OM-Atlético: Y'a-t-il plus de risques de bagarres dans le centre-ville de Lyon qu'au Parc OL?

FOOTBALL La finale de Ligue Europa OM-Atlético de Madrid, ce mercredi (20h45) au Parc OL, va pousser Lyon à être en alerte toute la journée, notamment en raison des risques d'affrontements entre supporters lyonnais et marseillais dans le centre-ville...

Jérémy Laugier

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Des échauffourées avaient éclaté entre les forces de l'ordre et des supporters marseillais, en octobre 2017 aux abords du Vélodrome.
Des échauffourées avaient éclaté entre les forces de l'ordre et des supporters marseillais, en octobre 2017 aux abords du Vélodrome. — BORIS HORVAT / AFP
  • La finale européenne entre l’OM et l’Atlético, ce mercredi (20h45), fait craindre aux autorités des bagarres dans Lyon, surtout entre supporters marseillais et lyonnais.
  • Finalement, 13 mois après la flippante soirée OL-Besiktas, les plus grands risques d’affrontements pourraient avoir lieu dans la ville et non au Parc OL.

Le centre-ville lyonnais était tellement paisible mardi que même le grand stand photo représentant l’équipe de l’OM, au cœur du village UEFA installé place Bellecour, n’a pas (encore) été abîmé. Le calme avant la tempête ? Jamais un tel dispositif de sécurité n’a en tout cas été mobilisé jusque-là pour encadrer la finale de Ligue Europa OM-Atlético de Madrid, ce mercredi (20h45) au Parc OL.

Les fans de l'OM ont peut-être eu une pensée émue pour Valère Germain, qui a fait les frais du stand photo proposé par l'UEFA sur la place Bellecour.
Les fans de l'OM ont peut-être eu une pensée émue pour Valère Germain, qui a fait les frais du stand photo proposé par l'UEFA sur la place Bellecour. - Jérémy Laugier/20 Minutes

Avec dix unités mobiles et 1.250 hommes au total entre policiers, gendarmes et CRS, plus un hélicoptère et deux canons à eau, des moyens « deux fois plus importants que lors de l’Euro 2016 » ont été mis en œuvre pour cet événement. La garantie d’éviter un remake de la cauchemardesque soirée OL-Besiktas, 13 mois plus tôt aux abords de l’enceinte décinoise ?

Pas d’interdiction d’accès au centre-ville de Lyon

"La sécurisation du stade sera importante donc les risques d’affrontements entre supporters y seront limités, analyse Nicolas Hourcade, sociologue spécialiste des supporters. En revanche, il y a des risques de dégradations dans le stade, surtout en cas de défaite de l’OM. Et puis en raison d'une stratégie d'interdiction quasi systématique des déplacements de supporters sur les gros matchs, la police n'a pas une routine de travail très développée pour gérer ces événements."

Et si cette fois, le véritable danger se situait dans le centre-ville durant toute la journée davantage qu’en soirée au Parc OL ? Une question qui se pose d’autant plus que la préfecture du Rhône a choisi de permettre aux supporters des deux camps d’accéder à la Presqu’île lyonnaise. Nicolas Hourcade y va de son constat à ce sujet.

« C’est un dispositif relativement inédit pour la France, qui est d’habitude plutôt dans l’interdiction et la restriction. Là, l’UEFA veut concilier impératifs de sécurité publique et fête populaire. Cette absence d’interdiction d’accès au centre-ville complique la tâche, surtout vu l’antagonisme entre Marseillais et Lyonnais. Il y aura plus de risques dans le centre qu’aux abords du stade selon moi. »

 

« Il y a trop de chances de se faire serrer au stade »

Le responsable de la sécurité de l’OM Thierry Aldebert a justement assuré à l’AFP que les 8.000 membres des groupes de supporters « ne passeraient pas par le centre-ville ». De même, ils prévoiraient plutôt reprendre la direction de Marseille dès la fin de la finale, qu’il y ait victoire ou défaite. S’ils devaient se hasarder à traîner dans Lyon, cela pourrait vite faire des éclats avec les fans madrilènes mais surtout avec des ultras locaux. Proches pour certains du mouvement identitaire, ils promettent une réception musclée aux Marseillais depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux.

Pour plusieurs habitués des virages lyonnais comme Jean-Pierre, l’hypothèse d’affrontements dans Lyon ne fait guère de doute : « Franchement, ce sera trop compliqué et trop risqué pour les ultras de se rendre au Parc OL pour se battre. Il y a trop de chances de se faire serrer. Mais en centre-ville, ça ne sera pas la même. Il est toujours possible de prendre des ruelles pour échapper à la police. Je suis persuadé que des groupes d’ultras de l’OM passeront en Presqu’île avec des torches à un moment. » Ultra lyonnais, Philippe est lui aussi certain d’une chose : « Il ne peut pas ne rien se passer de la journée ».

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