VIDEO. OL-Hoffenheim: Pourquoi Jean-Michel Aulas se trompe (encore) de cibles en s'en prenant aux médias et au PSG

FOOTBALL Après le nul (2-2) concédé dans le temps additionnel mercredi contre Hoffenheim, le président de l’OL Jean-Michel Aulas a pointé le rôle joué par les médias pour expliquer « le manque de confiance » de ses joueurs…

Jérémy Laugier

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Jean-Michel Aulas, ici au Parc des Princes lors de la lourde défaite le 7 octobre de l'OL contre le PSG (5-0).
Jean-Michel Aulas, ici au Parc des Princes lors de la lourde défaite le 7 octobre de l'OL contre le PSG (5-0). — J.Spencer/Sipa
  • L’OL a de nouveau vécu une rude fin de soirée mercredi en concédant in extremis un nul (2-2) face à Hoffenheim qui change beaucoup de choses dans la course aux 8es de finale de Ligue des champions.
  • Regrettant « le manque de confiance » de ses joueurs en deuxième période (2-0 puis 2-2 à 11 contre 10), Jean-Michel Aulas s’en est pris aux critiques faites dans les médias.
  • Au passage, le président lyonnais a balancé quelques scuds à l’encontre du PSG.

« Il faut gagner les matchs, c’est tout. » Bruno Genesio a un remède implacable pour redonner confiance à ses joueurs. En raison du nouveau nul concédé mercredi dans le temps additionnel contre Hoffenheim (2-2), deux semaines après le 3-3 en Allemagne, Jean-Michel Aulas a évoqué à 11 reprises les mots « confiance » et « mental » durant son intervention devant la presse. Un thème ciblé pour expliquer comment un groupe épatant et euphorique en première période (2-0) a pu à ce point flipper à 11 contre 10. Et à écouter le président lyonnais, le premier responsable n’est en aucun cas son équipe ou celle d’Hoffenheim.

« Le fait de mener a créé chez les joueurs un certain nombre d’interrogations. On s’est arrêté de jouer. Il faut vraiment qu’on arrive à régler ce problème de confiance. On a besoin que tout le monde nous aide. Car à force d’entendre des critiques permanentes qui ne sont pas toutes justifiées, les joueurs y sont beaucoup plus sensibles que le président. Ceux qui critiquent participent activement à cette psychose qui fait que même quand on est en position favorable, on a des doutes. »

« L’entraîneur et le président n’ont rien à voir là-dedans »

Même s’il reprend de volée encore plus d’articles de presse que d’habitude sur son incontournable compte Twitter, on ne s’attendait quand même pas à pareille sortie de JMA contre les médias. « Il faut arrêter de dramatiser », exhorte-t-il, en partant un peu dans tous les sens : « Si on commence à se tirer des balles dans le pied en disant que les joueurs ne sont pas bons ou que l’entraîneur n’y arrivera pas, c’est sûr qu’on n’y arrivera pas ».

Tenant visiblement à protéger son coach pour la 1376e fois depuis 2016, il ajoute : « Hoffenheim est revenu parce que les joueurs ont baissé un peu le pied mais l’entraîneur et le président n’ont rien à voir là-dedans ». OK, mais que pensent réellement Bruno Genesio et les joueurs du rôle a priori crucial des médias, pas réputés éminemment corrosifs à Lyon, dans les décevantes performances du moment (2 succès sur les 8 derniers matchs) ?

« On s’est peut-être vu un peu trop beau »

« On n’a pas su tuer le match en inscrivant le troisième but, regrette avant tout l’entraîneur de l’OL. On a beaucoup trop reculé et on a trop voulu préserver notre résultat à 2-1. On a cédé sur un coup de pied arrêté sur lequel on a manqué d’agressivité et de concentration. » Bon, a priori il a davantage envie de bondir sur Bertrand Traoré, coupable du « air marquage » le plus dingue de la soirée lors de l’égalisation de Pavel Kaderabek (2-2, 90e+2) que sur des journalistes. Aucune référence non plus à un quelconque climat médiatique pesant dans les réactions de Lucas Tousart et Nabil Fekir mercredi soir.

« On ne peut s’en prendre qu’à nous-mêmes, assume le milieu défensif lyonnais. A la mi-temps, on s’est peut-être vu un peu trop beau. » « Après l’expulsion [du défenseur d’Hoffenheim Kasim Adams Nuhu], on a baissé un peu d’intensité et de rythme, constate de son côté le capitaine de l’OL. Ils ont réussi à revenir et c’est triste pour nous. Quand on prend un but, on n’est pas serein derrière. »

« Je ne pense pas que les sifflets aient un impact sur notre confiance »

La veille, celui-ci avait évoqué le contexte délicat, surtout lié aux sifflets du Parc OL en deuxième période contre Bordeaux (1-1) : « Je ne pense pas que ça ait un impact sur notre confiance. On est des joueurs de haut niveau et on est préparé à ça ».

S’ils sont « préparés » à la grogne de milliers de supporters en direct, il est fantaisiste d’imaginer qu’ils auraient les jambes chancelantes sur le terrain en songeant encore et encore à une remarque acerbe dans un article.

« Je ne vais pas pleurer comme le PSG »

Mais il ne s’agissait que du premier volet de l’après-match d’Aulas, l’autre partie concernant sa cible la plus régulière, le PSG évidemment, avec trois scuds plus ou moins discrets.

  • « Nous sommes encore deuxièmes de notre groupe de Ligue des champions et je pense qu’il n’y aura pas beaucoup d’autres équipes françaises qui seront qualifiées. »
  • « Dans toutes les révélations de la semaine de Football Leaks, Lyon n’apparaît pas, Lyon est propriétaire de son stade… »
  • « Je ne vais pas pleurer sur toutes les antennes comme le PSG. Mais vous ne me reprendrez pas de toute façon si je pleure contre l’arbitrage, contrairement au PSG que vous reprenez partout [après le nul 1-1 à Naples]. »

« Il faut arrêter de jeter le manche après la cognée »

S’il ne voulait pas pleurer sur l’arbitrage de cet OL-Hoffenheim, Jean-Michel Aulas s’est tout de même fendu d’une remarque concernant le lancement du premier but allemand d’Andrej Kramaric (2-1, 65e) : « Le ballon est entièrement sorti en touche et on prend le but derrière, c’est vrai que ce n’est pas de chance. Je viens de le montrer à l’arbitre ».

Le Néerlandais Dany Makkelie a dû apprécier son échange avec un JMA des mauvais soirs, tout comme ce supporter ayant croisé sa route après le match (voir la vidéo ci-dessus). Son récital peut être conclu par une punchline bonus à méditer sur OLTV : « Il faut arrêter de jeter le manche après la cognée, avant même d’avoir tiré toutes les cartouches ».