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Comment Valentin Paret-Peintre est devenu le sauveur du cyclisme français

Tour de France 2025 : « Je n’y croyais pas trop »… Valentin Paret-Peintre, le sauveur inespéré du cyclisme français

Jour de gloire au VentouxEn l’emportant avec un panache dingue, ce mardi au sommet du mythique Mont Ventoux, le jeune coureur de Soudal Quick-Step a évité au cyclisme français de vivre un zéro pointé sur ce Tour de France 2025
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step) a remporté ce mardi la 16e étape du Tour de France 2025 au sommet du Mont Ventoux. Il évite du même coup au cyclisme français son premier zéro pointé sur la Grande Boucle puis 1999.
  • Le coureur de 24 ans, qui participe à son premier Tour de France, en partie grâce à la blessure de Mikel Landa sur le Giro, semblait être le premier surpris d'avoir ainsi obtenu la plus prestigieuse victoire de sa jeune carrière.
  • Le directeur général de Soudal Quick-Step Jürgen Foré n'a pas manquer de saluer son immense performance, qui fait de lui le premier vainqueur tricolore au Ventoux depuis Richard Virenque en 2002 : « Valentin est incroyable, il a un gros moteur et la grinta d'un grand coureur ».

«C’est Valentin ou Aurélien ? » Après avoir atteint l’impitoyable Mont Ventoux au bout de l’effort, Julian Alaphilippe (8e) et Lenny Martinez (122e) partageaient la même interrogation auprès des journalistes ce mardi. Subitement dans la lumière, les frangins Paret-Peintre, encore coéquipiers chez Decathlon AG2R La Mondiale la saison passée, ont connu des fortunes diverses sur cette 16e étape du Tour de France 2025. Si Aurélien (29 ans) a fini à une anonyme 108e place, Valentin avait franchi la ligne 25 minutes plus tôt pour libérer tout le cyclisme français d’un poids colossal.

C’est en effet jour de délivrance, avec une première victoire d’étape sur la Grande Boucle depuis Anthony Turgis, le 7 juillet 2024 à Troyes. Et quelle victoire, sur l’un des sommets les plus mythiques du pays, pour empêcher le premier zéro pointé tricolore depuis 1999 ! Même le directeur du Tour de France Christian Prudhomme le reconnaissait sans mal ce mardi matin : il ne croyait pas du tout à une victoire française sur une 16e étape promise à ce glouton de Tadej Pogacar.

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« Pas plus intéressé que ça par l’étape »

D’ailleurs, notre héros national du jour n’y croyait pas bien plus, comme l’a confié son frère aîné, « super ému » : « Lors du départ fictif, Valentin me disait qu’il allait rester un peu tranquille aujourd’hui, qu’il n’était pas plus intéressé que ça par l’étape ». Un grand bluff pour tromper son désormais adversaire, depuis qu’il a rejoint la Soudal Quick-Step ? Pas vraiment, à écouter le principal intéressé.

« Non, ça n’était pas le plan initial parce que je pensais vraiment que Pogacar avait envie de gagner l’étape et qu’il allait cadenasser la course, indique Valentin Paret-Peintre. Je n’y croyais pas trop. Je me disais juste : "S’il y a un gros groupe, pourquoi pas être dedans, on ne sait jamais". Et puis quand un gros groupe est parti, j’ai réussi à me glisser dedans… pas par hasard, mais je me suis retrouvé devant en suivant une vague. »

OK, on a connu des discours d'athlètes bien plus conquérants/convaincus à l’approche d’une telle étape de montagne. Mais ne vous y trompez pas, le jeune coureur français a vite su activer le mode guerrier en mission, glissant à tous ses équipiers qu’il sentait bien qu’il avait « de super jambes » ce mardi.

