Rémy Cabella, Dante, Joris Gnagnon et Wahbi Khazri sont à la lutte pour une place en Ligue Europa.
Rémy Cabella, Dante, Joris Gnagnon et Wahbi Khazri sont à la lutte pour une place en Ligue Europa. — P. DESMAZES / J. F. MONIER / V. HACHE / AFP

FOOTBALL

Ligue 1: Saint-Etienne, Rennes, Nice… Faut-il vraiment se battre pour la sixième place?

Si le PSG bat Les Herbiers, la 6e place de L1 sera qualificative pour une place en Ligue Europa. Mais il faudra se cogner un vrai parcours du combattant…

  • Saint-Etienne, Rennes et Nice se battent pour une place en Ligue Europa.
  • En cas de victoire du PSG face aux Herbiers, la 6e place de Ligue 1 offrira la possibilité de goûter aux tours préliminaires de la petite coupe d’Europe.
  • Si cette accumulation de matches peut fatiguer les joueurs, elle offre aussi de beaux parcours potentiels.
  • L’OM a dû jouer deux tours préliminaires l’été dernier.

Il faudra attendre le 8 mai et un hypothétique exploit des Herbiers face au PSG. Car si Paris gagne, le sixième de Ligue 1 aura le droit de mettre un orteil en Europe, mais pas plus. Avec la réforme, il faudra à l’heureux élu disputer six matches avant d’intégrer les phases de poule de la Ligue Europa. Un vrai piège dans les lointaines contrées d’Albanie, d’Azerbaïdjan ou de Macédoine. Parlez-en à Bordeaux, éliminé l’an passé devant 4.000 spectateurs par les Hongrois de Videoton. « C’est un parcours du combattant », estime Frédéric Antonetti, qui a entraîné les trois prétendants.

Le consultant sait de quoi il parle pour l’avoir vécu avec Lille, Bastia ou Rennes. En 2011, il entraînait le Stade Rennais lors de la dernière campagne européenne du club breton. A l’époque, les M’Vila, Brahimi, Pitroipa ou Féret avaient repris plus tôt que tout le monde pour éliminer les Géorgiens de Rustavi, avant d’écarter l’Etoile Rouge de Belgrade et d’intégrer, enfin, les poules de la petite coupe d’Europe. « Ça rend la préparation plus difficile car on ne peut pas travailler trop le physique pour ne pas cramer l’équipe. Mais en début de championnat, c’est plutôt un avantage », estime Nicolas Dyon.

« On a atterri, il faisait huit degrés »

Celui qui était à l’époque le préparateur physique du Stade Rennais a connu les trois tours préliminaires promis au futur sixième de Ligue 1. C’était l’an dernier avec son nouveau club, le Grasshopper Zurich. « On est partis jouer à Reykjavik [Islande] mi-juillet. On ne savait même pas si on avait assez d’essence dans l’avion pour arriver là-bas. Quand on a atterri, il faisait huit degrés. Mais c’était une expérience énorme. Cette compétition, il faut la jouer à fond ».

Zurich passera un tour, puis deux en battant les Chypriotes de Limassol mais tombera face à Fenerbahçe. Six matches joués mais pas de Ligue Europa. « Il faut être solide et avoir un effectif adapté, quelques joueurs matures », estime le préparateur sportif, qui vient de quitter le club de Lugano. Pour lui, c’est surtout l’accumulation de matches en poule qui pèse dans les jambes. « L’effet n’est pas soudain. Mais jusqu’à la trêve, ça pèse. »

A Montpellier, l’ancien Philippe Flucklinger se souvient de la campagne de Coupe Intertoto 19997-1998 du MHSC avec des « déplacements dans des contrées et des hôtels improbables » : « On avait joué en Roumanie, à Bistrita. En Bulgarie, à Varna, qu’on nous avait présenté comme le Saint-Tropez de la mer noire. Les voyages étaient interminables mais je me souviens de moments forts qui soudaient le groupe. » Toutefois, l’expérience avait également un « mauvais côté ». « Ces rencontres sont à enjeu. Donc on ne peut pas faire tourner un effectif et tenter des choses comme dans des matchs de préparation classiques. »

Qui de Sainté, Rennes ou Nice héritera de cette 6e place ? Bien malin celui qui pourra le prédire. Pour l’entraîneur du Stade Rennais, la différence avec le 5e sera énorme. « Les tours préliminaires vous disent que vous allez peut-être faire l’Europe, mais peut-être pas. Pour le club, c’est compliqué. Est-ce qu’on investit ou pas ? », s’interroge Sabri Lamouchi.

Le bel exemple de l’OM

Frédéric Antonetti abonde. « Si vous êtes bien préparé, ça doit passer et il faut le jouer à fond ». Avec Lille, le Corse avait mordu la poussière en Azerbaïdjan. « Il faisait 40 degrés, on s’était fait ramasser. On était meilleurs mais on n’était pas prêts ».

Le passage par un tour préliminaire peut cependant offrir de belles perspectives. En 2016, Saint-Etienne avait joué quatre matches avant de passer les poules et de s’offrir un 16e de finale de prestige face à Manchester United. Et le Marseille de cette année a dû jouer quatre matches avant d’arriver là où vous savez.