Girondins de Bordeaux: Nicolas de Tavernost quitte le club avec «un vrai pincement au cœur»

FOOTBALL Après 19 ans à la tête du club, il cède le club ce mardi à des fonds d’investissement américains…

Propos recueillis par Clément Carpentier

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Nicolas de Tavernost soulève la coupe de France remportée par les Girondins en 2013.
Nicolas de Tavernost soulève la coupe de France remportée par les Girondins en 2013. — PDN/SIPA
  • M6 a vendu les Girondins de Bordeaux ce mardi.
  • L’historique président du directoire de la chaîne, Nicolas de Tavernost revient en quelques mots sur cette aventure de près de 20 ans.
  • Il assure qu’il reviendra très rapidement voir son club de cœur en tant que simple supporter.

Voilà, c’est fini. Ce mardi, Nicolas de Tavernost vient de refermer un chapitre de 19 ans de sa vie. Celui de propriétaire des Girondins de Bordeaux. Le président du directoire de M6 a cédé le club aux fonds d’investissement américains, GACP et King Street. Un moment extrêmement émouvant pour celui qui n’a jamais caché son amour pour les Marine et Blanc à titre personnel. Au moment de boucler la boucle, il se confie à 20 Minutes entre deux déplacements à l’étranger.

Que ressentez-vous au moment de quitter le club ?

Ce n’est pas la première fois que le Groupe M6 cède un de ses actifs, et il y a toujours un peu d’émotion car derrière les entreprises il y a des hommes et des femmes, une histoire, des souvenirs… Dans le cas des Girondins, c’est un vrai pincement au cœur car nous avons vécu des moments inoubliables pendant ces 19 années, une aventure humaine et sportive exceptionnelle.

Nicolas de Tavernost avec Jean-Louis Triaud.
Nicolas de Tavernost avec Jean-Louis Triaud. - NIVIERE/SIPA

De quoi êtes-vous le plus fier aujourd’hui ?

Au-delà des titres glanés pendant la période, nous sommes surtout fiers d’avoir contribué à la pérennité de cette institution à travers de nombreux investissements : centre de formation, grand stade [le Matmut Atlantique], partenariats à l’étranger… De grands joueurs sont passés par le club, mais l’autre réussite est d’avoir mis en place une équipe administrative et commerciale de grande qualité.

Quel est votre meilleur souvenir ?

C’est difficile de choisir, il y en a beaucoup… Le sport a ceci de particulier qu’il procure des émotions très fortes et surtout collectives, qu’on est heureux de partager avec les joueurs, le personnel, le staff, les supporters… A cet égard, le titre de champion de France 2009 reste peut-être le plus beau souvenir.

Et le pire ?

Je garde toujours un très mauvais souvenir de l’élimination en quart de finale de la Ligue des champions en 2010 face à l'Olympique lyonnais [L’OL avait notamment bénéficié d’un penalty très généreux au match aller à Gerland].

Comment voyez-vous l’avenir des Girondins de Bordeaux ?

Le football en France se polarise, avec quelques clubs disposant de moyens démesurés par rapport au reste du peloton. Les repreneurs des Girondins ont un projet pour investir dans le club d’une part et accroître ses revenus d’autre part. Il faut désormais qu’ils l’appliquent, et mon seul souhait est de les voir réussir.

Et le vôtre ?

En ce qui me concerne, je continuerai évidemment à suivre les matchs et viendrai de temps en temps au stade, en simple supporter. Enfin, en tant que dirigeant d’un groupe média qui compte M6, W9 et la radio RTL, je bascule définitivement de la LFP [Ligue Professionnelle de Football] vers la FFF [Fédération Française de Football] puisque nous diffuserons pendant les prochaines années sur nos antennes les matchs des équipes de France féminine et masculine.