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Jonathan Milan en passe de devenir le sauveur des anti-Pogacar sur ce Tour

Tour de France 2025 : Jonathan Milan, seul coureur en passe d’empêcher Pogacar de rafler un carton plein historique

sprinting in the rainLe sprint gagnant du jeune Italien de Lidl-Trek, ce mercredi à Valence, lui assure une confortable avance sur Tadej Pogacar en vue du gain du maillot vert à Paris dimanche
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Jonathan Milan a remporté ce mercredi la 17e étape du Tour de France à Valence avec un superbe sprint lui permettant de prendre 72 points d’avance au classement du maillot vert sur Tadej Pogacar.
  • Le maillot jaune slovène s’éloigne donc d’un improbable et historique triplé de maillots vainqueurs sur ce Tour de France 2025.
  • L’Italien de 24 ans, qui dispute sa première Grande Boucle, a bénéficié ce mercredi du soutien total de son équipe Lidl-Trek, à l’image de l’épatant Américain Quinn Simmons.

En 2025, compter 72 points d’avance sur Tadej Pogacar dans un classement cycliste est un petit miracle. OK, on parle ici du maillot vert du Tour de France et vous avez logiquement en tête les photos d’Erik Zabel, Peter Sagan ou encore Mark Cavendish, autant de purs sprinteurs sacrés aux Champs-Elysées. Sauf que depuis le 11 juillet et sa victoire à Mûr-de-Bretagne, la menace est devenue concrète : le Slovène était totalement dans le coup pour rentrer encore un peu plus dans l’histoire en raflant les trois maillots de la plus prestigieuse course au monde.

Ecartons d’emblée deux évidences. Avec 4'15'' d’avance au classement général sur son principal/seul rival, Jonas Vingegaard, à quatre étapes de la fin, Tadej Pogacar remportera évidemment le maillot jaune dimanche. De même, s’il est encore à égalité avec Lenny Martinez pour le maillot à pois (60 points), il n’y a presque aucun monde où le Français parviendra à rafler plus de bonifications que « Pogi » en haut de cols aussi redoutables que la Madeleine et la Loze (jeudi) ou encore que La Plagne (vendredi).

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Un sprint à 71,1 km/h sous la pluie de Valence

L’unique espoir de ne pas voir Tadej Pogacar poser sur les Champs, hilare, avec ses trois tuniques, réside donc dans cette course au meilleur sprinteur du Tour. Soyons honnêtes : le futur quadruple vainqueur de la Grande Boucle se contrefiche totalement de ce classement, ne tentant jamais de disputer le moindre sprint intermédiaire depuis le début de l’épreuve. Sauf que son ahurissante régularité sur presque tous les profils d’arrivées d’étapes le rend naturellement dangereux.

Quatrième mais largué à 191 points de Biniam Girmay l’an passé, il n’était ainsi qu’à 11 longueurs de Jonathan Milan, ce mercredi midi au départ de Bollène. C’est là que le jeune Italien de Lidl-Trek a su se montrer costaud. Vainqueur d’une seule étape à Laval (le 12 juillet) jusque-là, il a à la fois raflé 11 points sur le sprint intermédiaire de cette 17e étape, avant de se relever d’une défaillance au col de Pertuis pour aller chercher les 50 points de la victoire finale à Valence.

Premier Italien vainqueur d’étape sur le Tour depuis six ans, successeur en puissance de Mario Cipollini et d’Alessandro Petacchi, Jonathan Milan est l’une des révélations de cette édition 2025. Il a su remplacer avec brio Mads Pedersen, non retenu par son équipe en France. Après son effort décisif à 71,1 km/h sur les 500 derniers mètres à Valence, malgré la pluie, l’intéressé ne cachait ni son soulagement, ni son sens du collectif.

