OL-Nîmes: Et si même «l’égocentrique» Memphis Depay avait (un peu) douté durant ses deux mois sans but?

FOOTBALL Après dix rencontres de rang sans le moindre but inscrit sous le maillot lyonnais, Memphis Depay a assuré le difficile succès des siens, vendredi contre Nîmes (2-0)...

Jérémy Laugier

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Memphis Depay, ici après son but la semaine passée lors du match de Ligue des nations contre l'Allemagne (3-0).
Memphis Depay, ici après son but la semaine passée lors du match de Ligue des nations contre l'Allemagne (3-0). — EMMANUEL DUNAND / AFP
  • Héritant d’un ballon de Bertrand Traoré dans la surface, Memphis Depay a signé samedi un joli numéro pour inscrire son deuxième but de la saison, et assurer la victoire d’un OL parfois malmené par Nîmes (2-0, 90e).
  • Finalement, malgré son fort ego, l’international néerlandais a-t-il traversé des moments de doute durant ses deux mois de disette avec son club ?

On avait quitté un Memphis Depay en fusion totale en fin de saison passée, avec un bilan de 10 buts et 6 passes décisives sur les 9 dernières journées de Ligue 1. La coupure estivale (sans Mondial) a semble-t-il refroidi le rendement du Néerlandais, bloqué jusque-là à un seul but, un sublime coup franc inscrit dès le premier match contre Amiens (2-0) le 12 août.

N’importe quel attaquant serait en proie au doute après avoir vendangé son petit wagon d’occases, comme celle absolument seul devant la cage marseillaise (4-2 le 23 septembre), ou sa pichenette aisément flairée par Bernardoni, samedi contre Nîmes. Mais lorsque Memphis Depay a fini par trouver la faille en mystifiant à la fois Briançon et Bernardoni (2-0, 90e), on n’a pas senti chez lui de soulagement particulier.

« Mon objectif, c’est de jouer pour Dieu et de prendre du plaisir »

« Pour Memphis comme pour Moussa Dembélé (1-0, 24e), c’est important qu’ils aient marqué pour leur confiance, assure pourtant Bruno Genesio. C’est de bon augure pour la suite. » On a l’impression que l’entraîneur lyonnais raconte les timides premiers pas dans l’élite de Mateta, Gouiri ou Maolida. Car en termes de confiance en lui, le gaillard nous semble plutôt être l’équivalent d’un Cristiano Ronaldo ou d’un LeBron James. Ni plus ni moins. Une impression confirmée par son coéquipier Jason Denayer : « Memphis a beaucoup de confiance en lui donc je ne pense pas que cette période sans marquer ait changé son jeu. »

Contre Nîmes, Memphis n’a pas attendu de débloquer son compteur, muet durant 10 matchs de rang (hors sélection où il s’est souvent illustré), pour livrer quelques friandises dont il a le secret. « Je ne pense pas à scorer ou à faire des passes décisives avant un match, a-t-il confié samedi soir. Mon objectif principal, c’est d’abord de jouer pour Dieu et ensuite de prendre du plaisir dans mon jeu. Si je fais ça, les buts et les passes décisives viendront. »

« Il n’est pas toujours facile à gérer et à comprendre »

Dieu et plaisir, deux notions quasiment jamais citées dans les zones d’interview d’après-match. Une preuve supplémentaire que l’ancien ailier de Manchester United est un personnage vraiment particulier dans le monde aseptisé du football professionnel. Jean-Michel Aulas a tenté de décrypter le phénomène de 24 ans environ 318 fois depuis son arrivée à Lyon en janvier 2017. Mais le président de l’OL a particulièrement trouvé les bons mots samedi.

« Memphis alterne les choses exceptionnelles et les moments où il a moins de réussite. Il a un talent fou, et comme tous les joueurs qui en ont, il est parfois égocentrique. Et puis c’est un garçon tellement généreux sur le plan de l’attitude qu’à un moment, il est récompensé. Au-delà de son talent, c’est un vrai leader et c’est un bonheur de l’avoir dans l’équipe. Il n’est pas toujours facile à gérer et à comprendre mais je sais que beaucoup de présidents aimeraient être à ma place. »

Un bien bel hommage en direction d’un joueur fantasque et déroutant, capable de sonner presque à lui seul, à son entrée en jeu, une révolte dans une rencontre de Ligue des champions galère à huis clos contre le Shakhtar Donetsk (de 0-2 à 2-2). JMA a raison : bien au-delà de ses stats, Memphis Depay fait un bien fou à l’OL et à la Ligue 1. Comment même en douter ? Ne comptez pas sur l’intéressé pour employer ce verbe.