Euro 2016: On a rencontré Roger Sportouch, 82 ans, le doyen des 6.500 bénévoles
FOOTBALL•Avec l’Euro 2016, le Toulousain Roger Sportouch se prépare à disputer sa cinquième compétition internationale en tant que volontaire. Avec l’enthousiasme d’un « gamin » de 82 ans…Nicolas Stival
Il a beau être à la retraite depuis 1993, Roger Sportouch reste une figure du journalisme toulousain. Et quand il commence à parler, il est très dur à arrêter. A 82 ans, l’ancien de La Dépêche du Midi continue à écumer le Stadium pour les matchs du TFC. Il officiera aussi dans l’enceinte toulousaine pendant l’Euro, puisqu’il fait partie des 6.500 volontaires UEFA. Il en est même le vétéran.
Volontaire touche-à-tout
Jeux Méditerranéens 1993, Coupe du monde 1998, championnats du monde de handball 2001, France-Suisse de Coupe Davis en 2003… Chaque fois, Roger Sportouch officiait comme volontaire. « En 1998, un journaliste argentin a débarqué sans accréditation la veille d’Argentine-Japon à Toulouse, se rappelle le volubile octogénaire. Je lui ai arrangé le coup et le jour du match, il avait son accréd’! Il m’a envoyé un cadeau d’ailleurs. » Pas sûr que ce soit possible ce coup-ci avec l’UEFA. « Tout est extrêmement cadré », constate-t-il.
« Aptitudes » et expérience
Pourquoi a-t-il décidé de rempiler pour l’Euro ? « Par passion du foot » d’abord, avoue le natif d’Oran, en Algérie, que son père amenait déjà voir des matchs à l’âge de cinq ans. Et aussi « pour éventuellement dépanner des confrères dans l’embarras ». Pour tout souci de logistique, il faudra demander Roger, qui « parle espagnol et (se) débrouille en anglais » « Sur le plan professionnel, les autres volontaires n’ont pas forcément mes aptitudes et mon expérience », lance-t-il. Comme ses collègues, l’ancien journaliste sera reconnaissable facilement à son uniforme. La dotation UEFA, dans le détail : « trois polos, deux t-shirts, un k-way, un pantalon, un short, une casquette, une paire de chaussures et six paires de chaussettes. » Plus un sac à dos.
Petit stade, grandes affiches
Avec ses 33.000 places, le Stadium de Toulouse est la plus petite des dix enceintes qui accueillent l’épreuve. Elle n’abritera que quatre matchs, mais verra défiler l’Espagne, l’Italie, la Suède et peut-être le Portugal et la Belgique en huitièmes. « Quand j’ai vu les affiches, j’ai failli tomber », rigole Roger Sportouch, par ailleurs ébahi par la qualité de la pelouse. « Elle n’a jamais été aussi belle. » Message transmis à Laurent Blanc, qui avait éreinté le gazon toulousain lors de son passage avec le PSG au mois de janvier.
aPas de crainte
Roger Sportouch espère vivre une « belle fête » avec « un beau parcours de la France », même s’il pressent une compétition serrée. Un favori ? « Difficile de faire un choix entre l’Espagne et l’Italie. » Le doyen des volontaires se montre beaucoup moins hésitant lorsqu’il s’agit des menaces sécuritaires qui pèsent sur l’Euro. « Est-ce que j’ai peur ? Non, sinon on aurait peur tous les jours. »
Direction le Cap d’Agde après l’Euro
Une fois la compétition terminée, l’été de Roger Sportouch est déjà tout tracé : il passera deux mois au Cap d’Agde, comme chaque année. Sur les bords de Méditerranée, il enchaînera les parties de pétanque, l’une de ses grandes passions avec le bridge, la belote (quelquefois avec Just Fontaine), les mots croisés et les jeux télé. « J’ai participé à Slam et à Harry (tous deux sur France 3). Pas avec succès, mais avec un résultat honnête. » Et pour le volontariat ? « Je ne vais pas dire que l’Euro est ma dernière compétition. Mais à mon âge, on vit au jour le jour. »


















