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On se tutoie? On se touche? Comment les arbitres parlent aux joueurs

Ligue 1: On se tutoie? On se touche? Comment les arbitres parlent aux joueurs

FOOTBALLC'est que ça papote sur les pelouses...
Romain Baheux

Romain Baheux

Un penalty. Un carton rouge. Un hors-jeu litigieux. Et nous voilà parti pour contempler pendant de longues secondes . Le spectacle est classique, mais n’en reste pas moins un poil mystérieux : que se disent-ils ? Et comment ? Et puis dans quelle langue ? Plongée dans le dialogue siffleur-sifflés à l’occasion des , organisées par La Poste.

On se tutoie ?

« Vous voulez un soin ? » Rendons grâce à ce micro, tourné vers la bouche de Stéphane Lannoy lors de Outre l’immortalisation de quelques répliques cultes, il avait permis de constater que le « vous » était en vogue dans la majorité des cas sur les pelouses. Dans un sens, comme dans l’autre.

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« Même si on se connaît, je préfère un vouvoiement naturel qu’un tutoiement forcé, explique Clément Turpin, . Chacun doit rester dans sa fonction. Globalement, j’ai droit à des "Monsieur l’arbitre" ou "Monsieur Turpin" qui sortent instinctivement. »

Mais même si on connaît des joueurs depuis dix ans, on ne peut pas lâcher un petit « tu » pour réprimander après un carton jaune ? « Bien arbitrer, c’est créer un climat de confiance avec tous les joueurs, . Comment voulez-vous passer pour juste si vous en tutoyez cinq dans une équipe et zéro dans l’autre ? »

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Et on parle quelle langue ?

Tant qu’il restera plus de , essentiellement le français. Maintenant, l’internationalisation du foot oblige quand même les arbitres à s’adapter aux recrues dont la maîtrise du français se limite à « bonjour » ou « Paris, ville lumière ».

« Oui, on dit que le langage du football est universel mais pour moi, ça doit surtout passer par des regards et des gestes, détaille Pascal Garibian. Notre chance, c’est que beaucoup maîtrisent un peu d’anglais et qu’il est alors facile de leur expliquer des choses basiques. »

« Ça amène parfois des scènes cocasses, où vous vous retrouvez à vous expliquer avec un joueur qui ne comprend pas grand-chose, raconte Clément Turpin. Après, on se débrouille toujours, avec parfois des coéquipiers qui viennent jouer les interprètes. »

Alors, on peut toucher l’arbitre ou non ?

Thiago Silva, cette question est pour toi. En 2013, le défenseur du PSG avait pris Alexandre Castro par l’épaule, . Trois ans plus tard, on voit pourtant encore des joueurs toucher des arbitres, souvent sans la moindre violence.

« Dans les formations, on parle toujours de distance sociale qui correspond à la longueur du bras. Maintenant, il ne faut pas s’interdire de sortir du cadre selon le contexte, explique notre homme au sifflet. Je ne suis pas fan de la main sur l’épaule, du contact physique forcé, mais je ne vais pas tout de suite mettre une barrière en criant : "Stop, on ne me touche pas". « On peut se retrouver à accepter la proximité selon l’action. »

Et la contestation, ça se passe comment ?

« Rho, mais les footeux, ils se plaignent à tous les coups de sifflet. » le soin de justifier leur sortie, mais on pourra toujours leur dire que encourage ses officiels à justifier leurs décisions, que ce soit après la rencontre ou sur le moment.

« On travaille sur la communication, on n’a aucun problème à revenir posément sur les choses si cela se fait dans le respect », explique Pascal Garibian. « Pour moi, se justifier est un devoir, poursuit Clément Turpin. Il faut se mettre à la place du joueur qui subit une décision défavorable. Maintenant, il faut que cela se fasse rapidement, via un ou deux mots bien choisis. Par contre, je ne réponds jamais si on court vers moi les bras levés en hurlant. » Ce qui, on le rappelle, n’a jamais annulé un penalty.