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Eurobasket: Arrêtez de parler de TP aux Bleus, ils ont tourné la page

Eurobasket: «Clairement, vous faites chier»... Arrêtez de parler de Tony Parker aux Bleus, ils ont tourné la page

BASKETLe groupe de Vincent Collet a trouvé ses nouveaux leaders, un an après le départ de Tony Parker…
William Pereira

William Pereira

On s’en souvient tous, de ce 17 août 2016. Ce jour-là, le basket français était condamné à une double peine : défaite humiliante contre l’Espagne en quarts de finale des Jeux olympiques (67-92) + retraite internationale de la légende Tony Parker. 181 sélections, 2.741 points inscrits et un titre de champion d’Europe en 2013, c’est peu dire que TP faisait office de guide au sein de cette belle génération de basketteurs français.

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Ne cherchez pas de nouveau TP, il n’y en a pas

Comme après le départ de Zinédine Zidane en 2006, tout le monde cherche logiquement un héritier au héros national. Par tout le monde, on entend nous, journalistes, et vous, supporters. Car a priori, on s’en fiche pas mal au sein de l’effectif qui s’apprête à lancer sa campagne européenne contre la Finlande, jeudi soir. Nando De Colo :

« On a un nouvel effectif, on ne ressent pas forcément un vide. On fait avec, l’équipe tourne bien il n’y a pas de raison de s’en faire. Il n’y a pas de nouveau Tony Parker. »

Ça, c’est la version consensuelle. Le joueur du CSKA Moscou n’est pas connu pour s’enflammer devant la presse. En bon joueur de NBA et Twitto aguerri, Evan Fournier a heureusement fait preuve de plus de transparence (et on l’en remercie vu le niveau de langue de bois ambiant à Nanterre, où se tenait un point presse ce jour-là). Voilà ce que l’arrière du Magic d’Orlando répond quand on lui parle d’après TP et de période de transition :

« C’est surtout les journalistes qui parlent de Tony Parker. Les gars, ça fait quelques années que la transition s’est faite. Les deux ou trois dernières campagnes, c’était déjà plus le grand Tony. Après oui, c’est surtout la figure emblématique mais il y a quand même pas mal de compets’qui ont été faites sans Tony, la Coupe du monde, etc. Clairement, vous faites chier [il se marre]. Avec Tony, on reste en contact, on s’envoie des messages, on lui parle. De toute façon, quand quelqu’un n’est pas là, tu vois… on est entre nous, on ne parle pas forcément des absents. »

Evan Fournier a raison, on ne pense qu'à ça...
Evan Fournier a raison, on ne pense qu'à ça... - 20 Minutes

Pigé ? On les laisse tranquille avec ces histoires de nouveau ceci, de nouveau cela. En plus, pour poursuivre la comparaison avec le foot, l’histoire a bien prouvé que les « nouveaux machin-chouette » ne perçaient jamais. Il n’y a qu’à voir la liste des successeurs de Zinédine Zidane pour s’en rendre compte.

  • Camel Meriem
  • Mourad Meghni
  • Samir Nasri
  • Yoann Gourcuff
  • Marvin Martin

Ok, c’est bien tout ça, mais il faut quand même un leader dans cette équipe de France non ?

Et pourquoi seulement un leader, tiens ? « Il ne faut pas un leader, il faut des leaders », confirme Vincent Collet. Et de poursuivre : « même quand on avait Tony, on n’avait pas que lui. Il était charismatique, donc, vu de l’extérieur, il était logique qu’on pense qu’il était le seul. On a la chance d’avoir dans cette équipe plusieurs joueurs capables d’endosser des responsabilités de leader. »

Facile de savoir qui sont ces têtes de classe. Le sélectionneur avait subtilement fait savoir, lors du dernier point presse en France le 25 août, que ceux-ci étaient amenés à parler aux journalistes juste après sa conférence. A savoir :

  • Boris Diaw : Le capitaine, le grand frère. 235 sélections au compteur, 35 ans, dernier survivant de la génération Parker. Voilà comment il voit son rôle : « Je dois faire en sorte que tout se passe bien pour les joueurs, que ce soit sur ou en dehors du parquet. »
  • Evan Fournier : Bon lors de la préparation de l’Eurobasket (13 points de moyenne et deuxième marqueur français), il fait partie de ces joueurs capables de peser dans un vestiaire et il en a conscience. « Ma personnalité fait que j’ai une position ou dans les groupes je suis un peu leader. De toute façon les leaders doivent venir naturellement, ce n’est pas quelque chose que t’imposes », a-t-il déclaré.

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  • Nando de Colo : Influent dans le jeu, deuxième plus âgé de l’équipe, De Colo ne se prend pas la tête avec ces histoires de leader, même s’il en est un. Son rôle se rapproche de celui de Diaw. « Il y a une hiérarchie évidemment dans l’équipe, il y a des joueurs qui ont plus d’expérience que d’autres. J’essaye de faire par exemple comme Boris Diaw l’a aussi fait, à savoir d’aider les nouveaux à s’intégrer au groupe. »
  • Thomas Heurtel : « Ce n’est pas quelque chose qui se traduit dans la vie de tous les jours, ou sur le terrain… C’est un truc qui se fait naturellement ». Le héros du France-Espagne de 2014 découvre petit à petit les joies du leadership. Plus régulier sur le terrain, il profite du départ de TP mais aussi des absences de Batum et Gobert pour s’imposer.

Le mot de la fin est pour Evan Fournier : « Sur une compétition tu as besoin de leaders qui émergent. » Qui sait, peut-être que le nouveau Tony Parker se révélera pendant cet Eurobasket ? Désolé, c’est plus fort que nous, on y revient toujours…