Football: Le foot féminin n’a pas sa place au Stade Rennais mais s’épanouit ailleurs

FOOTBALL Le club breton est l’un des seuls de Ligue 1 à ne pas avoir d’équipe féminine…

Camille Allain

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Ophélie Mareau, joueuse de la section féminine du CPB Bréquigny Football, ici lors du match face au Havre en septembre 2018.
Ophélie Mareau, joueuse de la section féminine du CPB Bréquigny Football, ici lors du match face au Havre en septembre 2018. — Reflex 1.7
  • Le Stade Rennais est l’un des seuls clubs de Ligue 1 à ne pas avoir de section féminine. Le président Olivier Létang a fait savoir que la création d’une équipe féminine n’était pas d’actualité.
  • A Rennes, le foot féminin est incarné par le Cercle Paul Bert Bréquigny, qui évolue en deuxième division.
  • Les filles représentent 10 % des licenciés du club des quartiers sud.

Nîmes, Angers, Caen et le Stade Rennais. Parmi les vingt clubs de Ligue 1, seuls quatre n’ont pas de section féminine. Si le club normand a récemment fait savoir qu’il souhaitait y remédier rapidement, le sujet n’est pas vraiment d’actualité chez son voisin breton, qui accueillera pourtant sept matchs de la prochaine Coupe du monde en juin au Roazhon Park.

Interrogé à ce sujet lundi lors de l’émission Pleine Lucarne, le président du Stade Rennais a été clair. La création d’une équipe féminine n’est pas d’actualité. « Il faut hiérarchiser les priorités. L’équipe féminine c’est quelque chose qui est tendance aujourd’hui, mais que l’on fera peut-être plus tard si jamais on pense que les autres choses sont stabilisées. » Pour justifier son choix, Olivier Létang a évoqué un problème d’infrastructures, non pas de financement. « On n’a pas de terrain. »

Pour jouer au foot à Rennes, les filles doivent donc se tourner vers les associations comme le Cercle Paul Bert. Sa section foot installée à Bréquigny n’a pas à rougir. Bien qu’entièrement amateur, son équipe féminine vient de remonter en deuxième division, après dix ans passés en régional. « Chez nous, aucune fille n’est payée. Elles ont juste des primes de matchs », rappelle Benoît Auréart, le coordinateur foot du CPB Bréquigny.

« On ne joue pas dans la même cour »

Pour leur retour en D2, les Rennaises ont essuyé un premier revers sévère le week-end dernier, en s’inclinant 4-0 à domicile face au Havre. « On ne joue pas dans la même cour. Au coup d’envoi, il y avait des Américaines, des Anglaises. On ne peut pas rivaliser », sourit Sara Vranic, jeune ailière du CPB au club depuis 13 ans. « Le lundi, elles faisaient un décrassage sur la côte. Nous, on avait déjà repris notre vie normale. » A des années-lumière des installations de l’Olympique lyonnais, multiple champion de France et d’Europe.

Fort de ses 200 licenciées, soit 10 % de ses effectifs, le modeste club des quartiers sud de Rennes pourra cependant bientôt profiter d’une tribune couverte​, comme le réclame la fédération. « Cela peut paraître anecdotique mais cela crédibilise le projet. C’est important pour l’accueil de nos adversaires, des supporters, des parents », estime Benoît Auréart.

« S’ils ne veulent pas d’équipe féminine »…

Déjà partenaire du Stade Rennais, le CPB redéfinit actuellement la convention qui le lie avec le club de la famille Pinault. Avec l’ambition de gravir les échelons ? Pas certain. « Le Stade Rennais, c’est un club pro, une entreprise. Ils concentrent leurs efforts sur la coupe d’Europe. S’ils ne veulent pas d’équipe féminine pour l’instant, c’est leur choix. Et je peux le comprendre », estime le coordinateur du club amateur.

Ce week-end, les Rennaises se déplaceront à La Roche-sur-Yon (Vendée), un autre « gros » de leur championnat.

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