cette date historique du 6 novembre, le président de GACP découvre petit à petit le club et le monde du football français. Il multiplie les rendez-vous, à droite, à gauche. Les heures de sommeil se font rares. Malgré cet agenda très chargé, le nouveau patron des Marine et Blanc a reçu 20 Minutes plus d’une heure pour revenir sur toute l’actualité du club.

Comment se passe votre prise de fonction ?

Jusqu’à maintenant tout se passe bien. On observe, on regarde… Ce n’est pas évident de tout changer en quelques semaines. Par exemple, il y a une équipe en place sur le terrain et on ne peut pas y toucher. On ne pourra pas faire de changement en général avant janvier mais ça ne nous empêche pas de travailler de façon active pour vite améliorer l’équipe et le club.

Quel est votre premier état des lieux ?

Aujourd’hui, notre priorité, c’est clairement de trouver des solutions pour augmenter les revenus. On travaille beaucoup pour voir comment on peut améliorer les dépenses au niveau du stade et des partenariats. Pour ça, on rencontre beaucoup de gens. C’est un peu comme un volcan, il y a beaucoup de choses qui se passent en dessous de la surface. Vous verrez, il y aura des changements, à la fois sur le terrain et en dehors ! D’une manière générale, cela confirme ce qu’on a toujours cru : il y a de grosses possibilités pour faire évoluer positivement le club.

Comment avez-vous vécu le match contre le PSG ?

Un rêve est devenu réalité. On avait dit qu’on voulait concurrencer les grosses équipes comme le PSG et nos joueurs l’ont prouvé sur ce match.

Eduardo Macia sera-t-il votre directeur sportif ? Pourquoi il n’est toujours pas là ?

On ne peut pas faire de commentaire sur lui, même si on le connaît depuis un an maintenant. Hugo [Varela] le connaît depuis plus longtemps. Je pense que si on peut le faire venir, ce sera une grosse plus value pour le club. Mais pour le moment, il n’y a pas de changements, même si ça peut vite évoluer. Notre objectif sportif, c’est la construction de l’équipe.

Alain Roche est-il un autre candidat crédible ?

Pas de commentaire.

Pourquoi Hugo Varela n’est pas votre directeur sportif puisque finalement, c’est lui qui reçoit les agents et les joueurs ?

Il y a une grosse incompréhension autour de Hugo. Il fait partie de mon projet. Nous faisons des investissements au niveau mondial dans le sport et je compte sur son expertise notamment dans le foot. Il est mon partenaire et mon conseiller. Notre métier n’est pas de venir dans un club et de faire ce que les autres ne font pas. Notre métier est plutôt d’attirer les gens les plus compétents et talentueux. En ce qui concerne de parler aux joueurs et aux agents, c’est à la fois mon job et celui de Hugo Varela.

Est-ce que vos relations avec Frédéric Longuépée sont tendues comme certains le laissent entendre ?

Bon, ici, tout le monde cherche la petite bête. Mon job est d’attirer les meilleurs et de les mettre dans les meilleures dispositions pour travailler. On doit avoir des gens qui arrivent avec des idées nouvelles et ensuite, on discute ensemble de ces idées. Mais, il y a des gens dans le club qui profitent de ces désaccords pour montrer qu’il y a des tensions !

Joe DaGrosa, Hugo Varela et Frédéric Longuépée (de gauche à droite) au Matmut Atlantique.
Joe DaGrosa, Hugo Varela et Frédéric Longuépée (de gauche à droite) au Matmut Atlantique. - Nicolas Tucat / AFP

Il a des pouvoirs sur le sportif ?

Hugo (Varela) parle aux agents, Frédéric (Longuépée) aussi. Nous sommes des partenaires. Hugo me fait confiance, moi aussi je lui fais confiance. Nous réfléchissons comme un groupe. Il n’y a aucun problème.

Sur le mercato… (il coupe très vite la question)

Je voudrais clarifier une chose avant tout. Cet été, nous avons vite compris que les discussions avec les joueurs et les entraîneurs, ça ne serait pas possible sans l’accord de M6. La seule chose qu’on pouvait faire, c’était accepter ou rejeter les accords de M6. Nous n’avions pas la possibilité de négocier. Nous avons proposé des noms mais M6 les a rejetés. Ils nous donnaient le nom et le prix du joueur, on ne pouvait dire que oui ou non.

Combien allez-vous invertir lors du prochain mercato ?

100 millions d’euros. Non, c’est une blague (rires). Encore une fois, nous allons essayer de faire le meilleur pour le club. Nous allons annoncer de bonnes nouvelles rapidement. Un budget ? On ne peut pas le dire car ce serait donner une information à tous les autres clubs. Il faut être patient. On doit aussi prendre les bonnes décisions pour les années à venir.

Est-ce que King Street, l’autre propriétaire, vous met la pression ?

C’est notre partenaire financier. Leur président à affaire à moi, à Hugo (Varela) aussi, on travaille tous ensemble. La relation est très bonne. On veut tous la même chose pour le club, on est sur la même longueur d’onde. La pression ne vient pas de King Street mais des supporters pour moi. Mais, c’est une bonne pression.

Comment abordez-vous votre passage devant la DNCG (direction nationale du contrôle de gestion) ?

On travaille sur cette réunion du 11 décembre. Ces personnes sont très compétentes et c’est très bien. Ils comprennent les chiffres donc c’est plus facile pour nous car c’est une transaction très compliquée et ils peuvent comprendre tout ça.

Enfin, quel est le joueur qui vous impressionne le plus ?

Hugo (rires) ! Ils font tous du très bon boulot, on le voit sur les derniers matchs. Après c’est difficile de dire qui est bon, qui est mauvais, mais évidemment je peux citer François Kamano.