Hoffenheim-OL: «Un match fantastique»… Pourquoi la communication de Jean-Michel Aulas cause du tort à son club

FOOTBALL Les Lyonnais ont énormément souffert mardi en Allemagne. Mais en ramenant un match nul (3-3) quasi inespéré au vu du contenu contre Hoffenheim, ils ont réussi « l’exploit » espéré la veille par Jean-Michel Aulas…

Jérémy Laugier

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En égalisant en toute fin de partie, l'attaquant brésilien d'Hoffenheim Joelinton a empêché Tousart, Denayer et Lopes de réaliser un véritable hold-up en Allemagne (3-3). THOMAS KIENZLE
En égalisant en toute fin de partie, l'attaquant brésilien d'Hoffenheim Joelinton a empêché Tousart, Denayer et Lopes de réaliser un véritable hold-up en Allemagne (3-3). THOMAS KIENZLE — AFP
  • L’OL a ramené un nul (3-3) assez miraculeux d’Hoffenheim au vu de la grande domination allemande.
  • Malgré cette prestation plus que délicate pour les Lyonnais, Jean-Michel Aulas a salué le « match fantastique » réalisé par ses joueurs.
  • Une sortie médiatique qui vient après « l’exploit » que pourrait constituer un match nul en Allemagne.

Les Lyonnais ont pu se lever ce mercredi matin avec la sensation d’avoir réalisé « un exploit » contre Hoffenheim (3-3). C'est ainsi que Jean-Michel Aulas leur avait publiquement présenté lundi la perspective d’un nul chez le 8e du championnat allemand : « Un match nul serait véritablement un exploit, et c’est ce qu’on est venu faire ». Annoncé compte double, peu importe la manière donc, pour le président de l’OL, qui a remis ça après la rencontre au micro de RMC.

On avait fait un match fantastique. J’avais dit que si on faisait match nul, ce serait un exploit parce que je connaissais la détermination incroyable d’Hoffenheim, qui avait aussi bien résisté contre City [défaite 1-2]. Perdre dans ces conditions, enfin ne pas perdre mais faire match nul, alors que la victoire nous tendait les bras, c’est décevant. »

« On a produit beaucoup d’actions de classe »

Cette communication présidentielle, qui manque à la fois d’ambition avant le match et de lucidité ensuite (« On a produit beaucoup d’actions de classe », « on a très bien su prendre cette équipe tactiquement »…) sert de repère dans le vestiaire lyonnais. « On a été plutôt bon dans l’ensemble, a notamment lâché mardi soir Anthony Lopes. Ce qu’il nous a manqué, c’est cette fin de match. On doit être capable de tenir notre avantage d’un but. » Comme Jean-Michel Aulas, Anthony Lopes considère que l’OL a manqué le coche en craquant sur l’égalisation de Joelinton (3-3, 90e+2).

Mais les difficultés lyonnaises mardi ne se résument absolument pas aux derniers instants de panique d’une équipe reprise au score. Et désormais dépassée à mi-parcours dans son groupe par Manchester City (6 points contre 5) malgré un succès initial, et pour le coup un exploit, à l’Etihad Stadium (1-2). De même, si ce groupe se retrouve souvent impliqué dans des rencontres spectaculaires, il n’en est pas l’acteur principal. Clairement malmené dans l’animation du jeu, l’OL a concédé 26 tirs (contre 12), subi 53 % de possession de balle, tout en réussissant 70 passes de moins que son adversaire, qui a qui plus est parcouru au total 6,4 km de plus sur le terrain.

Moins de 50 % de victoires cette saison

La statistique des tirs concédés devient une constante pour cette équipe déséquilibrée, voire désorganisée, qui venait d’en laisser 23 à Nîmes vendredi en Ligue 1 (2-0) ou 16 dans sa précédente rencontre européenne contre un Shakhtar Donetsk (2-2) lui aussi nettement dominateur jusqu’aux 20 dernières minutes de jeu. En Allemagne, les partenaires de Memphis Depay ont converti trois de leurs cinq frappes cadrées du match, profitant systématiquement de grosses bévues défensives d’Hoffenheim.

Si la notion statistique d’expected goals est encore un peu barbare dans le football français (il s’agit de la probabilité de buts marqués), l’OL a là aussi des chiffres parlants en sa défaveur. Sur les six derniers matchs de championnat, l’équipe de Bruno Genesio est ainsi dernière en L1 avec 11,30 expected goals contre elle (pour 8 buts concédés, 13e défense sur cette période). Plus que tout, Lyon n’a remporté que 6 de ses 13 matchs officiels cette saison. En précisant son propos, on ne peut finalement qu’être d’accord avec JMA : avec ce type de prestation proposée, obtenir un match nul à Hoffenheim relevait bien de « l’exploit ».