Ligue 1: Bordeaux-Nantes, un derby de l'Atlantique de moins en moins piquant

FOOTBALL Les Girondins de Bordeaux reçoivent le FC Nantes, dimanche (15h), dans une ambiance bien plus apaisée que par le passé... 

Clément Carpentier et David Phelippeau

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Le défenseur nantais Lima tentera dimanche de contenir la pépite bordelaise Malcom.
Le défenseur nantais Lima tentera dimanche de contenir la pépite bordelaise Malcom. — Jean-Sébastien Evrard - AFP
  • La rivalité est devenu uniquement géographique.
  • Les antagonismes ont changé (Rennes pour Nantes et Marseille et Lyon pour Bordeaux).
  • Les provocations et déclarations d'avant match, c'est fini.

Le Matmut Atlantique va-t-il enfin dépasser la barre des 25.000 spectateurs cette saison ? Il y a des chances. En effet, une affiche entre les Girondins de Bordeaux et le FC Nantes (dimanche, 15h) attire toujours la foule. Ça reste un derby. Celui de l’Atlantique. Même si la rivalité entre les deux villes perd chaque saison un peu plus en intensité.

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C’est avant tout une rivalité « géographique » aujourd’hui 

Comme le souligne Xavier, un Bordelais, ce match garde une dimension particulière à cause de l’aspect « géographique parce qu’ils ne sont pas loin [les Nantais]. » Précisément, à 3h de route. Selon Malik, supporter des Canaris, « les deux villes s’opposent par leur rivalité sportive (les années 80 en football), gastronomique (chocolatine contre pain au chocolat), vinicole (Bordeaux contre Muscadet), il y a aussi certainement un peu de jalousie car elles se ressemblent beaucoup (le tramway, les quais réaménagés, le miroir d’eau, etc.). »

Entre les deux clubs, ce sont surtout les anciens qui entretiennent cette rivalité. « Au final, le vrai derby, c’est Bordeaux. Je pense que c’est comparable à Saint-Etienne et Lyon. Ce sont deux grands clubs historiques. Le fait aussi qu’ils soient un peu hautains… », explique Florian, abonné de la Tribune Loire. D’autres comme Franck, 50 ans, parlent des « Borde-laids, comme leur jeu assez rugueux, n’ont jamais supporté la supériorité nantaise. »

Les supporters de deux équipes devraient encore mettre une belle ambiance au Matmut Atlantique.
Les supporters de deux équipes devraient encore mettre une belle ambiance au Matmut Atlantique. - Medhi Fedouach / Jean-Sébastien Evrard - AFP

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Les supporters ont maintenant d’autres priorités dans la saison

Même si dimanche, les supporters des Girondins lanceront quelques « Cuicuicui, les canaris sont cuits » en réponse, il faut bien reconnaître que ce derby de l’Atlantique a perdu de sa superbe. Pour l’ancien joueur nantais, Olivier Quint, « c’est une ancienne rivalité. Elle est beaucoup moins prononcée qu’avec Rennes. »

Le Bordelais Valentin Vade face au Nantais Léo Dubois.
Le Bordelais Valentin Vade face au Nantais Léo Dubois. - Medhi Fedouach - AFP

Les supporters des deux clubs se sont tournés vers d’autres rivaux ces dernières décennies. Rennes donc pour les Nantais. Pour les Bordelais, c’est aussi devenu « moins important que les rencontres face à Marseille et surtout le Lyon d’Aulas depuis peu », rappelle Xavier.

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Une ambiance apaisée voire courtoise 

Pour son copain, Aristide, si « Nantes reste le club martyr de Pauleta, c’est une rivalité qui s’est calmée depuis que Nantes est descendu en L2 », avant d’ajouter que « le profil de son propriétaire [Waldermar Kita] et la perte de son style de jeu nourrissent la défiance ». Une défiance donc toute relative. D’ailleurs, l’un des porte-paroles des Ultramarines s’est félicité de la venue des supporters nantais au Matmut Atlantique, ce week-end.

Aujourd’hui, il n’y a « plus de haine mais une animosité ponctuelle, le jour du match », à en croire Mathieu, fan des Girondins. Finalement, c’est peut-être Damien qui résume le mieux la situation actuelle : « Dans les années 90, il y avait ces joutes médiatiques entre Suaudeau et Courbis qui attisaient les braises et donnaient des matches intenses à l’ambiance électrique. Aujourd’hui, il ne reste plus que l’aspect derby de l’Atlantique et la dimension historique de la rencontre [comme peut l’être un Nantes-Saint-Etienne]. Mais il n’y a plus ses à-côtés qui rendaient ce match si particulier. »

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