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« Je vais me battre, en tout cas »… Evenepoel au révélateur des Pyrénées

Tour de France 2024 : « Peut-être que je pourrai tenter quelque chose »… Remco Evenepoel au révélateur des Pyrénées

L’instant de véritéDeuxième du général, le maillot blanc Remco Evenepoel passera un test grandeur nature samedi et dimanche dans les Pyrénées
Quentin Ballue

Quentin Ballue

L'essentiel

  • Le Tour de France aborde un week-end copieux dans les Pyrénées.
  • Tadej Pogacar est toujours maillot jaune, avec 1'06'' d’avance sur Remco Evenepoel et 1'14'' sur Jonas Vingegaard.
  • Le Belge, qui dispute son premier Tour à 24 ans, est attendu au tournant en haute montagne. Un terrain où il a connu le grandiose, notamment une victoire au général de la Vuelta, mais aussi des désillusions.

Ce samedi, 4.000 mètres de dénivelé positif entre Pau et Saint-Lary-Soulan. Dimanche, 4.800 mètres entre Loudenvielle et le Plateau de Beille. Le 111e Tour de France prend de la hauteur ce week-end dans les Pyrénées. Le moment de savoir où se situe véritablement Remco Evenepoel. Néophyte sur la Grande Boucle, le champion du monde 2022 est l’une des attractions de cette édition. Alors que sa patrie cherche toujours le successeur de Lucien Van Impe, dernier vainqueur belge du Tour, en 1976, le prodige va enfin pouvoir s’étalonner.

En gestion

Evenepoel trimballe son sourire et son optimisme depuis le début du Tour, satisfait de ses temps de passage. Si certains observateurs s’étaient inquiétés de sa forme en montagne sur le Dauphiné (7e du général), le Belge a toujours affiché sa confiance, à raison. Candidats aux belles places du général, Primoz Roglic, Felix Gall et Simon Yates sont déjà passés par-dessus bord. Mais Evenepoel, lui, tient bon la barre pour son premier Tour de France.

Au-dessus de la mêlée sur le chrono de la septième étape, il a su limiter la casse lorsque Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard ont lâché leurs coups, comme mercredi, au Lioran, où il a rallié l’arrivée avec seulement 25 secondes de débours. « Ils jouaient tous les deux dans une autre division, glissait-il alors. J’étais à la limite et il restait trop de distance à parcourir pour que je me mette dans le rouge. » En bon gestionnaire, il occupe la deuxième place à 1'06" du maillot jaune après 13 étapes globalement maîtrisées.

Les fantômes de l’Aubisque

Sur les chemins blancs, le Belge avait affiché sa détermination à « fixer le podium du général ». L’entreprise est en bonne voie puisque le leader de la Soudal Quick-Step compte 3'14'' d’avance sur le quatrième, João Almeida, qui bossera pour Tadej Pogacar qui plus est. « Je suis bien placé pour rester sur le podium, ce qui est bien pour mon premier Tour, se félicite le Belge. Il faut juste que je garde la confiance et que je sois au rendez-vous à partir de samedi. » Justement, ce samedi, le maillot blanc se frottera au col du Tourmalet, à la Hourquette d’Ancizan et à la montée au Pla d’Adet en l’espace de 80 kilomètres.

Typiquement le genre d’enchaînement où l’on peut craindre qu’il cède du terrain par rapport aux purs grimpeurs, plus fluets. Et potentiellement dans d’énormes proportions s’il connaît un coup de moins bien. Un craquage qu’il avait déjà connu l’an passé sur la Vuelta : distancé dès l’Aubisque, il avait lâché 27 minutes en arrivant au Tourmalet, qu’il retrouvera ce samedi… « Dans les Pyrénées et dans les Alpes, nous aurons des montées plus longues, moins explosives (que dans le Massif central mercredi). Peut-être que cela me conviendra mieux et que je pourrai tenter quelque chose. Je vais me battre, en tout cas », a-t-il promis.

« Avec les deux étapes que nous avons vécues, il n’y a pas vraiment eu de transition avant d’aborder les Pyrénées. Nous allons y entrer avec de la fatigue dans les jambes », a-t-il noté, assurant néanmoins qu’il n’était « pas inquiet » malgré le « final assez dur » de samedi. « La course est dans les mains des équipes Visma et UAE. De mon côté, si les jambes sont là, on verra si je peux reprendre du temps. Mais le plan, c’est de suivre. Pour le reste il faut rester concentré, et patient. » D’abord, ne pas se cramer. Et ensuite, tirer les marrons du feu.