« Tu ne dois pas lâcher, tu dois le faire »

Tout au long des 15,7 km de la monstrueuse ascension (à 8,8 %) du Ventoux, ce vainqueur d’étape sur le Giro 2024 s'est mis à croire en ses chances, tant pour ne pas laisser s’envoler le trio Arensman-Alaphilippe-Mas, puis Enric Mas en solitaire, avant de riposter à merveille à l’ultime attaque de Ben Healy pour le coiffer avant la ligne. Valentin Paret-Peintre revient sur le sublime scénario du jour.

« J’ai joué à fond avec Ben Healy et je n’arrivais pas à le lâcher. Je me suis donc dit que je connaissais cette dernière rampe, et qu’après le dernier virage très raide, je pouvais gagner. Je me répétais : « Punaise, tu es en position de gagner le Ventoux, tu ne dois pas lâcher, tu dois le faire ». Gagner sur le Tour de France, c’est incroyable, mais gagner au Mont Ventoux, c’est encore plus fou. »

Valentin Paret-Peintre

Ça l’est d’autant plus qu’il était loin d’être écrit que la recrue de Soudal Quick-Step soit conviée à la grande fête du Tour de France. Il était ainsi prévu sur le Tour d’Italie, mais une chute lors du Tour de Catalogne a entraîné son forfait. Et sur ce Giro 2025, son expérimenté coéquipier espagnol Mikel Landa s’est à son tour blessé.

Eenkhoorn et van Wilder à son service ce mardi

Et Valentin a profité de cette place se libérant soudain dans l'effectif de la Soudal Quick-Step pour participer à sa première Grande Boucle. Dernier rebondissement samedi, avec la fin de sa mission exclusive de lieutenant de Remco Evenepoel, le 3e de ce Tour 2025 ayant abandonné dans le Tourmalet. C’est ainsi que l’équipe belge s’est construit une nouvelle stratégie, qui a permis à Valentin Paret-Peintre d’arriver sur le devant de la scène. Ses partenaires Pascal Eenkhoorn et Ilan van Wilder ont ainsi fourni un travail immense pour rendre crédible son improbable succès sur le mont Chauve.

Au bord des larmes ce mardi après-midi, Ilan Van Wilder, revenu de nulle part pour offrir « un dernier relais super important à 1 km de l’arrivée » afin d’éviter un come back de Tadej Pogacar, glisse ainsi : « C’est incroyable, je suis tellement content pour Valentin et pour l’équipe. Au pied du Ventoux, il me disait qu’il se sentait très bien, donc ça a été facile pour moi de faire le choix de rouler pour lui. Je ne suis pas égoïste, c’est comme si j’avais gagné moi-même aujourd’hui. Valentin, c’est un très bon fit avec l’équipe, un super bon gars. Et maintenant je pense qu’on a créé une connexion, un moment émotionnel qu’on ne va jamais oublier. »

« On est loin d’avoir tout vu avec lui »

Comment oublier une telle masterclass de tactique et de caractère, qui fait de Valentin Paret-Peintre (19,4 km/h de moyenne dans l’ascension finale) le premier Français à l’emporter en haut du Ventoux depuis… Richard Virenque en 2002 ! Une perf historique saluée comme il se doit par le directeur général de Soudal Quick-Step. « Valentin est incroyable, il a un gros moteur et la grinta d’un grand coureur, s’emballe Jürgen Foré. Faire ça en troisième semaine du Tour, pour sa première saison avec nous, c’est fou. C’est un très jeune coureur qui promet beaucoup, et on est loin d’avoir tout vu avec lui. »

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Le plus gros coup d’éclat de son début de carrière professionnelle a en tout cas semblé mettre Ilan Van Wilder (25 ans) dans un état second. Marqué par l’abandon de son leader Remco Evenepoel, le jeune Belge a ainsi lancé aux médias : « On a vraiment connu des journées de merde. L’équipe a subi beaucoup de critiques, comme quoi on n’était pas assez forts, bla-bla-bla. Tout ce que je vais dire, c’est : "Allez vous faire foutre parce qu’on gagne sur le Ventoux" ». Pas mieux.