Ligue Europa: «Mes filles me parlent de l’OM presque tous les jours !» Une nouvelle génération de supporters est-elle née?

FOOTBALL L'épopée européenne de l'OM séduit de nouveaux supporters, qui n'ont pas connu la glorieuse époque Tapie...   

Jean Saint-Marc

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Des enfants, un grand attaquant, un grand selfie.
Des enfants, un grand attaquant, un grand selfie. — B. Horvat / AFP
  • L'épopée européenne de l'OM et ses matchs couperets passionnants ont conquis une nouvelle génération de supporters.
  • Pour que le phénomène soit durable, il faudra que Marseille confirme son renouveau dans les prochaines saisons, estime le sociologue Ludovic Lestrelin.

Il y a deux semaines, Luciano ne connaissait pas le nom de Gustavo. Aujourd’hui, il porte fièrement la veste de l’OM, achetée en catastrophe par son papa, Thomas, après la demi-finale retour face à Salzbourg. C’était pendant les vacances scolaires : « Mon fils vit à Nantes, avec sa maman. J’ai profité qu’il soit ici à Marseille pour essayer de lui donner le virus ! »

Quand des gamines chantent « Jean-Michel Aulas » de l’autre côté de l’Atlantique

La passion de l’OM est héréditaire. Elle s’attrape aussi devant la télé. A 6.000 kilomètres de Marseille, une famille de Montréal se réveille « deux matins sur trois » au son du mythique « Jean-Michel Aulaaaas. Privé de sa partie la plus vulgaire, précise le blogueur Urbastaga. Après OM-Leipzig, ce fan de l’OM racontait dans un émouvant billet sa folle soirée passée avec ses filles devant une rediffusion du match : « Ça fait un mois et pourtant, elles m’en parlent quasiment tous les jours ! »

Après le but d’Augustin, Mia, 5 ans, avait pourtant décrété, en larmes, qu’elle « détestait » le foot, ce sport « horrible. » Elle s’est ravisée quand Payet, puis Sakai, son joueur préféré, ont qualifié l’OM. « Le fait qu’il mette un but le jour de son anniversaire… Les gamins, c’est le genre de trucs qui les marque », reprend le papa, persuadé que Léa, la plus grande, se souviendra de cette épopée européenne « toute sa vie. »

Ludovic Lestrelin opine : « Quand on s’attache à une équipe dans sa jeunesse, on la suit longtemps. C’est une cible importante pour les dirigeants de club. » Selon ce sociologue, spécialiste du supportérisme et de l’OM, l’hypothèse qu’une nouvelle génération de supporters est en train de grossir les rangs est « crédible ». Surtout pour les natifs des années 1990 et 2000, qui n’ont donc pas connu les folles années Tapie. « Le lien entre les amateurs de foot et Marseille s’était un peu distendu, reprend Lestrelin. L’OM a tout de même connu une traversée du désert, avec seulement quelques brèves embellies. »

Popularité et audiences records

Cette finale de Ligue Europa pourrait n’être, elle aussi, qu’une éclaircie, si les Olympiens ne confirment pas, ensuite, sur le terrain. Ludovic Lestrelin, de nouveau :

« A Marseille, on passe très vite du très haut au très bas ! En 1993, il n’y a pas eu que la victoire en Ligue des champions… Mais toute une série de titres en championnat et de performances européennes »

Performances diffusées alors par TF1, « qui avait besoin de Tapie autant que Tapie avait besoin de TF1 ». Retransmis en clair sur W9, les matchs de l’OM en Ligue Europa ont battu des records d’audience, avec un pic à 5,7 millions, cette saison. Et selon un sondage Odoxa pour RTL, 52 % des Français ont désormais une bonne image de l’OM. En Coupe d’Europe comme en championnat, Marseille peut encore tout perdre. Mais elle a déjà gagné les cœurs.

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