« C’est très facile d’accepter de souffrir pour lui »

« Je suis vraiment très heureux, je n’ai pas les mots, savourait-il. J’ai survécu aux Pyrénées et au Ventoux grâce à mes coéquipiers. Sans eux, j’aurais été hors délais depuis longtemps. Aujourd’hui, ils m’ont mis dans une position idéale. On a réussi à aller chercher ce résultat au bout d’une étape encore très difficile. » Car si Jonathan Milan a échappé à la chute sous la flamme rouge, qui a bloqué le double vainqueur d’étape belge Tim Merlier (Soudal Quick-Step) et sévèrement mis à terre Biniam Girmay (Intermarché-Wanty), il sait qu’il le doit à toute son équipe.

Notamment mené par son emblématique coéquipier américain Quinn Simmons (au premier plan), Jonathan Milan (en troisième position) a reçu une précieuse aide de son équipe Lidl-Trek pour le mener jusqu'à la victoire finale, ce mercredi à Valence.
Notamment mené par son emblématique coéquipier américain Quinn Simmons (au premier plan), Jonathan Milan (en troisième position) a reçu une précieuse aide de son équipe Lidl-Trek pour le mener jusqu'à la victoire finale, ce mercredi à Valence.  - Shutterstock/SIPA

« Avec la pluie, c’était encore plus le chaos que d’habitude, mais ça nous a souri à la fin, appréciait ainsi Jasper Stuyven, déterminant dans la dernière ligne droite. On a été très unis aujourd’hui, à la poursuite du même objectif : marquer des points pour le maillot vert ». Dans ce sens, le déjà iconique Quinn « Captain America » Simmons, salué sur la ligne d’arrivée par Toms Skujins et Edward Theuns après son immense étape, est le symbole de cette formation Lidl-Trek 100 % tournée vers son géant italien de 24 ans.

« C’était incroyable d’entendre à la radio qu’il avait gagné, glisse Quinn Simmons au micro d’Eurosport. C’est un super leader et c’est très facile d’accepter de souffrir pour lui. » La mission est donc de taille : éviter la mainmise absolue, presque malgré lui, de Tadej Pogacar grâce aux classements annexes.

« Il y avait beaucoup de pression aujourd’hui »

Avec le 50e maillot jaune de sa carrière sur le dos ce mercredi après-midi, « Pogi » a assuré à France Télévisions : « L’objectif est de rester en jaune, rien d’autre ». Il n’empêche que sentir une telle machine à titres aussi menaçante à quatre jours de l’arrivée est un sacré casse-tête pour un Jonathan Milan disputant son premier Tour de France.

« Il y avait beaucoup de pression aujourd’hui, je dois le dire, et ça n’est pas fini, a-t-il souri sur France TV. Je suis content d’avoir à présent de l’avance, ça peut peut-être me permettre d’être plus relax. Je vais continuer de me battre pour essayer d’empocher encore des points si l’occasion se présente sur des sprints intermédiaires, et peut-être sur la dernière étape. Et puis on fera les comptes à Paris. »

Des bonifications profitables dans les Alpes

Dans ce sens, l’organisation de la Grande Boucle donne un coup de pouce aux sprinteurs puisque pour les étapes XXL des Alpes, jeudi et vendredi, les seuls sprints intermédiaires seront disputés avant les premières difficultés, respectivement au 23e et au 8e km du parcours. Jonathan Milan pourrait donc y gratter deux fois 20 points, hormis si des échappés se sont lancés extrêmement tôt. Soit autant que Tadej Pogacar s’il s’impose aux sommets de La Loze et de La Plagne.

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Puis entre Nantua et Pontarlier samedi (50 points en jeu au total), comme à Paris dimanche (70 points), on imagine mal le Slovène se dépouiller pour tenter de s’adjuger ce maillot vert qui ne lui est en rien destiné. Non, Jonathan Milan sait qu’il va souffrir comme jamais pour se coltiner les 10.000 m de D+ des deux prochains jours, mais il peut discrètement déboucher le Prosecco dès ce mercredi soir. Et de nombreux amateurs de cyclisme aimeraient trinquer avec lui.