VIDEO. Equipe de France: Le mythe Kanté qui s'effondre, Mbappé mauvais perdant, la conf' de Rami... C'était 15 jours de prépa à Clairefontaine

FOOTBALL Ce vendredi matin, les Bleus quittent Clairefontaine et n'y reviendront pas avant de s'envoler pour la Coupe du monde en Russie... 

A Clairefontaine, Nicolas Camus

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Les Bleus en préparation à la Coupe du monde 2018 à Clairefontaine.
Les Bleus en préparation à la Coupe du monde 2018 à Clairefontaine. — Montage photos SIPA

Bye bye Clairefontaine. Vendredi matin à 9h30, les Bleus quitteront le CNF pour se rendre à Lyon, où ils disputent leur dernier match amical contre les Etats-Unis samedi. Ils décolleront de là-bas dimanche pour la Russie, et ne reverront donc pas leur « maison », comme ils appellent cet immense centre perdu au milieu de la forêt de Rambouillet où chaque génération se rassemble depuis 30 ans.

Arrivés le 23 mai, ils y auront passé 16 jours, entrecoupés d’un aller-retour à Nice pour affronter l’Italie. Pas de stage en altitude ou à la mer cette fois-ci, tout s’est passé là, entre le Château (où ils dorment et prennent leur repas), les salles de muscu et de soins, le terrain Michel Platini pour les séances ouvertes au public et les parcours de footing au cœur de la forêt. « On connaît par cœur, on est chez nous, résume Samuel Umtiti. C’est le meilleur lieu pour préparer une Coupe du monde, ça me dérange vraiment pas qu’on n’ait pas bougé. »

Quand on demande aux joueurs ce qui leur restera de cette étape, chacun a sa version. « L’engagement dès la première séance » pour Steve Mandanda, « l’ambiance dans le groupe et la façon dont les nouveaux sont accueillis » pour Benjamin Pavard, « la victoire dans le petit match du début de semaine à l’entraînement » pour Florian Thauvin.

Sûr que si on avait eu Kylian Mbappé, officiellement plus mauvais perdant du groupe, ça n’aurait pas été la même réponse. Le Parisien s’est distingué par quelques bouderies post-défaites assez amusantes. « Kylian, il est comme ça, même en club. C’est un gagneur », en sourit Aréola. Bref, ça a chambré, beaucoup, et au moins autant bossé.

« On a bien rigolé, mais on s’est aussi mis quelques coups. Même dans les jeux, tout le monde voulait gagner, rembobine Thauvin. C’est un moyen de se mettre dans la compétition, pour ne pas être surpris sur le premier match. »

On n’en saura pas beaucoup plus. Difficile d’avoir un détail, un petit quelque chose qui sort de l’ordinaire. Les joueurs ne veulent pas tout partager, et à leur place on ferait sûrement pareil. Alors on va s’y coller nous-mêmes. Après huit allers-retours depuis Paris, cinq bonnes heures passées dans les bouchons (« en direct de Rosny-sous-Bois »), une quinzaine de conférences de presse et quelques entraînements, voilà notre sélection.

  • Kanté fait s’effondrer un mythe

A le voir courir deux marathons par match, on le pensait increvable. Et puis là, le drame. « Ça m’arrive d’être fatigué, comme tout le monde », qu’il nous dit comme ça, sans prévenir. Non, pas ça N’Golo. Pas après tout ce que tu as fait.

  • Le naturel de Rami

La meilleure conf' de la quinzaine, clairement. Heureux d’être là, le Marseillais n’hésite pas à partager son bonheur. « Ma mère dit que je suis le seul de la famille à être de bonne humeur dès le petit-déjeuner, raconte-t-il en se marrant. Ici aussi, je suis comme ça. D’ailleurs, je suis un des premiers en bas, tout le temps. » Il sort aussi de belles et grandes phrases sur la vie et se permet de dire à un collègue, qu’il n’avait pas aimé un article fait sur lui il y a deux ans. « Pas de souci hein, mais je te le dis, comme ça… , je passe à autre chose. Je préfère ». Change rien Adil.

  • Voir Mendy cavaler comme petit fou sur le terrain

Bon, il a pris un petit pont lors d’un jeu, en début de stage, mais à part ça, le latéral gauche a fait très très forte impression. Si peu de temps après une rupture des ligaments croisés, chapeau.

  • L’ambiance de mercredi

Comme d’habitude, il y a eu plusieurs séances ouvertes au public, avec moments dédiés aux selfies et dédicaces à la fin. Mercredi, pour le dernier entraînement ouvert au public, près de 400 supporters sont venus, dont une cinquantaine de membres des Irrésistibles Français. On les a beaucoup entendus, notamment avec ce joli refrain : « Gérard Depardieu, sors-nous ta vodka, on va la gagner chez toi ». Pas mieux.

  • Le collègue qui veut désespérément faire un sujet tactique

C’est le petit jeu des conférences de presse. Le journaliste vient avec son sujet, ses questions, et le joueur avec ses réponses. Souvent les plus vagues possible. Après, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a récupéré. Petite pensée en cette fin de séquence pour notre collègue qui a demandé à quasiment tous les Bleus, quelle était l’identité de jeu réelle de l’équipe, entre avoir le ballon et dominer ou plutôt jouer en contre, avec la vitesse de nos attaquants. Bref, un truc tactique un peu pointu, quoi. Voilà en presque intégralité ce qu’il aura glané : « Les deux. On peut tout faire, ça dépend aussi de l’adversaire ». Allez, bon courage.

  • Dembélé sait (enfin) quel est son meilleur pied

L’anecdote date de la fin de saison 2016. Après la dernière journée de championnat, la grande révélation de la saison avec le Stade Rennais est interrogée pour savoir s’il est droitier ou gaucher. La question paraît couillonne, mais elle se pose réellement. Le jeune attaquant semble aussi à l’aise d’un côté comme de l’autre. Il répond qu’il est gaucher, avant de dire qu’il « tire mieux du droit ». La séquence est restée, et a été déterrée à Clairefontaine. Ça a bien fait marrer l’intéressé. « Ah oui… Quand j’avais dit ça on m’avait bien pris pour un con. Je vais essayer d’être clair : je préfère conduire du pied gauche et tirer du pied droit. » Ok tout le monde ?

Voilà, c’était quinze jours de Clairefontaine, entre anecdotes et moments fondateurs - on l’espère en tout cas. « Tout ça rassemblé, ça fait que le stage n’a pas paru long, conclut Aréola. On est prêt à partir. » Nous aussi.